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Mythopoeia
#34
Hyarion Wrote:Cela me parait bien dans l'ensemble. :-)

Pour ce qui est des 8e et 9e vers, une suggestion :
[emphase]telles sinistres ou délicates, telles belles ou étranges,
chacune en propre, sauf comme parenté[/emphase]

Merci beaucoup Benjamin.
Pour le 8e à réfléchir ... tu exprimes encore mieux ce que j'ai écrit mais cela amplifie aussi mon écart avec l'original (je passe d'une énumération à 4 à une énumération à 2 d'une certaine façon).
Pour le 9e tu as raison : de la façon que tu proposes ou d'une autre il serait meilleur de conserver l'idée de parenté ; et même mon début gagnerait à être moins surtraduit comme il l'est actuellement (j'ai forcé la signification philosophique avec l'opposition propre / commun alors que le poète oppose étranger / parent) ; à perfectionner tout cela !

Quote:
Yyr Wrote:Et la deuxième partie de la strophe :
[...]
[emphase]les arbres sylvestres,
la terre tellurienne, et les étoiles stellées[/emphase]

J'avoue que je ne vois pas trop l'intérêt, même esthétique, de ces redondances... mais c'est la faute de Tolkien. ;-)
Ceci dit, c'est peut-être une manière d'exprimer, en quelque sorte, la matérialisation des choses...

C'est en effet volontaire de la part de Tolkien, et même très important. Nous sommes dans cette séquence introductive où il dialogue avec la pensée matérialiste. Ce début de strophe reformule et prolonge la fin de la précédente : toutes ces formes qui nous entourent quoique matérielles ne sont pas faites de la même matière indifférenciée ; elles ont chacune leur matière ... tout en provenant cependant d'une origine commune.

[small]C'est peut-être sur ce problème même qu'a commencé toute la philosophie occidentale — quand Thalès ouvre une discipline nouvelle (distincte aussi bien des mathématiques mais ayant à cœur de faire honneur à la rationalité des mathématiques, que de la religion (mythologique) mais ayant à cœur de prendre au sérieux les questions posées par elle) en cherchant à expliquer rationnellement d'où peut bien venir ou procéder toute chose. « Tout est flotte » propose-t-il alors :). En fait, au-delà de sa réponse qui peut amuser, son raisonnement était génial, car ce qu'il cherchait, c'était à identifier un principe commun au devenir de toute chose. Le premier il cherchait à rendre raison du fait qu'aucune chose n'est jamais si différente qu'elle ne possède quelque chose de commun avec les autres. Je passe sur les propositions de ses successeurs. Tous buttèrent jusqu'à ce qu'Aristote distingue entre matière première (commune à toute chose) et matière seconde (la première actualisée différemment selon les formes, ce qui nous donne des substances différentes les unes des autres). On retrouve à cet égard des échos aristotéliciens dans les « Fragments sur la Réincarnation elfique » (NoMe ; cf. l'Effigie des Elfes édité par Michaël), dont le point de départ est le même que celui du bateau de Thésée (lequel est aussi, pour information, le point de départ de la réflexion de l'un des transhumanistes les plus influents : Max More).[/small]
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