Ce fuseau à quitté la mer pour la montagne... :-)
(Il va quand même falloir que j'achève la traduction, d'ailleurs!...)
Sosryko m' a coupé le mot de la bouche ;-) Loki, évidemment est important car il cite de longs extraits des légendes nartes concernant Soslan. Il y a aussi Heur et malheur du guerrier qui contient quelques travaux sur les nartes.
Elendil > L'édition de 1930 se trouve à la BnF en microfiches. La qualité des microfiches est assez mauvaise, mais pas suffisamment pour ne pas pouvoir les lire.
Quand tu parles d'une richesse inouïe, tu ne crois pas si bien dire. En gros les traductions de Dumézil ne correspondent pas à 10% des variantes collectées.
Il existe en Ossétie une édition récente (Narty Kaddjytæ : iron adæmon epos) de 7 volumes d'environ 500 pages chacun et reprenant la majorité des variantes recueillies, reprenant la majorité des volumes épuisés. .
Le premier volume est consacré aux légendes les plus anciennes autour du jardin des nartes, des fils de Wærhæg, de Satana et Uruzmæg
Le second concerne Soslan, le troisième Hæmyts et Batradz, le quatrième Syrdon et Atsamæz, le cinquième l'ensemble des légendes sur la fin des Nartes et tout un nombre de variantes non comprises dans les volumes précédents, le sixième est l'épopée rimée d'Ossétie du Sud, et le septième volume, fraîchement sorti... m'est inconnu car je n'ai pas pu me le procurer à mon dernier voyage en Ossétie (plus d'exemplaire en magasin), je ne pourrai donc pas vous en décrire le contenu.
Ajoutez à cela l'édition de 1990 de l'Académie des sciences de l'URSS et les 4 volumes de l'édition Gutiev, et vous pouvez vous imaginez qu'on a quelques 5000 pages de variantes à traiter, ce qui convient tout à fait à illustrer au moins quantitativement l'expression "d'une richesse inouïe".
Les légendes d'Ossétie du Sud ayant été recueillies et mis en vers par les Andiev sont une réécriture littéraire et poétique (excellente, par ailleurs) d'un fonds dont il est difficile de discerner ce qui tient du populaire et ce qui tient de l'invention personnelle (à une échelle moindre on peut faire le même procès à Lönnrot pour le Kalevala). C'est de ce recueil de 1957 (le 6ème volume de l'édition moderne) que Dumézil parle quand il met en doute (à raison) sa fiabilité. Cependant, de nombreux contes sud-ossètes, sont tout à fait fiables, le collecteur a la fiche d'identité du conte (c'est-à-dire ayant procédé à l'identification du conteur, du village, ayant donné une date et un lieu du collectage, etc...).
Il existe par ailleurs d'autres traditions légendaires chez les ossètes mais avec un corpus moindre : les Daredzantæ, empruntées au folklore géorgien mais revisitées (comme leurs voisins caucasiens ont revisité les légendes nartes) et les contes des Tsaritsatæ (légendes autochtones, surtout recueillies en Ossétie du Sud).
Concernant ceux que cela intéresse, il existe en France un recueil bilingue de Contes populaires ossètes
La traductrice est Madame Arys-Djanïeva, qui enseigne l'ossète à l'INALCO, merveilleuse enseignante, rigoureuse et passionnée, à qui je dois beaucoup de ce que je sais.
Elle a notamment écrit un ouvrage fort pratique pour découvrir la langue : Parlons Ossète
Je ne peux qu'encourager les parisiens férus de légendes nartes et/ou de culture caucasienne à suivre ses cours.
Je peux enfin ajouter que quelques contes nartes inédits seront bientôt disponibles en annexe de ma thèse qui sortira l'an prochain. Donc pour répondre à ta question, Elendil, j'étudie justement l'ossète sous l'angle (en tout cas pour l'instant) de la mythologie comparée (il serait d'ailleurs plus judicieux de parler de légendes comparées). Une petite présentation de ce que je publierai l'an prochain (une thèse soutenue il y a déjà bientôt trois ans...) se trouve ici : http://www.fabula.org/actualites/laurent..._47556.php
(Il va quand même falloir que j'achève la traduction, d'ailleurs!...)
