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[Parution] Nouvelle traduction française du "Seigneur des Anneaux"
Hyarion, prétendre que la traduction de Ledoux va co-exister avec la traduction de Daniel Lauzon sous prétexte que les livres d'occasion continueront à se vendre est tout de même d'une sacrée mauvaise foi.
Non, la traduction de Ledoux a vocation a être remplacée par celle de D. Lauzon, que ce soit bien ou mal, c'est un fait. Et je pense impossible qu'une autre maison d'édition puisse racheter les droit du même titre sous une autre traduction pour la diffuser (et probablement maladroit au niveau marketing)
Semprini Wrote:Il me semble que tu transformes ici de simples suppositions (faites par toi) en certitudes aux allures de procès d'intention
Je suis obligé d défendre mon honneur. Non, ce ne sont pas des suppositions, c'est ce que dit Daniel lui-même :
"La traduction de Ledoux ne sera pas rééditée chez Bourgois, du moins, cela n'est pas envisagé. Pocket ajoutera sans doute à son catalogue la nouvelle traduction du SdA au moment voulu. Les deux versions vont-elles subsister longtemps ? Laquelle des deux l'emportera ? Ce choix appartient entièrement aux éditeurs Poche et Pocket. Les traductions de Ledoux ont été assez largement diffusées pour rester trouvables pendant bien des années encore"
Daniel Lauzon

Donc seule la traduction de Lauzon perdurera pour les nouvelles générations, et celle de Ledoux deviendra lentement une coquetterie d'anciens lecteurs, accessible dans le marché de l'occasion, que les jeunes générations regarderont avec complaisance ("oh l'ôt, il parle de Bilbon Sacquet de Besace, le grand père ! Tout le monde sait qu'il s'appelle Bilbo Bessac Desarcelle. C'bouffon !"


[h]retraduction inutile[/h]
Druss demande des exemple de "créations sincèrement sans intérêt sinon celle de faire différent".
Fort bien. Alors je sais que Daniel se défend en expliquant que chacun de ses choix est forcément mieux que celui de son prédécesseur et que c'est pour cela qu'il a préféré remplacer telle ou telle lettre, mais franchement, était-il plus important de laisser un mot presque identique ou de créer tout un univers parallèle ?
Non, la vraie raison est donnée par Daniel Lauzon lui-même (je le cite plus tard)
  • Brandebouc --> Brandibouc
  • Chèvre-feuille --> Chèvrefeuille
  • Demi-elfe --> Semi-Elfe
  • Suderons --> Sudrons
  • Soucolline --> Souscolline
  • Touque --> Touc
  • Bolger --> Bolgeurre
  • Bophin --> Boffine
  • Beornides --> Béorniens
  • Samsagace Gamegie --> Samsaget Gamgie
  • Piedardent --> Pied-de-Feu
  • Seigneur Ténébreux --> Seigneur Sombre
  • Tous les noms des poneys
  • j'en passe
Sincèrement, vous pensez vraiment que ça valait la peine de modifier ces noms là pour ce résultat là ??

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[h]Droit d'auteur rachetables[/h]
On me demande de justifier ce qui me permet de penser que reprendre les droits d'auteur de Ledoux n'était pas insurmontable.
Alors sur ce terrain je ne suis pas un expert, mais je suppose que les propriétaires de droit d'auteurs sont comme tous les propriétaires. Je suis convaincu que de tels droits peuvent se racheter pour peu de savoir argumenter.
  • Je doute que les héritiers soient ravis d'apprendre que s'ils ne cèdent pas les droits, le colossal travail de leur aïeul disparaîtra dans l'oubli, car tout va être recommencé de zéro.
    Donc déjà, évoquer la pérennité de ce travail pour les afficionados de Tolkien est certainement un argument qui aurait fait mouche[/*]
  • Bien sûr en proposant un prix à la mesure de la valeur de ces droits
Car à présent les héritiers ont tout perdu, et leur droit ne vaudra plus tripette d'ici une décennie. Mais je doute beaucoup que Bourgois ait tenté ce genre de négociation. Encore une fois, il a vu avec D. Lauzon un atout considérable et a préféré faire du neuf pour mieux vendre (et ceci n'est pas péjoratif, je suis dans les affaires, et je comprend complètement ce point de vue).

Cependant, Daniel nous dit plus bas qu'il n'aurait pas beaucoup apprécié reprendre quoi que ce soit d'un autre traducteur. C'est dommage.


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Allez, on prend le taureau par les cornes.
Tout d'abord, Daniel, je veut que vous sachiez que ne renie en rien ce que je disais plus haut, vous êtes pour moi un grand homme (et je n'arrive d'ailleurs pas à te tutoyer quand bien même je m'y efforce), car s'attaquer à une œuvre pareille et réaliser un travail aussi titanesque relève de l'exploit. Et cet exploit reste une exploit, et vous vaut pour toujours une immense considération. Et je vous parle comme je parlerai à Francis Ledoux s'il avait pu venir en ces lieux, et comme je suis sûr d'autres très critiques envers Ledoux lui parleraient également s'il avait pointé le bout de son nez [small](Je ne sais s'il aurait tenu longtemps ici quand on lit ce qu'on y lit à son sujet)[/small]

[h]Sur le besoin de nouveau[/h]
Daniel Lauzon Wrote:"Le besoin marketing d'une totale nouveauté"
est une invention de son esprit, une sorte de fantasme auquel il revient sans cesse, peut-être pour justifier un parti pris outrancier et finalement déraisonnable, puisqu'il parle sans connaître. Personne ne m'a jamais parlé de ce besoin et je ne l'ai jamais ressenti.

