09-10-2014, 19:17
(This post was last modified: 09-10-2014, 19:20 by Daniel Lauzon.)
J'ai réfléchi à cette question sous plusieurs angles, et je me suis également intéressé aux traductions en d'autres langues, notammment celle en espagnol, où le tutoiement est beaucoup plus répandu, entre Gandalf et les hobbits, et Aragorn, par exemple. J'ai trouvé que cela faisait très enfantin. Et sans parler de l'usage actuel en France (plus conservateur qu'en Amérique, par exemple), l'ancienne traduction nous avait habitués, à raison, je pense, à une certaine distance respectueuse entre Gandalf et les hobbits.
Pour Bombadil, tu as vu juste, Sosryko. Autorité mais affabilité et générosité. Bombadil est à part, il ne vouvoie personnne. Pourquoi le ferait-il ? Il me semble que ça cadre. Mais évidemment, c'est très subjectif !
Quant à Gildor, c'est lui qui a parti le bal. C'est un Elfe, quand même, sans être un grand seigneur de la stature d'Elrond ; il s'adresse à de simples hobbits, et au début, sa manière rappelle celle des Elfes à l'arrivée de Thorin et Cie à Fendeval : légère et railleuse. Il appelle Frodo par son prénom et fait référence à son oncle de la même manière ; alors que Frodo ne l'a même jamais rencontré.
Pour ce qui est de Sam, on ne peut pas nier que le clivage social se ressent très nettement même en anglais. Les trois autres hobbits sont tout à fait différents de lui : Frodo est un riche bourgeois, Pippin et Merry sont les héritiers des chefs de leurs clans respectifs. Tous considèrent Sam comme "le serviteur de M. Frodo Bessac". À Brie, Frodo présente ses compagnons : "M. Touc, M. Brandibouc, et Sam Gamgie". Je n'ai pas voulu être "moderne" au point de gommer l'un des aspects les plus importants d'un des personnages les plus marquants du livre, même si de nos jours, on peut avoir du mal avec ce genre de choses. La seule exception est Aragorn, qui voussoie tout le monde, y compris Sam.
Aragorn est vouvoyé de tous, sauf de Celeborn et de Galadriel. Cela tient du fait qu'il est un Homme, de haute lignée certes mais un Homme, et qu'ils l'ont connu auparavant alors qu'il avait (tout au plus !) une cinquantaine d'années, notamment en tant que prétendant à la main d'Arwen... la fille d'Elrond et la petite-fille de Galadriel ! Galadriel s'adresse à lui comme à un protégé. Quant à Celeborn, sa manière est plutôt haute, de toute façon. Dans le passage cité par Sosryko, p. 473, je crois que les vieilles habitudes m'ont rattrapé, sans que ni moi ni personne ne se rende jamais compte de l'erreur. Il faudra apporter des corrections.
Pour ce qui est de Galadriel et de Frodo, c'est un cas particulier. Lorsque la Compagnie rencontre Galadriel pour la première fois, celle-ci établit déjà, sans mot dire, un lien très fort avec le Porteur de l'Anneau, lien qui se confirmera lors de l'épisode du Miroir où il sera révélé que Galadriel porte elle aussi un Grand Anneau. Galadriel tutoie Frodo pour marquer cette compréhension immédiate qu'elle a de lui, ce lien intangible qui les unit, la connaissance intime du Pouvoir Noir, entre autres. Et elle peut dire à Frodo, après qu'il ait vu l'Œil dans le Miroir : "Je sais ce que tu as viens de voir, car cela occupe mes pensées aussi. N'aie pas peur !"
Pour Bombadil, tu as vu juste, Sosryko. Autorité mais affabilité et générosité. Bombadil est à part, il ne vouvoie personnne. Pourquoi le ferait-il ? Il me semble que ça cadre. Mais évidemment, c'est très subjectif !
Quant à Gildor, c'est lui qui a parti le bal. C'est un Elfe, quand même, sans être un grand seigneur de la stature d'Elrond ; il s'adresse à de simples hobbits, et au début, sa manière rappelle celle des Elfes à l'arrivée de Thorin et Cie à Fendeval : légère et railleuse. Il appelle Frodo par son prénom et fait référence à son oncle de la même manière ; alors que Frodo ne l'a même jamais rencontré.
Pour ce qui est de Sam, on ne peut pas nier que le clivage social se ressent très nettement même en anglais. Les trois autres hobbits sont tout à fait différents de lui : Frodo est un riche bourgeois, Pippin et Merry sont les héritiers des chefs de leurs clans respectifs. Tous considèrent Sam comme "le serviteur de M. Frodo Bessac". À Brie, Frodo présente ses compagnons : "M. Touc, M. Brandibouc, et Sam Gamgie". Je n'ai pas voulu être "moderne" au point de gommer l'un des aspects les plus importants d'un des personnages les plus marquants du livre, même si de nos jours, on peut avoir du mal avec ce genre de choses. La seule exception est Aragorn, qui voussoie tout le monde, y compris Sam.
Aragorn est vouvoyé de tous, sauf de Celeborn et de Galadriel. Cela tient du fait qu'il est un Homme, de haute lignée certes mais un Homme, et qu'ils l'ont connu auparavant alors qu'il avait (tout au plus !) une cinquantaine d'années, notamment en tant que prétendant à la main d'Arwen... la fille d'Elrond et la petite-fille de Galadriel ! Galadriel s'adresse à lui comme à un protégé. Quant à Celeborn, sa manière est plutôt haute, de toute façon. Dans le passage cité par Sosryko, p. 473, je crois que les vieilles habitudes m'ont rattrapé, sans que ni moi ni personne ne se rende jamais compte de l'erreur. Il faudra apporter des corrections.
Pour ce qui est de Galadriel et de Frodo, c'est un cas particulier. Lorsque la Compagnie rencontre Galadriel pour la première fois, celle-ci établit déjà, sans mot dire, un lien très fort avec le Porteur de l'Anneau, lien qui se confirmera lors de l'épisode du Miroir où il sera révélé que Galadriel porte elle aussi un Grand Anneau. Galadriel tutoie Frodo pour marquer cette compréhension immédiate qu'elle a de lui, ce lien intangible qui les unit, la connaissance intime du Pouvoir Noir, entre autres. Et elle peut dire à Frodo, après qu'il ait vu l'Œil dans le Miroir : "Je sais ce que tu as viens de voir, car cela occupe mes pensées aussi. N'aie pas peur !"

