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Du beurre salé au beurre marri : un glissement sémantique
#22
[citation=Vauban]Le sel est une manne dont Dieu a gratifié le genre humain, sur lequel par conséquent il semble qu'on n'aurait pas dû mettre d'impôt[/citation]

Isengar, tu remportes haut la main le "Concours Gabelle" grâce à ta rapidité et surtout un parfait équilibre entre, d'un côté, la légèreté du charmant compliment à une Dame (que je salue au passage) et, de l'autre, un sensationnel calembour haltérophilique, catégorie super-lourd, confirmant, si c'était nécessaire, toutes les lois de la gravité universelle ainsi résumées : "y a toujours moyen de tomber plus bas".
Jérôme, avec ses "noxian-waves" pourra bientôt challenger le titre sitôt qu'il aura atteint la catégorie des poids 'mi-sels'.

Nous étudierons, dès que possible, les modalités du stage "Salade", à l'occasion d'un prochain Moot, et le recrutement d'autres participants - peut-être au moyen d'un nouveau concours farfelu. Je sais d'ores et déjà que le premier cours débute sur l'étude de cette citation "Il faut quatre hommes pour faire une salade: un prodigue pour l'huile, un avare pour le vinaigre, un sage pour le sel et un fou pour le poivre." (François Coppée - le poète,hein... pas le Meldois !.... et c'est pas de ma faute si c'est comme ça qu'on les appelle)

Sinon, je m'abstiens sur le sujet phonologique. J'y connais rien et je prends donc vos arguments pour argent 'content' :-)

J'ai bien sûr quelques remarques à formuler, encore une fois, quelques broutilles de rien du tout.

Ah, si! Avant de passer aux chipotages, un point très important qui vaut ma reconnaissance éternelle à Yyr.

Une des informations qu'il vient de nous donner compense largement l'injustice de ses misérables philippiques (selon D'Alembert: [emphase]« Quand on fait à des satires l'honneur d'y répondre, ce doit être avec le sel et la gaieté de la Motte [normal]*[/normal], et non avec le fiel et la fange de Scaliger [normal]**[/normal] »[/emphase] :-)))
Ce qui n'était jusqu'à présent connu que dans une note de Christopher dans HoME XIII (que j'ai mentionnée plus haut) est désormais attesté par une autre note du professeur himself : « référence est même faite à nouveau [nous dit Jérôme] aux futures daurades et bars du port d’Alqualondë » ... démonstration enfin réalisée: les Elfes n'étaient pas de bucoliques végétariens, mangeurs de fruits et de racines. Il étaient bien, comme les humains, de féroces CARNIVORES.
Voila quelque chose qui me régale le Légendaire. et qu'importe si Tolkien écarta finalement cette note pour un autre motif parfaitement ridicule (mais c'est son droit) en tout cas il n'a pas renié cette consommation protéinée des ressources halieutiques.

Ceci dit, on s'en doutait... Avant de bâtir une cité en perles, faut quand même bien gober pas mal de bourriches d'huitres.... de préférence avec quelques tartines, vous vous en doutez, de beurre salé, CQFD! Comment ça, je ne "D"émontre rien du tout? Et depuis quand faudrait-il suivre une logique mathématique dans un fuseau fantaisiste?

Voila qui permet de sauter du coq à l'âne ***... celui qui refuse de boire, pour ceux qui suivent (je me demande ce que peuvent penser les lecteurs hallucinés qui "tombent" sur ce fuseau !.... Et quand je dis "tomber", c'est sans qu'il soit besoin pour cela de les faire déraper sur une tartine beurrée, je tiens à le souligner, cher Maître Yyr qui me disputez la culotte quand il s'agit de recourir aux effets burlesques, Na!).

« évocation culottée », « sans gêne aucune », détournement de l'analyse vers le support du texte, ajout de répugnant, mobilisation de l'émotion... etc... dixit Yyr.
Oui! trois fois OUI (triplication, donc), j'assume, je revendique, même. J'use et j'abuse des stratagèmes.
A défaut de cartouches, s'il le faut, je combattrai les assauts à la baïonnette métaphorique!
Ma JAVELLE (ou meulon) sera défendue comme Fort Alamo, Camerone, Ðiện Biên Phủ, Alejia, Helm, Missolonghi ou la base Echo sur la planète Hoth...
No Pasaran ! Je dis [emphase]« *BA »[/emphase].
Roncevaux à côté, ce sera la Mélodie du bonheur.

