06-07-2004, 15:10
<b><big>Des noms</big></b>
<B>Mithe [v. 18, 101, 114, 145] : </B>
[citation=Sixième promenade d'Isengar]Sur l'autre rive se trouve l'embarcadère de Mithe. Le mot anglais <I>mite</I> " petit coin " qui est dérivé du verbe vieil anglais <I>miðan</I> " cacher, dissimuler, passer inaperçu " nous indique que l'appontement est probablement caché derrière un épais bosquet d'aulnes et de saules pleureurs. Une autre étymologie pourrait également décrire plus largement le lieu et ses environs. En effet, si on se réfère à un autre verbe vieil anglais <I>metan</I> " rencontrer, se jeter dans " qui a donné le verbe anglais <I>to meet</I> " rencontrer ", <I>mithe</I> pourrait également signifier " endroit où deux jets rencontrent, confluent ".[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]Tom now rows the Brandywine upstream and reaches the outflow of the Shirebourn (see the Shire map). There is the Mithe, at which another small hythe is located: the Mithe Steps. The Mithe is no less obscure than the hythe, and its meaning is particularly hard to determine. Mithe = "Place where two streams meet", from OE my:th or gemy:th "river-mouth, meeting of streams." The name is evidently related to "mouth" and probably a derivative surviving in English place-names. ATB: "At the Mithe, the outflow of the Shirebourn, was a landing-stage, from which a lane ran to Deephallow and so on to the Causeway road that went through Rushey and Stock."[/citation]
Il n'existe pas de traduction française du terme, et je l'ai laissé pour le moment tel quel. J'ai cependant fait quelques recherches, mais n'ai trouvé pour le moment que le terme <I>aber</I> (s.m.), qui désigne en breton un estuaire d'une petite rivière en forme de crique ou anse, qui sert de lieu de relâche pour les bateau de pêche. En ancien breton, et c'est là ce qui est intéressant, <I>aber</I> désignait l'endroit où un ruisseau chutait dans une rivière (ça a donné, entre autre, Aberdeen). Peut-être faudrait-il composer quelque chose avec, ou même laisser <I>Aber</I> tout court, mais... ça sonne tout aussi étranger.
<B>Brandywine [v. 27, 85, 95, 99] : </B>
[citation=<i>Guide to the names</i>]<i>Brandywine. This is represented as a hobbit alteration (I 14) of the Elvish (Sindarin) Baránduin (stressed on the middle syllable). Since this is meant to have been intelligible at that time it should be translated by sense; but a difficulty arises, since it would be desirable that the translation should also be a possible corruption of Baránduin. The Dutch translation used Brandewijn; the Swedish missed the point, using Vinfluden, though Brännavin would have served. Danish Brendevin or German Branntwein would also do.</BLOCKQUOTE><br>Pas de changement, Brandevin convient très bien.</i>[/citation]
<B>Withywindle [v. 27, 58, 148] :</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<I>Withywindle. River-name in the Old Forest, intended to be in the language of the Shire. It was a winding river bordered by willows (withies). Withy- is not uncommon in English place-names, but -windle does not actually occur (Withywindle was modelled on withywind, a name of the convolvulus or bindweed). An invention of suitable elements in the language of translation would be desirable. Very good is the Dutch version Wilgewinde (with wilg = English willow). I do not understand the Swedish version Vittespring. Words related to withy are found in the Scandinavian languages; related also is German Weide.</i>[/citation]
[citation=Septième promenade d'Isengar]Le nom original de la petite rivière [le Tournesaules] est étymologiquement parlant d'une grande richesse, et nous pouvons sentir ici que Tolkien a pris autant de soin que de bonheur à choisir ce nom. Le mot <I>withy</I> vient du vieil anglais <I>wiðig</I> " branche de saule, osier " et dans cette même langue, le saule se dit <I>wilig</I> (ce qui donne <I>willow</I> en anglais moderne). On trouve cependant en anglais dialectal le terme <I>withywind</I> "liseron, plante tortueuse [34]" qui évoque la course étrange de la rivière, faite de continuels virages et méandres, typique des terrains à faible pentes et propices aux eaux stagnantes et aux marécages. Et si le verbe <I>to wind</I> signifie "tourner, serpenter, faire des détours", le mot dialectal <I>windle</I> "panier" nous rappelle que l'osier est omniprésent le long du cours de cette cours d'eau.[/citation]
Idem, j'ai conservé Tournesaules.
