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Une traduction personnelle
#24
Une consultation rapide d'un vieil exemplaire en plusieurs volumes de l'<i>Oxford English Dictionary</i> (Londres, Oxford University Press, 1933, réimpr. 1961) m'a permis de constater que, sauf erreur d'inattention de ma part, aucune entrée “<i>Fire-weed, fireweed</i>” n'y figure (dans le volume IV, on passe directement de “<i>Fire-water</i>” à “<i>Fire-wood, firewood</i>”). L'entrée “<i>Weed</i>” (dans le volume XII), pour ce qui est seulement du sens végétal que peut prendre le terme en anglais (y compris pour désigner du tabac, entre autres possibilités), est assez copieuse pour sa part, et signale notamment quelques variantes composées, en fonction des significations :
  • Dans le sens d'une plante plus ou moins aquatique : “[emphase]A plant that grows wild in fresh or salt water. Cf. ORE-WEED, POND-WEED, RIVER-WEED, SEAWEED, WATER-WEED.[/emphase]”
  • Dans le sens d'une plante sauvage diversement désignable : “[emphase]Used, with defining word, to form the names of wild plants, as BINDWEED, COTTONWEED, CUDWEED, DUCKWEED, DYER'S WEED, GREENWEED, HOGWEED, <i>hungerweed</i> [...], IRONWEED, KNAPWEED, KNOTWEED, <i>matweed</i> [...], MILKWEED, MUGWEED, NECKWEED, RAGWEED, <i>yellow-weed</i> [...].[/emphase]”

Cristalgide Wrote:A noter que Rudyard Kipling est britannique...

Kipling a beaucoup voyagé et vécu hors de la Grande-Bretagne, ce qui tend à en faire, d'un certain point de vue, un Britannique au sens plein du terme, par rapport à Tolkien qui, lui, n'aimait guère ledit terme, a nettement moins voyagé, et bien que né en Afrique australe s'inscrivait plutôt dans une tendance du type “Little Englander” par certains aspects. Kipling a vécu, séjourné et voyagé en Asie (où il est né), en Europe (y compris en France, car il était francophile, une autre différence avec Tolkien), en Afrique, en Océanie... et aussi en Amérique, ayant notamment traversé les États-Unis en 1889 avant d'y vivre ensuite plusieurs années avec son épouse. C'est de cette époque, précédant son retour en Angleterre en 1896, que date son emploi du terme “<i>fire-weed</i>” dans l'article que tu mentionnes, publié dans la presse britannique et américaine en 1892 avant d'être plus tard intégré dans le recueil <i>Letters of Travel (1892-1913)</i> publié en 1920 : https://www.kiplingsociety.co.uk/journal...eway-7.htm.
Cela a vraisemblablement contribué à la diffusion, au moins dès les années 1890 (si ce n'est avant), d'un terme de l'anglais américain dans l'aire linguistique britannique, bien que je n'ai pas trouvé d'entrée “<i>Fire-weed, fireweed</i>” dans l'édition de l'<i>Oxford English Dictionary</i> dont j'ai parlé plus haut. Tolkien connaissait, en tout cas, l'œuvre de Rudyard Kipling, au moins en partie (Kipling a reçu le prix Nobel de littérature en 1907, à seulement 42 ans : il était très connu) : envisager celle-ci comme une source possible, parmi d'autres, me parait tout-à-fait raisonnable (le personnage de Puck dans <i>Puck of Pook's Hill</i> de Kipling fait partie des sources d'inspiration vraisemblables pour les Hobbits de Tolkien, notamment s'agissant de leurs pieds si particuliers).

Et n'oublions pas que Tolkien, en dépit d'un horizon culturel et esthétique personnel surtout orienté vers le Moyen Âge et le Nord/Nord-Ouest de l'Europe, n'était pas rétif à certaines influences américaines post-médiévales (américaines dans un sens large) : le tabac de sa pipe, qui est aussi l'herbe à pipe de ses Hobbits (herbe que certains ont cru pouvoir assimiler à une certaine “weed” pour amateurs de cigarettes qui font rire), ne trouve-t-il pas son origine historique en Amérique (centrale) ? ;-)

<i>Peace and Love</i>,

B.
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