Plié de rire devant mon écran :-)
Merci Silmo pour ta correction, mais il ne s'agissait pas de mauvaise foi de ma part : je n'ai pas voulu, tout comme Yyr, alourdir la compréhension de ce texte étonnant par les commentaires « salés » de Christopher Tolkien ; commentaires que, dans ton respect pour son travail d'éditeur qu'il faut certes honorer à sa juste valeur, tu acceptes un peu trop facilement à mon sens.
En effet Ch. Tolkien développe une théorie de la confusion entre « Ai » et « Alasse » qui ne tient pas compte du fait que Tolkien, dans sa relecture immédiate, supprime toute mention positive de la poussière marine. Cf. justement la correction « famous [>unused] », qui ne souffre aucune remise en cause, l'absence de tache en cet endroit aidant.
Par ailleurs, la théorie de Christopher Tolkien ne tient pas compte non plus de la réalité de la traduction « Hélas » à la suite de « A[i] ».
La tache sur les lettres qui suivent « A[i] » (quand bien même il s'agirait en réalité d’« Alasse »), n'explique pas que Miss J. ait écrit « Hélas » par-dessus le mot « Joie » de Tolkien. Cela supposerait que Miss J., après avoir taché le manuscrit, aura oublié ce qu'il y avait écrit dessus et qu'elle venait de recopier (l'hypothétique « Alasse »), mais également connaissait la traduction de « Ai », ce qui est une aberration, aucune personne travaillant chez Allen & Unwin n'ayant jamais eu accès à quelque index des langues inventées.
Certes à cette époque, le mot « Ai » était déjà connu, cf. l'occurrence [emphase]« Ai na vedui Dúnadan! Mae govannen! »[/emphase] du SdA (Chap 12, Livre I), mais pas sa signification ! car le texte du SdA ne proposait aucune traduction anglaise qui aurait pu mettre Miss J. sur la voie.
Voilà pourquoi je pense que Ch. Tolkien s'égare, oubliant au passage une hypothèse qui me semble la plus probable. Tenant compte le la longueur de la tache, des seules lettres encore visibles (« A[i] ») et de la traduction qui suit (« Hélas! »), il est fort possible qu'il y ait eu « Ai ! Ai ! Ai! », simplement et hâtivement traduit par « Hélas ». Une traduction plus proche serait alors : [emphase]« Hélas, trois fois Hélas, c'est un beurre salé ! »[/emphase].
Bien entendu, seule une radiogaphie du manuscrit pourrait venir confirmer cette hypothèse, mais elle a pour elle non seulement de respecter le contexte proche ainsi que l'esprit de la note sur la poussière marine mais d’être en accord avec le goût prononcé chez Tolkien de la triplication à chaque fois que l’importance d’un sujet la réclame.
S.
:-))

