J'aime beaucoup "Le futur est aussi profond que le ciel".
C'est malin,j'en suis jalouse, j'aurai voulu l'inventer!
A moi maintenant de composer:
Aya ! Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte la Soleil noire de la Mélancolie ;
Jamais ne serai consolé
De la perte de ma belle ami.
La guerre ne l’a pas touchée,
Ni l’hiver, ni le froid ;
Dans les montagnes elle est tombée
Pour avoir voulu venir à moi.
Pourrai-je un jour me pardonner
D’avoir causé la chute d’une étoile ;
Plus d’amour ne pourrai trouver
Et mon cœur est caché d’un voile.
Oh Melkor ! La faute t’en incombe, à toi le Détesté !
Tu as bafoué et l’Amour et la Vie
Et de tes cauchemars as enfanté
Ces créatures immondes qui ont tué mon amie.
Tu as volé la lumière des Arbres Sacrés,
Jaloux de leur beauté et de leur chant ;
Les dons de Yavana, tu les as détournés
Et tu m’as pris celle que j’aimais tant.
Si belle était-elle quand pour la première fois je l’ai trouvé
Jouant de la harpe de ses doigts agiles
Dans la grande salle toute illuminée
De la soleil par dessus les toits de la ville.
Les yeux clairs comme une source en été
La voix aussi douce que la neige au printemps,
Qu’elle était belle dans sa robe aux fils dorés
Celle qui hanta depuis et mes rêves et mes chants !
Et quand je pus enfin mon amour lui avouer,
Elle ne rît point, ni ne se moqua,
Mais tourna vers moi un regard étonné
Et de ses deux mains son cœur me donna.
Mais sa voix comme une alouette s’est envolée
Par-dessus les monts, par-delà les nuages,
Et plus jamais elle ne viendra bercer
Mes nuits et mes jours de délicats songes.
Ma vie sans elle est embrumée
Et les ombres se faufilent jusqu’à moi
Je sens que bientôt je devrai quitter
Sans regret ni soupir cet endroit.
Sans autre bagage que mon amour déclaré,
J’irai la rejoindre au-delà de la nuit.
Aya ! Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte la Soleil noire de la Mélancolie !
Petit emprunt au Desdichado de Nerval pour les deux premiers vers,
Veuillez m’en excuser, mais la suite, sans impair,
Est de votre modeste rimailleuse,
Laegalad à la plume rêveuse.