Je cite :
"Que celui qui n'a jamais acheté l'un des re-re-re-re-tirages de Bilbo le Hobbit chez le Livre de Poche, ou l'énième (fausse) intégrale du SdA première mouture chez Pocket (deux maisons qui n'ont d'autre ambition que de vendre le plus de livres possible, en usant de tous les prétextes possibles - ce qui, au demeurant, reste tout à fait légitime, dans un libre marché !) jette la première pierre à Bourgois."
Daniel Lauzon
Je ne sais pas si cette phrase est claire pour tout le monde, mais elle signifie "que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre à ce pécheur". Comprenez bien : ok, il a fait une réédition pour vendre plus, mais les autres faisant pareil, merci de ne pas le critiquer.
je recite
"À l'époque des films du Hobbit, on ne comptait plus les rééditions, chez Poche ou Pocket. Elles ne proposaient rien de neuf, sinon une nouvelle couverture ; mais je ne vous ai pas entendu les critiquer. Ici, on propose du nouveau. Demander 20 euros pour cela, ce n'est tout de même pas la lune. Alors que d'autres éditions vous proposent bien moins pour beaucoup plus. "
Daniel Lauzon

[h]Sur l'obligation de nouveau[/h]
On me reproche ici ou là de me plaindre, et que les nouveaux noms valent bien les anciens, et que si Daniel Lauzon les a retraduit, c'est qu'il y avait une bonne raison linguistique.
Non, il y a surtout une raison légale, indiquée par Isengar et confirmée par Daniel : les noms appartenaient à Ledoux et il était donc OBLIGÉ de les remplacer. Nous avons donc un univers parallèle pas du tout justifié par une meilleure traduction (à part quelques noms sans doute), mais imposé par des motifs légaux. Et là j'en veut encore à Bourgois ne n'avoir pas tenté de négocier les droits de Ledoux ! (ou de nous dire ce qui a cloché)
" cela a été dit plusieurs fois. Les noms de Ledoux appartiennent à Ledoux et sa traduction, point."
C'est qu'en plus le sujet le met en colère... Pourquoi donc ??
"j'ai fait table rase et j'ai produit une traduction en me fondant sur l'original, sur les indications laissées par Tolkien, et sur ma propre créativité
Être contraint à tout refaire du début m'a forcé à pousser plus loin.
Daniel Lauzon
La nouvelle traduction a donc bien été faite sous une contrainte ferme : l'interdiction de reprendre les beaux noms de Ledoux, et donc de tout recréer à zéro, de créer un univers parallèle, puis de défendre coûte que coûte les nouveaux choix pour des motifs linguistiques alors que ce n'est pas là que cela se jouait.

Du coup il n'y a aucune accusation contre Daniel Lauzon, contrairement à ce que l'on veut me faire dire. Il n'y a qu'une lucidité que l'on m'interdit, et un regret : retraduire, oui il fallait le faire, mais détruire de façon systématique le travail de Ledoux, non il ne fallait pas.


[h]Concernant l'Ego[/h]
Je suis écrivain à mes heures perdues, et ce qui est certain, c'est que je profite de toutes les critiques qui me sont faites pour progresser, pour m'améliorer. Je les prend pour des outils de progression, et je considère toujours que si un lecteur n'a pas aimé quelque chose, c'est soit que je l'ai mal expliqué dans le texte (donc mal écrit), soit que c'était une mauvaise idée (il y en a), soit si vraiment après 10 relectures je ne vois pas comment j'aurais pu l'écrire autrement, me dire que ce livre ne lui était pas destiné (et quelque part que j'ai manqué mon public). Et beaucoup d'auteurs ont ce comportement et attendent avec impatience les critiques. Certes, elles blessent, mais du coup on fait encore mieux le coup d'après.

Mais là je vois un comportement tout autre. Ce que je constate surtout c'est que Daniel Lauzon ne tolère aucune remise en cause de son travail (si ce n'est sur des erreurs involontaires), et ne se remet jamais eu cause. Il n'a absolument aucun doute qu'il a fait ce qui était le mieux possible, et qu'aucun autre choix que les siens n'aurait pu être meilleur. Je ne vous connais pas dans le privé, mais c'est l'image publique que vous donnez (parce que votre job est de vendre votre travail peut-être ?)
Pourtant, je lis :
"La voie de la facilité aurait été de conserver les "bons" noms tels quels, et de retraduire le reste. De m'approprier ce qu'il y a de meilleur dans le travail d'autrui, pour le prendre à mon compte, signer le contrat, mettre mon nom sur la 4e de couverture, et hop ! Heureusement, nous sommes à l'ère du droit d'auteur, qui protège les auteurs [...] des traducteurs improvisés et sans scrupules"
Daniel Lauzon
Je comprend fort bien. Daniel aurait trouvé détestable de reprendre un seul mot de Ledoux, car il aurait assimilé cela à un travail improvisé, sans scrupule. Du vol. Il me semblait avoir lu sous sa plume qu'un "traducteur digne de ce nom" ne reprenait pas le travail d'un autre. (mais le message a peut-être été modifié depuis, cela ne laisse plus de traces...)

Pourtant le travail ici à faire, à mon avis, n'était pas de satisfaire le traducteur (capable de se dire "c'est moi qu'ait tout fait tout seul"), mais bien le lectorat, habitué à des noms qui avaient le droit de perdurer tant qu'aucun motif linguistique n'imposait sa disparition.




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[small]J'avoue que c'est plus dur de te critiquer maintenant que je sais que tu es Greenleaf, mais je me dois d'argumenter sur mes propos.[/small]
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