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Mythopoeia
#22
Allez, je vais me lancer.

[colonne][gauche=Mythopoeia, §1]You look at trees and label them just so,
(for trees are ‘trees’, and growing is ‘to grow’);
you walk the arth and tread with solemn pace
one of the many minor globes of Space:
a satr's a star, some matter in a ball
compelled to courses mathematical
amid the regimented, cold, Inane,
where destined atoms are each moment slain.
[/gauche][droite]Tu regardes les arbres et tu les appelles bien ainsi
(on les appelle « arbres » tout comme on désigne par « pousser » ce qui pousse) ;
tu marches sur la terre et foules d'un pas solennel
l'un de ces nombreux petits globes disséminés dans l'Espace.
Pour toi, une étoile est une étoile : rien de plus qu'une boule de matière
aux courses mathématiquement contraintes,
inscrites dans l'Absurdité glaciale et inexorable,
pour chaque atome à tout instant le destin mortel.[/droite][/colonne]

On voit déjà ici l'enjeu premier du débat, son point de départ : non pas croire ou ne pas croire en Dieu (cela viendra peut-être après) mais celui du matérialisme. Pour Philomythus, la question du langage et celle de la poésie sont nécessairement liées à la prise de position (philosophique) pour ou contre le matérialisme. Les « arbres » ne sont-ils qu'un mot pour désigner une réalité sans signification autre que matérielle (sans « essence ») ? Idem pour les étoiles : ne sont-elles rien de plus que leurs causes matérielle (boule de matière) et efficiente (leurs courses mathématiquement contraintes) — causes antérieures privées de sens et de finalité objectifs ?
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