Aiwendil, j'ai compris ton projet grâce à la citation de Sartre. Mais l'écueil c'est que pour moi tout ton projet repose sur cette citation, qu'il faudrait commencer par décrypter. A-t-il vraiment raison, ce Sartre ? (et puis est-ce quelqu'un de fiable, d'abord. On le connait en ville ? Il se comporte bien avec les femmes ?)
Je pense qu'il y a un problème quand tu prétend vouloir faire une lecture "désincarnée" du SdA. Parce que le lecteur "absolu", ça n'existe pas, même pas en concept.
C'est d'ailleurs ce que se tuait à dire Tolkien quand il condamnait l'Esperanto : une véritable langue est une langue qui a une histoire, des légendes, dont chaque mot s'incarne dans une perception culturelle et vient frapper nos intellects en résonnant dans toute l'étendue de ces histoires.
Un mot n'a de sens qu'en référence à un contexte dans lequel on a appris sa signification. On n'apprend pas une langue avec un dictionnaire (tentative de l'Espéranto) mais avec un usage !
Et cet usage est nécessairement incarné dans une histoire et d'autres usages des mêmes mots. C'est même cela qui fait la beauté du style, être surpris par des usages inhabituels (l'oxymore par exemple, ou la métaphore, ou la periphrase, ou l'ellipse), qui nous frappent justement parce qu'ils diffèrent de ce que l'on atendait (et donc de l'expérience précédente de notre usage de ces mots).
Etudier un texte en imaginant que les mots puissent être interprétés à leur état sauvage est une lubie.
Encore que je partage l'opposition de Sartre entre le mot "outil" de l'homme de tous les jours, et le mot "naturel" du poète, je ne conçois pas qu'on puisse étudier les mots comme s'ils existaient en soi ! Indépendamment de leur lecteur !
Quand à l'implicite chez Tolkien, je te renvoie volontiers à cette lecture

