Mais je n’ai surtout jamais voulu dire que Dieu ‘programme’ sa création ou ses créatures!!
... même si ma présentation volontairement contradictoire pouvait le faire penser.
Je voulais simplement montrer que la dichotomie entre Destin nordique (où des héros acceptent un avenir fixé d’avance) et Providence divine ignorait que l’on trouve dans le Nouveau Testament des hommes (Jésus, Paul) ayant également accepté une destinée en toute connaissance de cause.
J’ai bien employé le mot de ‘destinée’ à comprendre comme ‘une fin qui aurait un sens, une signification, une raison d’être’.
Dieu n’agit parmi et pour les hommes qu’à travers des hommes qu’il appelle à son service. S’engager, s’abandonner au service de Dieu, c’est accepter une ‘destinée’.
C’est dans ce sens que chante le psalmiste :
[citation=Psaume 31 : 15-16]Mais moi, je me confie en toi, ô Éternel ! je dis : tu es mon Dieu !
Mes destinées (litt = mes temps) sont dans ta main.[/citation]
De même, ne pas s’engager c’est choisir son camp, donc son ‘destin’ (= une fin subie plutôt que choisie) ; car il faut garder à l’esprit que, selon la Bible, la vie ne s’arrête pas à la mort mais que tous sont appelés au salut et que tout est appelé en jugement.
Le don du libre arbitre est sans équivoque dans le texte biblique : l’homme a la capacité de choisir de suivre Dieu comme de le rejeter ; ainsi, parmi d’autres versets :
[citation=Genèse 4:7]Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi, mais toi, domine sur lui.[/citation]
[citation=Deutéronome 30:19]J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre, j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,[/citation]
[citation=Psaumes 119:30]Je [le psalmiste] choisis la voie de la vérité,[/citation]
[citation=Apocalypse 3:20]Voici, je [Jésus] me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.[/citation]
Jusqu’à un certain point toutefois. Cette capacité s’amenuise si l’homme décide de se complaire dans le rejet de Dieu, s’il ‘endurcit son cœur’, comme Pharaon qui refuse une autre autorité que la sienne, ou Judas qui se laisse pervertir par son amour de l’argent ; liés et esclaves de ce qui les a dominés (le péché), leurs destinées est toute fixée : la mort spirituelle.
Il est effectivement des cas où l’homme va trop loin et écrit lui-même sa perte, son ‘destin’. Il entre dans une condition où rien ne peut le faire revenir en arrière, sa capacité à s’engager ayant disparu :
[citation=Luc 13:24]Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas.[/citation]
Si l’homme est libre, l’avenir de la création n’en est pas moins fixé : Dieu ne laissera pas sa création sans jugement. En ce sens, on peut parler de Destin, en sorte que l’avenir ultime est aussi impossible à changer que le passé.
Mais la liberté de l’homme (sa capacité à choisir) est préservée par la patience, la miséricorde de Dieu :
[citation=2 Pierre 3 :7,9-10,13]Mais les cieux et la terre d’à présent, la même parole les a mis de côté et en réserve pour le feu, en vue du jour du jugement (…)
Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, (…) mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse mais que tous arrivent au repentir.
Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur ; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.
(…) Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera.[/citation]
Là encore, nous avons là un autre passage, avec les apocalypses synoptiques et johannique, qui trouve son écho dans la Völuspá...
Sosryko