<B>Hays-end [v. 29, 82, 146] :</B>
Il est orthographié différemment... ainsi dans les ATB, mais Haysend dans le Guide to the Names. Voici ce que Tolkien en dit (enfin, à propos de Hayward) :
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>The word is derived from hay 'fence' (not 'grass') + ward 'guard'. Compare High Hay, Hay Gate, Haysend, place-names in Buckland.</i>[/citation]
Et dans la septième promenade d'Isengar :
[citation=Septième promenade d'Isengar]Ainsi nous présentons-nous à la Porte de la Clôture, dite aussi Porte du nord (North-Gate). Elle constitue l'extrémité de la Haute Barrière (High Hay), une longue haie (hedge) d'une vingtaine de milles de long qui marque la frontière orientale du Pays de Bouc et qui protège ses habitants des étrangetés de la Vieille Forêt. Le mot anglais <I>hay</I> "barrière" (qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme <I>hay</I> "foin, herbe sèche") est aujourd'hui fort peu employé. Il vient du moyen anglais <I>hai</I> ou <I>hei</I> qui est lui-même issu du vieil anglais <I>hegge</I> "barrière". <I>Hegge</I> est aussi à l'origine du mot <I>hedge</I> tout comme son équivalent francique <I>hagja</I> est à l'origine de notre <I>haie</I>.[/citation]
Traduit "Fin-de-Barrière" par Hedayat. Isengar nous dit que <I>hay</I> est archaïsant, il faudrait trouver autre chose donc que barrière, assez évident pour la compréhension :) Fin-de-haie, comme le propose Céline Leroy, pourrait aller, mais idem, haie est évident. Foin est à fuir :)<br>En ce qui est des mots qui pourrait remplacer barrière, j'ai fait une recherche sur le dico atilf et trouvé ceux-ci :
Fin-de-palis me plaît bien, c'est ce que j'ai choisi au final, mais perchis et clayon conviendraient aussi... Les autres, même s'ils sont jolis, ne cadrent pas avec l'objectif de cette barrière, à moins que l'on remonte au vieux français pour clédar, mais je crains que cela ne fasse trop régional.
<B>Elvet-isle [v. 67, 151]</B>
[citation=Septième promenade d'Isengar]Il nous montre sur l'étang une île couverte de roseaux : l'île-aux-Elfes (Elvet-isle). JRR Tolkien a inventé le nom de cette île mystérieuse et marécageuse sur un jeu de mots combinant le terme désuet <I>elfet</I> "petit elfe, elfounet" et le vieil anglais <I>elfet</I> ou <I>ilfet</I> "cygne".[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]<i>After having floated down the Withywindle for some distance, Tom meets the "Old Swan of Elvet-isle". <br>Though sometimes mistaken as a typo for "Elven-isle", elvet is in fact an old word for "swan", derived from Old English elfetu or ielfetu, Anglo-Saxon ylfet = "swan"; surviving in a number of English placenames. Tolkien's alqua, alph for "swan" may have been suggested by this word.<br>Thus Elvet-isle: "Island of the Swan".</i>[/citation]
En français, avant cygne, on a cisne, cycne ou cine, mais il est vrai que 'Île-au-Cine' (surtout dans 'Vieux Cygne de l'Île-au-Cine passa fiérot') n'est pas très heureux… Tant pis pour le jeu de mot, je garde finalement 'l'Île-aux-Elfes'.
<B>Withy-weir et Windle-reach [v. 77 et 78]</B>
[citation=Septième promenade d'Isengar]Il s'agit d'un barrage en claies d'osier (<I>withy-weir</I>) destiné à endiguer les eaux du Tournesaules et à les rediriger vers un canal aussi tortueux que le lit de la rivière, le bief-du-biais (<I>windle-reach</I>). Peut-être pourrait-on, à la lumière des remarques précédentes, traduire le nom du canal par bief-en-claies, avec <I>windle</I> "panier" et <I>reach</I> "bief". Le nom anglais du barrage, <I>weir</I>, vient quant à lui du vieil anglais <I>wer</I> "barrage, digue". La racine germanique <I>wer</I>, <I>war</I> avait le sens de "garder, protéger".[/citation]
Dans la traduction d'Hedayat, on a "Barrage d'osier" et "Bief-du-Biais". Dans celle de Céline Leroy, "Barrage du Saule" et "Bief du Tour", ce dernier me laissant perplexe... Je m'en suis tenue à "Digue d'osier" (on garde l'effet allitératif de <i>Withy-weir</i> et "Bief-en-claie". Je ne crois pas qu'il faille vraiment inventer un toponyme plus compliqué, du genre "Saultdigue"...
<B>Grindwall [v. 80, 147, 160]</B>
[citation=Septième promenade]Le petit bourg de Murmoulu (Grindwall) surgit brusquement au détour du chemin. Il s'agit sans doute de quelques maisons et fermettes, d'une ou deux boutiques, peut-être un sentier menant à un modeste embarcadère sur le Brandevin, et pas grand-chose de plus. Le mot <I>grind</I> signifie "clôture à barreaux" en vieux norois. A ce mot s'ajoute comme une redondance le mot anglais <I>wall</I> "mur". Tous deux évoquent un habitat très regroupé et entouré par une barrière ou une haie qui pourrait faire office de rempart tout en se confondant au bocage environnant. Cependant, le verbe anglais <I>to grind</I> signifie également "grincer, broyer, concasser". Il explique d'abord le choix du traducteur des <i>Aventures de Tom Bombadil</i>, Dashiell Hedayat, de traduire par Murmoulu le nom de Grindwall. Il nous rappelle ensuite que derrière la Haute Barrière (High Hay) du Pays de Bouc, à présent à quelques furlongs à peine vers l'est, se trouvent les arbres étranges et dangereux de la Vieille Forêt. Ils agitent feuilles et ramilles, ils font grincer leurs branches et pourraient écraser entre leurs troncs quiconque oserait s'aventurer hors des sentiers battus ![/citation]
J'ai fait quelques recherches, en partant de l'idée de clôture, parce que Murmoulu… C'est joli sonoriquement, mais je ne trouve pas que cela veuille dire grand chose. Ce qui peut moudre, c'est une pierre... comment un mur peut-être moulu, je ne comprend pas. Un arbre ? Mais pour moudre, il faut qu'il y ai rotation : ça ne va pas... Faisant fi de l'originalité, j'ai composé "Murclaie", claie désignant un treillis d'osier (matériau cadrant avec le paysage :) à claire-voie, ou une clôture à claire-voie, c'est-à-dire faite d'un entrecroisement de lattes laissant passer la lumière.
