Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Des idées reçues
#28
Aux champs pousse l'espérance. Par la grâce du soleil, la vigne, le blé, la prairie, l'arbre à fruits feront des miracles. J'ai souvenir d'un petit bourg bien fleuri qui vendit en une matinée, à des ramasseurs étrangers, pour quatre-vingt mille francs de prunes. Remarquez que faute de prunes ils ne seraient pas morts ; il se trouve toujours quelque culture qui réussit passablement ; et l'on vit. Ainsi les rêveries du paysan n'ont point pour objet le pain quotidien et le nécessaire, mais plutôt la richesse, qui tombera du ciel comme une manne ; c'est pourquoi ce genre d'attente et cette prière d'avril n'est point d'un pauvre qui demande charité. (...)L'âge champêtre est l'âge des sorciers et des sorts, et des épreuves passagères qui ne tuent jamais l'espérance. Ce que les contes populaires expriment très bien, par ces enchanteurs à pouvoirs limités, et ces héros du travail, dont l'obstination est sans limites.
-- le même bonhomme, Métiers, 30 avril 1921, le même livre ;-)

Le brave visage de Hobbit de Sam se fit sévère, presque menacant, tandis que la volonté se durcissait en lui, et il sentit dans tous ses membres un frémissement comme s'il se muait en quelque créature de pierre et d'acier que ni le désespoir, ni la fatigue, ni des milles d'aridité sans fin ne pourraient réduire.
(...)
Il devait mouvoir la volonté de son maître pour un nouvel effort.(...)
Tournant enfin la tête vers la Montagne, ils partirent sans plus penser à se cacher, fixant leur fatigue et leurs volontés chancelantes sur l'unique tâche de poursuivre leur route. (...)
La derniere étape de leur voyage à Orodruin arriva, et ce fut un tourment depassant tout ce que Sam avait jamais imaginé pouvoir supporter. Il souffrait, et il était si desséché qu'il ne pouvait plus meme avaler une bouchée de nourriture. L'obscurité demeurait, et pas seulement a cause des fumées de la Montagne : un orage semblait monter, et, au loin dans le sud-est; il y avait des lueurs d'éclairs sous les cieux noirs. Pis que tout, l'air était plein de vapeurs; la respiration était pénible et difficile, et ils furent pris d'étourdissement, de sorte qu'ils chancelaient et tombaient souvent. Mais leur volonté ne cédait point, et ils avancaient tant bien que mal. (...)
Frodon ne parlait pas, et Sam allait donc cahin-caha du mieux qu'il pouvait, sans autre directive que sa volonté de grimper le plus haut possible avant que ses forces ne l'abandonnassent et que sa volonté ne lachât. Il peinait, montant toujours, tournant de-ci de-là pour diminuer la pente, trébuchant souvent en avant et, pour finir, rampant comme un escargot charge d'un lourd fardeau. Quand sa volonté ne put le porter plus loin et que ses membres cédèrent, il s'arrêta et déposa doucement son maître sur le sol. [...]

(SdA VI.3)
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)