Quel régal ce fuseau!
D'une mauvaise foi consommée (ce qui me stupéfie de la part de Jérôme) mais qu'importe!
Merci. C'est un grand bonheur.
Une poussière d'étoile dans ce forum, que dis-je, une poussière d'Etoilé.
Ëarasto, poussière marine, c'est splendide! Des cristaux dignes de rivaliser avec toutes les créations des Noldor, je dis!
Une petite réflexion sur
Quote:Elle ne leur était d'aucun usage dans le Royaume Bienheureux gardé pur de toute souillure
Il convient de féliciter Yyr pour la fidélité de sa traduction qui nous permet de percevoir combien Tolkien, dans ces quelques mots, s'est révélé un parfait exemple des défaillances spécifiques aux papilles britanniques (sui generis).
Sans ce caractère propre aux sujets de SGM, on s'étonnerait presque qu'en écrivant "Mets et boissons des Eldar" (HOME XIII), Tolkien ait fait à peine référence (à notre connaissance) à la sapidité de la cuisine Télérine, pourtant très appréciée dans tout Aman, cf. l'évocation des daurades et des bars cuits en croute de sel sur les quais du port d'Alqualondë (HoME XIII, page 125 note *d*, deuxième parenthèse).
C'est d'ailleurs ce qui rend si peu étrange, à nous autres, peuples épicuriens, le paragraphe traduit par Yyr (encore merci). Bien amèrement selon nous (c'est le mot), l'auteur anglais envisageait-il la précieuse poussière. Il la décrit uniquement comme un accessoire, un simple mode de conservation des aliments, à l'évidence inutile dans une terre bénie épargnée par le marrissement.
On peut imaginer que c'était pour renforcer chez le lecteur le sentiment de pureté associé au Royaume Bienheureux, mais était-ce bien utile?? On se le demande.
Il est probable que Tolkien renonça très tôt à cette rhétorique... il n'a d'ailleurs jamais repris ces fariboles dans le Légendaire, préférant faire du sel le bien le plus précieux que conserve, serré dans une petite boite, l'un de ses principaux héros : Sam.
Yyr a aussi traduit ainsi :
Quote:[emphase]Ai asta malina tiua ! « Hélas, c'est un beurre salé ! »[/emphase]
J'en suis désolé mais je dois ici faire une critique (trois fois rien) à cette traduction et je suis certainement fautif car je m'étais juré d'envoyer à Jérôme le texte de l'article en cours de rédaction "Archives de Marquette - Les ratures de JRRT, Une grosse tache sur un manuscrit de HoME XIII" (à paraître - date de sortie inconnue). Il m'est difficile de dire comment j'ai eu copie de ce projet d'article surtout que j'ai promis à Stéphanie de ne pas révéler qu'elle l'avait obtenu de Jean-Philippe qui lui-même l'avait téléchargé on ne sait où...
Quoi qu'il en soit, les archives révèlent que le manuscrit sur lequel figure l'extrait de "Mets et boissons des Eldar" est dans un état déplorable: un morceau de papier froissé répugnant (vraisemblablement un vieil emballage de fich&chips du célèbre Minty-boar Pub d'Oxford) sur lequel sont griffonnés à la hâte des notes en pattes de mouche, raturées à maintes reprises et - on le sais désormais - recopiées de travers par une secrétaire de chez Allen & Unwin (une certaine miss J. qui dactylographiait de la main droite en engloutissant de la gauche ses sandwitchs au bacon frit et à la marmelade)
On le sait désormais, sans aucun doute possible, qu'il y a eu confusion entre "Ai" (traduit par "Hélas") et un ajout qu'avait fait le professeur : le mot "Alas[se]" écrit si finement qu'il a été confondu avec "Hélas" et corrigé en "Ai > Hélas".
Je ne suis pas spécialiste de la traduction (loin de là) mais je crois qu'en quenya, 'Alasse' signifie 'Joie'.
La traduction correcte de [emphase]« Ai asta malina tiua ! »[/emphase] est donc [emphase]« JOIE, c'est un beurre salé !»[/emphase].
MIAM. J'ai pas fini de m'en faire des tartines :-)
Encore merci Jérôme ;-)
Silmo
PS: Jean-Philippe, t'as pas honte de faire comme si tu ignorais cette coquille dans la traduction. C'est pas fairplay :-)