<B>Breredon [v. 82, 94]</B>
[citation=Septième promenade]Nous sommes toujours au milieu de la lande, et l'étymologie de Breredon l'atteste bien. Le mot <I>brere</I> est une déclinaison du moyen anglais <I>brer</I> "bruyère", d'origine celtique. Le mot <I>don</I> vient du vieil anglais <I>dun</I> "colline, hauteur" qui a donné l'anglais <I>down</I> "colline". Le mot celtique pour désigner la colline se retrouve dans le nom de la ville de Bree (gaélique <I>brae</I> "colline, hauteur"), que les Brandebouc connaissent bien pour y avoir effectué plusieurs voyages.[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]<i>Breredon is English. Its compounds are Brere-don. The first element brere = "briar" (cf. "frere" "brother"=friar!) from Old English bre:r, of the same meaning. -don = OE du:n "down, hill" (cf. the North and South Downs), with the change as unstressed suffix being the same as in tu:n:>town, -ton. Pronounce it Breer-dun (or -d'n, with vocalic n). According to ATB, "Breredon (Briar Hill) was a little village on rising ground behind the hythe, in the narrow tongue between the end of the High Hay and the Brandywine."</i>[/citation]
Dashiell Hedayat ne traduit pas, Céline Leroy non plus. En fait, j'ai cherché à traduire aussi : <I>briar</I> signifie bien bruyère, mais aussi ronce ou églantier. Seulement, il fallait quelque chose d'archaïsant : églantier vient de l'ancien français (emprunté au provençal) <I>aiglant</I> ; on pouvait aussi faire un composé avec <I>spina</I>, épine (comme Epinac). Mais j'ai fait aussi des recherches pour bruyère, et on a deux racines : <I>bruscia</I> et <I>brucaria</I> (la première, semble-t-il, du gaulois, qui a donné le latin)... et dans les toponymes, cela devient Bruère ou Bresseu... Fortement changé, donc. De plus, le <I>-don</I> est possible aussi en français, puisque <I>dun</I> vient de <I>-duno</I>, colline fortifiée. Faut-il ou non franciser ? Breredon n'est sans doute pas plus explicite pour un anglais que pour un français, et tout aussi possible.
<B>Shirebourn [v. 95]</B>
[citation=Première promenade]Dans la langue de Tolkien, cette rivière s'appelle Shirebourn. Le mot <I>bourn</I> signifie ruisseau et vient du vieil-anglais <I>brunna</I>. Dans la langue gotique, ce même <I>brunna</I> signifie "saut, bond" et permet donc d'imaginer un ruisseau turbulent en amont, tout comme la Rivière de Stock que nous avions croisé plus au nord. Mais le mot <I>bourne</I> qui dérive du normand <I>borne</I> veut aussi dire "limite, frontière". Et ce ruisseau est effectivement la limite sud-est de la Comté.[/citation]
Dashiell Hedayat traduit "Borne du Comté", Céline Leroy "Rivière-de-la-Comté". J'ai gardé ceci, même si c'est long.
<B>Mithe Steps [v. 101] et Causeway [102]</B>
Dashiell Hedayat traduit "Marches de Mithe" et "Chaussée", Céline Leroy "Marches de la Mithe" et "Chaussée". J'ai plutôt mis "Pas de Mithe" pour le premier (raison de place, essentiellement), et "Chaussée" pour le deuxième.
<B>Rushey [v.104, 121]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Rushey. 'Rush-isle'; in origin a 'hard' among the fens of the Marish. The element -ey, -y in the sense 'small island' (= Swedish ö, Danish ø, OId Norse ey) is very frequent in English place-names. The German equivalent is Aue 'river-side land, water-meadow', which would not be unsuitable in this case.</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le chemin de Stock continue en direction du sud vers un bourg improprement baptisé Soldur par Ledoux, tandis que le nom anglais est Rushey (inscrit "Rushy" sur la carte de Christopher Tolkien) L'origine de ce nom vient du mot <I>rush</I> "jonc" qui vient lui-même du vieil anglais <I>rysc</I> "jonc, paille" et qui est voisin du vieux français <I>ros</I> "roseau" et du mot dialectal <I>rouche</I> qui désigne la massette, un plante des marais. Plutôt que Soldur, les noms de Roselière, Jonchère, Joncheraie ou Les Rouches auraient sans doute mieux convenus... Et du coup, c'est un tout autre paysage que du "sol dur" qui s'offre à nous. Nous avons là plutôt affaire à du "sol mou"... et il est sérieusement temps de mettre nos bottes de nains ![/citation]
Dashiell Hedayat ne traduit pas, Céline Leroy a créé "Joncquisle", mais ça me satisfait pas vraiment. J'ai eu le coup de cœur pour Les Rouches, même si l'on perd la notion d'îlot. Il existe un suffixe en français, équivalent de <I>-ey</I> (les suffixes, fréquents en France, en <I>-ay</I>, <I>-é</I>, <I>-et</I> sont des suffixes collectifs se rapportant à la flore, ils ne peuvent donc convenir) dans le Calvados et la Manche, le mot scandinave <I>holm</I>, 'île', (dans Le Houlme, Home-Varaville), qui devient -hou en terminaison (Nehou, Quettehou)... Ce qui donnerait Le Rouchou ou Le Jonchou... qui n'est pas plus concluant que Joncquisl.
