17-11-2002, 20:50
Vinyamar : je trouve ton rapprochement avec le passage de la Mer Rouge par les Hébreux intéressant mais assez acrobatique. Il ne me satisfait pas pleinement car la dimension d’épreuve me paraît essentielle dans le récit de Tolkien or cette notion est absente du récit biblique : ce n’est pas Moïse qui affronte Pharaon, c’est Dieu qui se sert de son prophète pour accomplir son dessein. Tu saisis la nuance ?
Par ailleurs, je constate avec amertume que tu ne souscris pas à mon interprétation du passage puisque tu en cherches une autre… ;-)
Pour moi, la « voie étroite » renvoie ici à l’épreuve ultime que doit affronter Gandalf pour sauver ses amis. Est-il si inconcevable de penser que cet Istari puisse entrevoir ce qui l’attend : l’épreuve ultime qui va le faire passer par la Mort ? Si rapprochement avec la Bible il doit y avoir, ce serait plutôt à mon sens avec les passages dans les différents Evangiles où le Christ annonce sa Passion, juste avant l’épisode de la Transfiguration (« transfiguration » que connaîtra également Gandalf quand il réapparaîtra dans le livre III à Aragorn, Legolas et Gimli) :
[citation=Matt 16,21-23.25]A dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes !
Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.[/citation]
On pourrait citer des passages équivalents en Marc, 8,31-35 et en Luc 9,22-24.
Bien sûr Gandalf n’est pas le Christ, il ne possède pas une telle prescience mais son passage par la mort, en dehors du ressort dramatique qu’il donne à l’action, prend une dimension très « christique » quand on le rapproche de ce passage de l’Evangile : Gandalf accepte de risquer sa vie pour ses amis, qui réagissent un peu à la manière de Pierre en se révoltant contre l’injustice d’un tel sacrifice. Leurs pensées sont celles « des hommes » et non celles de Celui qui va permettre à Gandalf de « ressusciter ». On est bien là en présence d’un paradoxe : celui qui semble mourir, va revivre, celui qui « perd sa vie », en gagne une plus belle par la suite…
NIKITA
Par ailleurs, je constate avec amertume que tu ne souscris pas à mon interprétation du passage puisque tu en cherches une autre… ;-)
Pour moi, la « voie étroite » renvoie ici à l’épreuve ultime que doit affronter Gandalf pour sauver ses amis. Est-il si inconcevable de penser que cet Istari puisse entrevoir ce qui l’attend : l’épreuve ultime qui va le faire passer par la Mort ? Si rapprochement avec la Bible il doit y avoir, ce serait plutôt à mon sens avec les passages dans les différents Evangiles où le Christ annonce sa Passion, juste avant l’épisode de la Transfiguration (« transfiguration » que connaîtra également Gandalf quand il réapparaîtra dans le livre III à Aragorn, Legolas et Gimli) :
[citation=Matt 16,21-23.25]A dater de ce jour, Jésus commença de montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : « Dieu t’en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t’arrivera point ! » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes !
Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.[/citation]
On pourrait citer des passages équivalents en Marc, 8,31-35 et en Luc 9,22-24.
Bien sûr Gandalf n’est pas le Christ, il ne possède pas une telle prescience mais son passage par la mort, en dehors du ressort dramatique qu’il donne à l’action, prend une dimension très « christique » quand on le rapproche de ce passage de l’Evangile : Gandalf accepte de risquer sa vie pour ses amis, qui réagissent un peu à la manière de Pierre en se révoltant contre l’injustice d’un tel sacrifice. Leurs pensées sont celles « des hommes » et non celles de Celui qui va permettre à Gandalf de « ressusciter ». On est bien là en présence d’un paradoxe : celui qui semble mourir, va revivre, celui qui « perd sa vie », en gagne une plus belle par la suite…
NIKITA

