Cela dit, l'auteur soulève un point que nous aurions tort de négliger trop rapidement.
Toute aventure a ses héros, et tout héros n'existe que s'il a son contraire: le méchant (c'était l'idée d'un dessin animé ou un film, je ne sais plus, qui traitait d'un savant qui créait un super-héros, puis un super méchant pour que l'autre devienne vraiment un héros)
Aucun roman d'aventure, aucun film n'échappe à cette règle s'il veut faire dans le grandiose. Il faut donc des méchants, et s'ils sont vraiment méchants, c'est encore mieux. En cela le SdA est quelques peu manichéen. Tolkien a créé toute une race de méchants, dès lors il est facile de le taxer de racisme. Mais on pourrait bien en dire autant de tous ces films américains qui construisent leurs méchants à travers (en vrac):les russes, les communistes, les nazis, les soldats allemands en général, les irakiens, les arabes musulmans, etc...
N'empêche, c'est un détail qui m'a toujours gêné, mais ce n'est vrai qu'à cause de la société que nous avons construite: hyper sensible, hyper susceptible, et surtout bien éduquée à détester tout ce qui ressemble à de l'intolérance (mot dont on a en même temps oublié le sens). Ce détail, c'est que les orques sont de la chair à épée, n'ont pas d'autre destinée que d'être tués par les gentils. Et pourtant, lors du passage en Mordor, Frodon et Sam en rencontrent qui ont un comportement humain, intéressant, et on se met à avoir peur comme eux, et être triste aussi de découvrir que leur destin est ignoble, qu'ils ont le choix entre la colère et la rage de Sauron, sous le joug duquel ils vivent continuellement, et Dard ou toute autre épée faite pour les détruire. Aucun salut ne leur est accessible, ils ne peuvent quitter leur destin de méchants. A moins que la suite du SdA commencée par Tolkien ne change l'inéluctabilité apparente, mais on ne le saura pas.
Il y a bien une race de méchants chez Tolkien... de là à parler de racisme, il faut être complètement débile, car c'est prendre le problème à l'envers. Les orques n'existent pas, Tolkien a justement créé LA race qu'il faut détester, race imaginaire (non humaine, soit dit en passant), ce qui prouve au contraire qu'il n'était pas raciste (sans quoi il aurait pris une race existante, à son époque: les nègres! Certains diront: et les peuples à la peau noire lors du siège de minas tirith? ->le noir est d'abord la couleur de Sauron et de ses ombres, et les peuples en question sont tout à fait noirs, pas comme les africains (serrez leur une main, vous verrez!). Donc là encore, il s'agit de races inventées pour l'occasion.)
Les orques sont donc des méchants, et Gandalf n'a envers eux aucune pitié, alors qu'il en montre pour Gollum. L'éthique de Tolkien est sauve grâce à ce passage, grâce à Denethor, grâce à Saruman, grâce à Boromir, qui tous passent sous l'Ombre de Sauron, et trépassent sans même savoir qui ils servaient. C'est là que Tokien échappe au manichéisme qui empreint tout de même notablement son oeuvre.
Les orques m'atristent, et je ne vois pas comment traiter leur sort. Ils n'ont pas choisi Sauron; ils sont méchants, ils été fait pour ça, un point c'est tout ! Un point c'est triste !...
Vinyamaar
PS: maintenant, qu'on m'explique ce que vient faire Harry Potter dans ce bourbier. Raciste contre les blonds au sourire narquois, contre les mages en soutane (tiens !?), ou quoi alors ?