<B>Marish [v. 107]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Marish. An old form of English marsh. Translate (using if possible a word or form that is understood but local or out of date).</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le nom Marish est un mot dialectal synonyme de <I>marsh</I> qui veut dire "marais" en anglais. Tous deux viennent du moyen-anglais <I>mareis</I>. Ce mot d'origine germanique est un cousin du mot francique <I>marisk</I>, qui a donné le mot dialectal normand <I>maresc</I>, qui a inspiré à Ledoux le nom Maresque. Tous signifient "marais, marécage".[/citation]
Maresque convient très bien :)
<B>Maggot's Lane [v. 123]</B>
Dashiell Hedayat traduit "l'Allée d'Asticot" (sic!), Céline Leroy "le Chemin de Maggotte". J'ai opté pour ce dernier.
<B>Bamfurlong [v. 125]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Bamfurlong. An English place-name, probably from bean 'bean' and furlong (in the sense of a division of a common field), the name being given to a strip of land usually reserved for beans. The name is now, and so is supposed to have been at that time in the Shire, without clear meaning. It is the name of Farmer Maggot's farm. Translate as seems suitable, but some compound containing the word for 'bean' and that for 'field, cultivated ground' would seem desirable.</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le père Maggotte possède la ferme de la Haricotière (Bamfurlong). Le nom original de Bamfurlong est une sorte d'énigme philologique que nous allons tenter de résoudre. La seconde partie du mot ne présente pas de difficulté particulière. Un furlong est une mesure de distance correspondant à 201,16 de nos mètres. Il vient du moyen-anglais <I>furlang</I> "longueur" qui était lui même issu de <I>Furrow</I> "sillon, ligne" + <I>lang</I> "longueur". La première partie du mot est plus délicate, <I>Bam</I> ne signifiant à première vue pas grand chose en anglais. Faut-il la rattacher à une forme dialectale de <I>bean</I> "haricot", comme le suggère la proposition de Ledoux ? Ou bien doit-on aller chercher plus loin l'origine de ce bout de mot ? Tolkien connaissait la langue gotique sur le bout des doigts, et en goth, il existe le mot <I>bagms</I> qui veut dire "poutre, potence". Peut-on en déduire que le nom de Bamfurlong pourrait évoquer les puissantes poutres sur lesquelles les anciens installaient la charpente des toits de leurs fermes ? Doit-on y voir une connivence avec l'idée que Stock était un village de charpentiers ?[/citation]
Haricotière convient aussi...
<B>Barrow-downs et Tower Hills [v. 136]</B>
Tout bêtement "Haut des Galgals" et "Collines de la Tour". Dashiell Hedayat proposait "Tour-la-Colline". A part la faute de pluriel (plutôt "Tour-les-Collines"), l'idée n'était pas mal, mais Collines de la Tour est plus simple.
<B>Bree [v. 138]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Bree. Retain, since it was an old name, of obsolete meaning in an older language; see Archet.</i>[/citation]
Le nom apparaît dans le SdA, je ne touche rien.
<big><b>De la traduction en elle-même</b></big>
Ce poème est composé dans la même forme que le précédent, en <i>strong-stress verse</i>, à rimes plates. J’ai donc utilisé, pour ma traduction, des alexandrins sans césure (Rq.: dans le compte des syllabes, les –e sont muets devant chaque ponctuation, pas seulement en fin de vers), et gardé le schéma de rimes de l’original… L’exercice était plus difficile, puisque 14 syllabes par vers venait plus naturellement en français (et ce d’autant plus que l’original tourne en moyenne autour de 12 syllabes lui aussi), et cela m’a entraînée à faire quelques torsions au sens (légères, puisque je ne tenais pas à réinventer le poème, et cela aurait enlevé beaucoup de charme à l’exercice). Mon but n’était pas de faire une traduction littérale (celle de Céline Leroy est fiable), mais de garder l’esprit – et de me faire plaisir avec un exercice de style gouailleur. La lecture de la traduction du Kalevala par Rebourcet m’a été profitable, et quelques clins d’œil ont été disséminés… Les initiés les verront :)
Remerciements habituels à Moraldandil, qui, comme toujours, se révèle un allié précieux pour les dernières épreuves de relectures, et aussi à Yyr (pour son aide à Paimpol) et Isengar, dont j’ai beaucoup utilisé le travail pour la question de la toponymie :).