Sosryko m' a coupé le mot de la bouche ;-) Loki, évidemment est important car il cite de longs extraits des légendes nartes concernant Soslan. Il y a aussi Heur et malheur du guerrier qui contient quelques travaux sur les nartes.
Elendil > L'édition de 1930 se trouve à la BnF en microfiches. La qualité des microfiches est assez mauvaise, mais pas suffisamment pour ne pas pouvoir les lire.
Quand tu parles d'une richesse inouïe, tu ne crois pas si bien dire. En gros les traductions de Dumézil ne correspondent pas à 10% des variantes collectées.
Il existe en Ossétie une édition récente (Narty Kaddjytæ : iron adæmon epos) de 7 volumes d'environ 500 pages chacun et reprenant la majorité des variantes recueillies, reprenant la majorité des volumes épuisés. .
Le premier volume est consacré aux légendes les plus anciennes autour du jardin des nartes, des fils de Wærhæg, de Satana et Uruzmæg
Le second concerne Soslan, le troisième Hæmyts et Batradz, le quatrième Syrdon et Atsamæz, le cinquième l'ensemble des légendes sur la fin des Nartes et tout un nombre de variantes non comprises dans les volumes précédents, le sixième est l'épopée rimée d'Ossétie du Sud, et le septième volume, fraîchement sorti... m'est inconnu car je n'ai pas pu me le procurer à mon dernier voyage en Ossétie (plus d'exemplaire en magasin), je ne pourrai donc pas vous en décrire le contenu.
Ajoutez à cela l'édition de 1990 de l'Académie des sciences de l'URSS et les 4 volumes de l'édition Gutiev, et vous pouvez vous imaginez qu'on a quelques 5000 pages de variantes à traiter, ce qui convient tout à fait à illustrer au moins quantitativement l'expression "d'une richesse inouïe".
Les légendes d'Ossétie du Sud ayant été recueillies et mis en vers par les Andiev sont une réécriture littéraire et poétique (excellente, par ailleurs) d'un fonds dont il est difficile de discerner ce qui tient du populaire et ce qui tient de l'invention personnelle (à une échelle moindre on peut faire le même procès à Lönnrot pour le Kalevala). C'est de ce recueil de 1957 (le 6ème volume de l'édition moderne) que Dumézil parle quand il met en doute (à raison) sa fiabilité. Cependant, de nombreux contes sud-ossètes, sont tout à fait fiables, le collecteur a la fiche d'identité du conte (c'est-à-dire ayant procédé à l'identification du conteur, du village, ayant donné une date et un lieu du collectage, etc...).
Il existe par ailleurs d'autres traditions légendaires chez les ossètes mais avec un corpus moindre : les Daredzantæ, empruntées au folklore géorgien mais revisitées (comme leurs voisins caucasiens ont revisité les légendes nartes) et les contes des Tsaritsatæ (légendes autochtones, surtout recueillies en Ossétie du Sud).
Concernant ceux que cela intéresse, il existe en France un recueil bilingue de Contes populaires ossètes
La traductrice est Madame Arys-Djanïeva, qui enseigne l'ossète à l'INALCO, merveilleuse enseignante, rigoureuse et passionnée, à qui je dois beaucoup de ce que je sais.
Elle a notamment écrit un ouvrage fort pratique pour découvrir la langue : Parlons Ossète
Je ne peux qu'encourager les parisiens férus de légendes nartes et/ou de culture caucasienne à suivre ses cours.
Je peux enfin ajouter que quelques contes nartes inédits seront bientôt disponibles en annexe de ma thèse qui sortira l'an prochain. Donc pour répondre à ta question, Elendil, j'étudie justement l'ossète sous l'angle (en tout cas pour l'instant) de la mythologie comparée (il serait d'ailleurs plus judicieux de parler de légendes comparées). Une petite présentation de ce que je publierai l'an prochain (une thèse soutenue il y a déjà bientôt trois ans...) se trouve ici : http://www.fabula.org/actualites/laurent..._47556.php