Je suis prêt à en appeler au jugement des Valar (à défaut, je m'en remettrai innocemment à la sagesse du comité constitutionnel des moots) pour légitimer mon droit à la fumisterie dans le commentaire critique de textes virtuels (NB: afin de ne pas paraître confus, la Feuille n°3 n'est pas en cause ici, quoique...)!

En tout cas, je ne sais pas ce que le MintyBoar Pub d'Oxford avait mis ce jour là dans ses Fish&Chips, mais ce cher Tolkien a dû digérer de travers. Il a déliré et franchement écrit n'importe quoi.... Expliquer la Grande Marche par des considérations condimentaires????? Le poisson devait pas être frais, à tous les coups mal conservé par défaut de sel.

Silmo :-)
— [emphase]« De sel sans âpreté, de gaîté sans grimace, il assaisonne ses moindres mots »[/emphase] (Delille)

[séparation]

* On s'étrangle aujourd'hui devant les films de PJ, mais le fameux La Motte en question - à son époque - avait versifié L'Iliade, sans pour autant savoir le grec, en réduisant l'ouvrage de 24 à 12 chants sous ce simple prétexte : [emphase]« J’ai pris la liberté d’y changer ce qui j’y trouvais de désagréable. [...] Après y avoir pensé autant que l'exige le respect qu'on doit au public, je me propose de changer, de retrancher, d'inventer même dans le besoin ; de faire enfin selon ma portée, tout ce que je m'imagine qu'Homère eût fait, s'il avait eu affaire à mon siècle »[/emphase]. (Mouaip, enfin, si Homère a jamais existé)

** Scaliger: philologue querelleur du 16ème s., maniant la moquerie sans nuance, dont WK nous apprend : [emphase]« Scaliger se créait de nombreux ennemis. S'il méprisait l’ignorance, il éprouvait une haine farouche contre la demi-érudition, et par dessus-tout la mauvaise foi dans l'argumentation ou les citations approximatives. Entiché d'honneur et de loyauté, il ne tolérait ni les arguments bancals, ni les imprécisions de ceux qui prétendaient défendre une thèse ou plaider une mauvaise cause. Ses sarcasmes agressifs finirent par parvenir aux oreilles de ses victimes, et encore sa plume n'était-elle pas moins dure que sa langue. [...] ses ennemis cherchèrent, non pas tant à le reprendre sur le terrain de la critique littéraire ou de ses prises de position, que sur celui de la vie privée et de la condition : ce n'était toutefois pas une tâche facile, car il avait un grand sang-froid... »[/emphase]

*** [emphase]« Tout son sel se fondit si bien / Que le baudet ne sentit rien / Que ses épaules soulagées »[/emphase] (La Fontaine)

__________________________________

Post-scriptum :

  • [emphase]« Le sel est un aliment qui agrémente les autres aliments; de la nourriture nécessaire il fait une nourriture agréable. »[/emphase] (Plutarque)
  • [emphase]« Sans sel, ma foi ! on ne peut mener de vie civilisée; c’est une substance à ce point nécessaire qu’elle désigne aussi par métaphore les plaisirs intellectuels... »[/emphase] (Pline l'Ancien)
  • Pour nos lecteurs de la Région Centre : [emphase]« Grandgousier estoit bon raillard en son temps, aymant à boire net et mangeoit voluntiers salé. »[/emphase] (Rabelais)
  • [emphase]« Ainsi, dit-il, en usaient les Anciens. Ils offraient le sel en signe d’hospitalité. »[/emphase] (Anatole France)
  • [emphase]« Le sel, Monseigneur, c’est une immense richesse ! Dans de nombreuses régions il sert de monnaie d’échange, une monnaie sans effigie, et donc indépendante du pouvoir du prince et de ses manipulations frauduleuses. Une monnaie par conséquent incorruptible. »[/emphase] (Tournier)
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