<B>Mithe [v. 18, 101, 114, 145] : </B>
[citation=Sixième promenade d'Isengar]Sur l'autre rive se trouve l'embarcadère de Mithe. Le mot anglais <I>mite</I> " petit coin " qui est dérivé du verbe vieil anglais <I>miðan</I> " cacher, dissimuler, passer inaperçu " nous indique que l'appontement est probablement caché derrière un épais bosquet d'aulnes et de saules pleureurs. Une autre étymologie pourrait également décrire plus largement le lieu et ses environs. En effet, si on se réfère à un autre verbe vieil anglais <I>metan</I> " rencontrer, se jeter dans " qui a donné le verbe anglais <I>to meet</I> " rencontrer ", <I>mithe</I> pourrait également signifier " endroit où deux jets rencontrent, confluent ".[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]Tom now rows the Brandywine upstream and reaches the outflow of the Shirebourn (see the Shire map). There is the Mithe, at which another small hythe is located: the Mithe Steps. The Mithe is no less obscure than the hythe, and its meaning is particularly hard to determine. Mithe = "Place where two streams meet", from OE my:th or gemy:th "river-mouth, meeting of streams." The name is evidently related to "mouth" and probably a derivative surviving in English place-names. ATB: "At the Mithe, the outflow of the Shirebourn, was a landing-stage, from which a lane ran to Deephallow and so on to the Causeway road that went through Rushey and Stock."[/citation]
Il n'existe pas de traduction française du terme, et je l'ai laissé pour le moment tel quel. J'ai cependant fait quelques recherches, mais n'ai trouvé pour le moment que le terme <I>aber</I> (s.m.), qui désigne en breton un estuaire d'une petite rivière en forme de crique ou anse, qui sert de lieu de relâche pour les bateau de pêche. En ancien breton, et c'est là ce qui est intéressant, <I>aber</I> désignait l'endroit où un ruisseau chutait dans une rivière (ça a donné, entre autre, Aberdeen). Peut-être faudrait-il composer quelque chose avec, ou même laisser <I>Aber</I> tout court, mais... ça sonne tout aussi étranger.
<B>Brandywine [v. 27, 85, 95, 99] : </B>
[citation=<i>Guide to the names</i>]<i>Brandywine. This is represented as a hobbit alteration (I 14) of the Elvish (Sindarin) Baránduin (stressed on the middle syllable). Since this is meant to have been intelligible at that time it should be translated by sense; but a difficulty arises, since it would be desirable that the translation should also be a possible corruption of Baránduin. The Dutch translation used Brandewijn; the Swedish missed the point, using Vinfluden, though Brännavin would have served. Danish Brendevin or German Branntwein would also do.</BLOCKQUOTE><br>Pas de changement, Brandevin convient très bien.</i>[/citation]
<B>Withywindle [v. 27, 58, 148] :</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<I>Withywindle. River-name in the Old Forest, intended to be in the language of the Shire. It was a winding river bordered by willows (withies). Withy- is not uncommon in English place-names, but -windle does not actually occur (Withywindle was modelled on withywind, a name of the convolvulus or bindweed). An invention of suitable elements in the language of translation would be desirable. Very good is the Dutch version Wilgewinde (with wilg = English willow). I do not understand the Swedish version Vittespring. Words related to withy are found in the Scandinavian languages; related also is German Weide.</i>[/citation]
[citation=Septième promenade d'Isengar]Le nom original de la petite rivière [le Tournesaules] est étymologiquement parlant d'une grande richesse, et nous pouvons sentir ici que Tolkien a pris autant de soin que de bonheur à choisir ce nom. Le mot <I>withy</I> vient du vieil anglais <I>wiðig</I> " branche de saule, osier " et dans cette même langue, le saule se dit <I>wilig</I> (ce qui donne <I>willow</I> en anglais moderne). On trouve cependant en anglais dialectal le terme <I>withywind</I> "liseron, plante tortueuse [34]" qui évoque la course étrange de la rivière, faite de continuels virages et méandres, typique des terrains à faible pentes et propices aux eaux stagnantes et aux marécages. Et si le verbe <I>to wind</I> signifie "tourner, serpenter, faire des détours", le mot dialectal <I>windle</I> "panier" nous rappelle que l'osier est omniprésent le long du cours de cette cours d'eau.[/citation]
Idem, j'ai conservé Tournesaules.
<B>Hays-end [v. 29, 82, 146] :</B>
Il est orthographié différemment... ainsi dans les ATB, mais Haysend dans le Guide to the Names. Voici ce que Tolkien en dit (enfin, à propos de Hayward) :
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>The word is derived from hay 'fence' (not 'grass') + ward 'guard'. Compare High Hay, Hay Gate, Haysend, place-names in Buckland.</i>[/citation]
Et dans la septième promenade d'Isengar :
[citation=Septième promenade d'Isengar]Ainsi nous présentons-nous à la Porte de la Clôture, dite aussi Porte du nord (North-Gate). Elle constitue l'extrémité de la Haute Barrière (High Hay), une longue haie (hedge) d'une vingtaine de milles de long qui marque la frontière orientale du Pays de Bouc et qui protège ses habitants des étrangetés de la Vieille Forêt. Le mot anglais <I>hay</I> "barrière" (qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme <I>hay</I> "foin, herbe sèche") est aujourd'hui fort peu employé. Il vient du moyen anglais <I>hai</I> ou <I>hei</I> qui est lui-même issu du vieil anglais <I>hegge</I> "barrière". <I>Hegge</I> est aussi à l'origine du mot <I>hedge</I> tout comme son équivalent francique <I>hagja</I> est à l'origine de notre <I>haie</I>.[/citation]
Traduit "Fin-de-Barrière" par Hedayat. Isengar nous dit que <I>hay</I> est archaïsant, il faudrait trouver autre chose donc que barrière, assez évident pour la compréhension :) Fin-de-haie, comme le propose Céline Leroy, pourrait aller, mais idem, haie est évident. Foin est à fuir :)<br>En ce qui est des mots qui pourrait remplacer barrière, j'ai fait une recherche sur le dico atilf et trouvé ceux-ci :
- Clédar/clédal (m.), terme régional utilisé dans le Doubs, les Alpes de Haute Provence et la Suisse romande, désignant une barrière servant à fermer un accès. Plus spécifiquement, c'est un portail rustique clôturant un alpage, pour empêcher le bétail de divaguer. Le terme vient du patois savoyard clia, clédala, " claie en osier; panneau à claire-voie fait avec des panneaux de bois pour parquer les chèvres, les moutons, les cochons, etc. " On a le vieux français clédal, latin médiéval clida, " clôture ", bas latin et gaulois cleta, " claie, grille, treillis ", racine indo-européenne *klei-, " appuyer ".
