24-04-2022, 09:50
Mais au contraire ! cette relecture par des yeux bienveillants est très bienvenue.
Le « pour toi-même » s'impose de soi, c'est un manque d'attention de ma part.
Les ossements de Saint Brendan sont certainement devenus des reliques, mais pour autant je préfère éviter d'introduire si visiblement cette idée que l'original n'explicite pas.
J'ai considéré en cours de traduction la locution « rivages inconnus » qui sont sans doute la manière la plus heureuse, sinon usuelle, de porter cette idée en français. L'alternative était :
Là où le monde rond plonge soudainement
Et l'ancienne voie continue
Comme un pont invisible courant sur ses arches
Vers des rivages inconnus.
Mais je trouve qu'on y perd en vigueur, et que l'idée ne ressort pas assez que ces rivages ne sont pas seulement inconnus, mais bien inaccessibles. En anglais aussi, je perçois coasts that no man knows comme bien plus fort qu'un simple unknown coasts (ou coasts unknown si l'on se permet une postposition poétique de l'adjectif). J'ai donc choisi de garder l'expression « la route ancienne » pour traduire the old road et la mettre en valeur à la rime, et tant pis pour la rupture de registre qui me semble finalement moins gênante. Je suis plus satisfait personnellement de cette solution, mais à un moment cela devient une question de goût !
Et pour rebondir sur le commentaire d'Isengar, je trouve que The Notion Club Papers (et dans une moindre mesure The Lost Road) sont trop rarement considérés dans le cadre du Légendaire. Certainement du fait de leur caractère fragmentaire et inachevé, et du fait que Tolkien a fini par trouver une autre médiation pour faire le lien entre son Légendaire et notre monde, au moyen du Livre Rouge de la Marche de l'Ouest. J'apprécie particulièrement The Notion Club Papers du fait de leur écriture très différente du reste de l'œuvre alors que le thème est profondément tolkiénien. Dommage que l'expérience ait tourné court : il faut donc se contenter de rivages aperçus sans être tout à fait découverts
Le « pour toi-même » s'impose de soi, c'est un manque d'attention de ma part.
Les ossements de Saint Brendan sont certainement devenus des reliques, mais pour autant je préfère éviter d'introduire si visiblement cette idée que l'original n'explicite pas.
J'ai considéré en cours de traduction la locution « rivages inconnus » qui sont sans doute la manière la plus heureuse, sinon usuelle, de porter cette idée en français. L'alternative était :
Là où le monde rond plonge soudainement
Et l'ancienne voie continue
Comme un pont invisible courant sur ses arches
Vers des rivages inconnus.
Mais je trouve qu'on y perd en vigueur, et que l'idée ne ressort pas assez que ces rivages ne sont pas seulement inconnus, mais bien inaccessibles. En anglais aussi, je perçois coasts that no man knows comme bien plus fort qu'un simple unknown coasts (ou coasts unknown si l'on se permet une postposition poétique de l'adjectif). J'ai donc choisi de garder l'expression « la route ancienne » pour traduire the old road et la mettre en valeur à la rime, et tant pis pour la rupture de registre qui me semble finalement moins gênante. Je suis plus satisfait personnellement de cette solution, mais à un moment cela devient une question de goût !
Et pour rebondir sur le commentaire d'Isengar, je trouve que The Notion Club Papers (et dans une moindre mesure The Lost Road) sont trop rarement considérés dans le cadre du Légendaire. Certainement du fait de leur caractère fragmentaire et inachevé, et du fait que Tolkien a fini par trouver une autre médiation pour faire le lien entre son Légendaire et notre monde, au moyen du Livre Rouge de la Marche de l'Ouest. J'apprécie particulièrement The Notion Club Papers du fait de leur écriture très différente du reste de l'œuvre alors que le thème est profondément tolkiénien. Dommage que l'expérience ait tourné court : il faut donc se contenter de rivages aperçus sans être tout à fait découverts