- Clayon (m.), diminutif de claie, désignant une claie servant de clôture.Clayon (m.), diminutif de claie, désignant une claie servant de clôture.
- Échalier (m.), clôture faite généralement de branches d'arbres entrelacées pour empêcher les bestiaux de s'échapper.Échalier (m.), clôture faite généralement de branches d'arbres entrelacées pour empêcher les bestiaux de s'échapper.
- Perchis (m.), clôture faite avec des perches, ou encore palis, qui donna palissade.Perchis (m.), clôture faite avec des perches, ou encore palis, qui donna palissade.
Fin-de-palis me plaît bien, c'est ce que j'ai choisi au final, mais perchis et clayon conviendraient aussi... Les autres, même s'ils sont jolis, ne cadrent pas avec l'objectif de cette barrière, à moins que l'on remonte au vieux français pour clédar, mais je crains que cela ne fasse trop régional.
<B>Elvet-isle [v. 67, 151]</B>
[citation=Septième promenade d'Isengar]Il nous montre sur l'étang une île couverte de roseaux : l'île-aux-Elfes (Elvet-isle). JRR Tolkien a inventé le nom de cette île mystérieuse et marécageuse sur un jeu de mots combinant le terme désuet <I>elfet</I> "petit elfe, elfounet" et le vieil anglais <I>elfet</I> ou <I>ilfet</I> "cygne".[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]<i>After having floated down the Withywindle for some distance, Tom meets the "Old Swan of Elvet-isle". <br>Though sometimes mistaken as a typo for "Elven-isle", elvet is in fact an old word for "swan", derived from Old English elfetu or ielfetu, Anglo-Saxon ylfet = "swan"; surviving in a number of English placenames. Tolkien's alqua, alph for "swan" may have been suggested by this word.<br>Thus Elvet-isle: "Island of the Swan".</i>[/citation]
En français, avant cygne, on a cisne, cycne ou cine, mais il est vrai que 'Île-au-Cine' (surtout dans 'Vieux Cygne de l'Île-au-Cine passa fiérot') n'est pas très heureux… Tant pis pour le jeu de mot, je garde finalement 'l'Île-aux-Elfes'.
<B>Withy-weir et Windle-reach [v. 77 et 78]</B>
[citation=Septième promenade d'Isengar]Il s'agit d'un barrage en claies d'osier (<I>withy-weir</I>) destiné à endiguer les eaux du Tournesaules et à les rediriger vers un canal aussi tortueux que le lit de la rivière, le bief-du-biais (<I>windle-reach</I>). Peut-être pourrait-on, à la lumière des remarques précédentes, traduire le nom du canal par bief-en-claies, avec <I>windle</I> "panier" et <I>reach</I> "bief". Le nom anglais du barrage, <I>weir</I>, vient quant à lui du vieil anglais <I>wer</I> "barrage, digue". La racine germanique <I>wer</I>, <I>war</I> avait le sens de "garder, protéger".[/citation]
Dans la traduction d'Hedayat, on a "Barrage d'osier" et "Bief-du-Biais". Dans celle de Céline Leroy, "Barrage du Saule" et "Bief du Tour", ce dernier me laissant perplexe... Je m'en suis tenue à "Digue d'osier" (on garde l'effet allitératif de <i>Withy-weir</i> et "Bief-en-claie". Je ne crois pas qu'il faille vraiment inventer un toponyme plus compliqué, du genre "Saultdigue"...
<B>Grindwall [v. 80, 147, 160]</B>
[citation=Septième promenade]Le petit bourg de Murmoulu (Grindwall) surgit brusquement au détour du chemin. Il s'agit sans doute de quelques maisons et fermettes, d'une ou deux boutiques, peut-être un sentier menant à un modeste embarcadère sur le Brandevin, et pas grand-chose de plus. Le mot <I>grind</I> signifie "clôture à barreaux" en vieux norois. A ce mot s'ajoute comme une redondance le mot anglais <I>wall</I> "mur". Tous deux évoquent un habitat très regroupé et entouré par une barrière ou une haie qui pourrait faire office de rempart tout en se confondant au bocage environnant. Cependant, le verbe anglais <I>to grind</I> signifie également "grincer, broyer, concasser". Il explique d'abord le choix du traducteur des <i>Aventures de Tom Bombadil</i>, Dashiell Hedayat, de traduire par Murmoulu le nom de Grindwall. Il nous rappelle ensuite que derrière la Haute Barrière (High Hay) du Pays de Bouc, à présent à quelques furlongs à peine vers l'est, se trouvent les arbres étranges et dangereux de la Vieille Forêt. Ils agitent feuilles et ramilles, ils font grincer leurs branches et pourraient écraser entre leurs troncs quiconque oserait s'aventurer hors des sentiers battus ![/citation]
J'ai fait quelques recherches, en partant de l'idée de clôture, parce que Murmoulu… C'est joli sonoriquement, mais je ne trouve pas que cela veuille dire grand chose. Ce qui peut moudre, c'est une pierre... comment un mur peut-être moulu, je ne comprend pas. Un arbre ? Mais pour moudre, il faut qu'il y ai rotation : ça ne va pas... Faisant fi de l'originalité, j'ai composé "Murclaie", claie désignant un treillis d'osier (matériau cadrant avec le paysage :) à claire-voie, ou une clôture à claire-voie, c'est-à-dire faite d'un entrecroisement de lattes laissant passer la lumière.
<B>Breredon [v. 82, 94]</B>
[citation=Septième promenade]Nous sommes toujours au milieu de la lande, et l'étymologie de Breredon l'atteste bien. Le mot <I>brere</I> est une déclinaison du moyen anglais <I>brer</I> "bruyère", d'origine celtique. Le mot <I>don</I> vient du vieil anglais <I>dun</I> "colline, hauteur" qui a donné l'anglais <I>down</I> "colline". Le mot celtique pour désigner la colline se retrouve dans le nom de la ville de Bree (gaélique <I>brae</I> "colline, hauteur"), que les Brandebouc connaissent bien pour y avoir effectué plusieurs voyages.[/citation]
[citation=<i>Bombadil in the shire</i>]<i>Breredon is English. Its compounds are Brere-don. The first element brere = "briar" (cf. "frere" "brother"=friar!) from Old English bre:r, of the same meaning. -don = OE du:n "down, hill" (cf. the North and South Downs), with the change as unstressed suffix being the same as in tu:n:>town, -ton. Pronounce it Breer-dun (or -d'n, with vocalic n). According to ATB, "Breredon (Briar Hill) was a little village on rising ground behind the hythe, in the narrow tongue between the end of the High Hay and the Brandywine."</i>[/citation]
Dashiell Hedayat ne traduit pas, Céline Leroy non plus. En fait, j'ai cherché à traduire aussi : <I>briar</I> signifie bien bruyère, mais aussi ronce ou églantier. Seulement, il fallait quelque chose d'archaïsant : églantier vient de l'ancien français (emprunté au provençal) <I>aiglant</I> ; on pouvait aussi faire un composé avec <I>spina</I>, épine (comme Epinac). Mais j'ai fait aussi des recherches pour bruyère, et on a deux racines : <I>bruscia</I> et <I>brucaria</I> (la première, semble-t-il, du gaulois, qui a donné le latin)... et dans les toponymes, cela devient Bruère ou Bresseu... Fortement changé, donc. De plus, le <I>-don</I> est possible aussi en français, puisque <I>dun</I> vient de <I>-duno</I>, colline fortifiée. Faut-il ou non franciser ? Breredon n'est sans doute pas plus explicite pour un anglais que pour un français, et tout aussi possible.
<B>Shirebourn [v. 95]</B>
[citation=Première promenade]Dans la langue de Tolkien, cette rivière s'appelle Shirebourn. Le mot <I>bourn</I> signifie ruisseau et vient du vieil-anglais <I>brunna</I>. Dans la langue gotique, ce même <I>brunna</I> signifie "saut, bond" et permet donc d'imaginer un ruisseau turbulent en amont, tout comme la Rivière de Stock que nous avions croisé plus au nord. Mais le mot <I>bourne</I> qui dérive du normand <I>borne</I> veut aussi dire "limite, frontière". Et ce ruisseau est effectivement la limite sud-est de la Comté.[/citation]
Dashiell Hedayat traduit "Borne du Comté", Céline Leroy "Rivière-de-la-Comté". J'ai gardé ceci, même si c'est long.
<B>Mithe Steps [v. 101] et Causeway [102]</B>
Dashiell Hedayat traduit "Marches de Mithe" et "Chaussée", Céline Leroy "Marches de la Mithe" et "Chaussée". J'ai plutôt mis "Pas de Mithe" pour le premier (raison de place, essentiellement), et "Chaussée" pour le deuxième.
<B>Rushey [v.104, 121]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Rushey. 'Rush-isle'; in origin a 'hard' among the fens of the Marish. The element -ey, -y in the sense 'small island' (= Swedish ö, Danish ø, OId Norse ey) is very frequent in English place-names. The German equivalent is Aue 'river-side land, water-meadow', which would not be unsuitable in this case.</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le chemin de Stock continue en direction du sud vers un bourg improprement baptisé Soldur par Ledoux, tandis que le nom anglais est Rushey (inscrit "Rushy" sur la carte de Christopher Tolkien) L'origine de ce nom vient du mot <I>rush</I> "jonc" qui vient lui-même du vieil anglais <I>rysc</I> "jonc, paille" et qui est voisin du vieux français <I>ros</I> "roseau" et du mot dialectal <I>rouche</I> qui désigne la massette, un plante des marais. Plutôt que Soldur, les noms de Roselière, Jonchère, Joncheraie ou Les Rouches auraient sans doute mieux convenus... Et du coup, c'est un tout autre paysage que du "sol dur" qui s'offre à nous. Nous avons là plutôt affaire à du "sol mou"... et il est sérieusement temps de mettre nos bottes de nains ![/citation]
Dashiell Hedayat ne traduit pas, Céline Leroy a créé "Joncquisle", mais ça me satisfait pas vraiment. J'ai eu le coup de cœur pour Les Rouches, même si l'on perd la notion d'îlot. Il existe un suffixe en français, équivalent de <I>-ey</I> (les suffixes, fréquents en France, en <I>-ay</I>, <I>-é</I>, <I>-et</I> sont des suffixes collectifs se rapportant à la flore, ils ne peuvent donc convenir) dans le Calvados et la Manche, le mot scandinave <I>holm</I>, 'île', (dans Le Houlme, Home-Varaville), qui devient -hou en terminaison (Nehou, Quettehou)... Ce qui donnerait Le Rouchou ou Le Jonchou... qui n'est pas plus concluant que Joncquisl.
<B>Marish [v. 107]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Marish. An old form of English marsh. Translate (using if possible a word or form that is understood but local or out of date).</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le nom Marish est un mot dialectal synonyme de <I>marsh</I> qui veut dire "marais" en anglais. Tous deux viennent du moyen-anglais <I>mareis</I>. Ce mot d'origine germanique est un cousin du mot francique <I>marisk</I>, qui a donné le mot dialectal normand <I>maresc</I>, qui a inspiré à Ledoux le nom Maresque. Tous signifient "marais, marécage".[/citation]
Maresque convient très bien :)
<B>Maggot's Lane [v. 123]</B>
Dashiell Hedayat traduit "l'Allée d'Asticot" (sic!), Céline Leroy "le Chemin de Maggotte". J'ai opté pour ce dernier.
<B>Bamfurlong [v. 125]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Bamfurlong. An English place-name, probably from bean 'bean' and furlong (in the sense of a division of a common field), the name being given to a strip of land usually reserved for beans. The name is now, and so is supposed to have been at that time in the Shire, without clear meaning. It is the name of Farmer Maggot's farm. Translate as seems suitable, but some compound containing the word for 'bean' and that for 'field, cultivated ground' would seem desirable.</i>[/citation]
[citation=Première promenade]Le père Maggotte possède la ferme de la Haricotière (Bamfurlong). Le nom original de Bamfurlong est une sorte d'énigme philologique que nous allons tenter de résoudre. La seconde partie du mot ne présente pas de difficulté particulière. Un furlong est une mesure de distance correspondant à 201,16 de nos mètres. Il vient du moyen-anglais <I>furlang</I> "longueur" qui était lui même issu de <I>Furrow</I> "sillon, ligne" + <I>lang</I> "longueur". La première partie du mot est plus délicate, <I>Bam</I> ne signifiant à première vue pas grand chose en anglais. Faut-il la rattacher à une forme dialectale de <I>bean</I> "haricot", comme le suggère la proposition de Ledoux ? Ou bien doit-on aller chercher plus loin l'origine de ce bout de mot ? Tolkien connaissait la langue gotique sur le bout des doigts, et en goth, il existe le mot <I>bagms</I> qui veut dire "poutre, potence". Peut-on en déduire que le nom de Bamfurlong pourrait évoquer les puissantes poutres sur lesquelles les anciens installaient la charpente des toits de leurs fermes ? Doit-on y voir une connivence avec l'idée que Stock était un village de charpentiers ?[/citation]
Haricotière convient aussi...
<B>Barrow-downs et Tower Hills [v. 136]</B>
Tout bêtement "Haut des Galgals" et "Collines de la Tour". Dashiell Hedayat proposait "Tour-la-Colline". A part la faute de pluriel (plutôt "Tour-les-Collines"), l'idée n'était pas mal, mais Collines de la Tour est plus simple.
<B>Bree [v. 138]</B>
[citation=<I>Guide to the names</i>]<i>Bree. Retain, since it was an old name, of obsolete meaning in an older language; see Archet.</i>[/citation]
Le nom apparaît dans le SdA, je ne touche rien.
<big><b>De la traduction en elle-même</b></big>
Ce poème est composé dans la même forme que le précédent, en <i>strong-stress verse</i>, à rimes plates. J’ai donc utilisé, pour ma traduction, des alexandrins sans césure (Rq.: dans le compte des syllabes, les –e sont muets devant chaque ponctuation, pas seulement en fin de vers), et gardé le schéma de rimes de l’original… L’exercice était plus difficile, puisque 14 syllabes par vers venait plus naturellement en français (et ce d’autant plus que l’original tourne en moyenne autour de 12 syllabes lui aussi), et cela m’a entraînée à faire quelques torsions au sens (légères, puisque je ne tenais pas à réinventer le poème, et cela aurait enlevé beaucoup de charme à l’exercice). Mon but n’était pas de faire une traduction littérale (celle de Céline Leroy est fiable), mais de garder l’esprit – et de me faire plaisir avec un exercice de style gouailleur. La lecture de la traduction du Kalevala par Rebourcet m’a été profitable, et quelques clins d’œil ont été disséminés… Les initiés les verront :)
Remerciements habituels à Moraldandil, qui, comme toujours, se révèle un allié précieux pour les dernières épreuves de relectures, et aussi à Yyr (pour son aide à Paimpol) et Isengar, dont j’ai beaucoup utilisé le travail pour la question de la toponymie :).

