10-12-2025, 20:06
Une petite strophe, moins fatigante :
[colonne][gauche=Mythopoeia, §4]He sees no stars who does not see them first
of living silver made that sudden burst
to flame like flowers beneath an ancient song,
whose very echo after-music long
has since pursued. There is no firmament,
only a void, unless a jewelled tent
myth-woven and elf-patterned; and no earth,
unless the mother's womb whence all have birth.[/gauche][droite]Il ne voit pas d'étoiles celui qui ne les a pas d'abord vues
de vif argent éclater soudainement,
comme les fleurs d'un ancien chant
dont il aurait depuis conservé l'écho. De même,
le firmament n'existe pas, seulement un vide,
à moins qu'une tente tissée de perles et de mythes, elfiquement ornée, ne le manifeste ;
pas plus que la terre, à moins que ne la manifestent
les entrailles d'une mère en qui toute chose prend naissance.[/droite][/colonne]
Il me semble qu'on est justement en lien avec la remarque suscité par toi, Benjamin, sur voir et nommer.
Pour nommer ce que l'on voit il faut déjà voir.
Notre rapport aux choses et notre connaissance passent donc nécessairement d'abord par nos sens.
[small]Ce n'est pas un disciple de Hume que je vais chagriner en disant cela ;).[/small]
Mais Tolkien va plus loin encore : notre sensibilité comprend l'imagination, donc notre sensibilité en acte convoque inévitablement notre imagination [small](à différents degrés selon les uns et les autres, c'est entendu)[/small], et notre imagination ne peut pas ne pas fonctionner humainement c'est-à-dire, comparativement avec l'animal, adossée à notre raison : l'homme, nécessairement [small](à différents degrés toujours : n'est pas Hugo ou Tolkien qui veut !)[/small], est poète, il œuvre avec son imagination : c'est la fantaisie.
[small]Et j'ai oublié ce par quoi je voulais terminer mais ce n'est pas bien grave.
[édit:] Ah si ça y est. Cela me fait penser à la conférence de Diego Klautau aux Bernardins au printemps dernier.
Le titre de sa conférence était : « The Middle-earth of J.R.R. Tolkien as a land of Fairies between the world of senses and the world of Ideas : an approach to Beauty ».
Diego développe cette spécificité tolkienienne où la fantaisie a, dans la connaissance (au moins la connaissance du beau), ce rôle intermédiaire entre le monde des sens et celui des idées.[/small]
[colonne][gauche=Mythopoeia, §4]He sees no stars who does not see them first
of living silver made that sudden burst
to flame like flowers beneath an ancient song,
whose very echo after-music long
has since pursued. There is no firmament,
only a void, unless a jewelled tent
myth-woven and elf-patterned; and no earth,
unless the mother's womb whence all have birth.[/gauche][droite]Il ne voit pas d'étoiles celui qui ne les a pas d'abord vues
de vif argent éclater soudainement,
comme les fleurs d'un ancien chant
dont il aurait depuis conservé l'écho. De même,
le firmament n'existe pas, seulement un vide,
à moins qu'une tente tissée de perles et de mythes, elfiquement ornée, ne le manifeste ;
pas plus que la terre, à moins que ne la manifestent
les entrailles d'une mère en qui toute chose prend naissance.[/droite][/colonne]
Il me semble qu'on est justement en lien avec la remarque suscité par toi, Benjamin, sur voir et nommer.
Pour nommer ce que l'on voit il faut déjà voir.
Notre rapport aux choses et notre connaissance passent donc nécessairement d'abord par nos sens.
[small]Ce n'est pas un disciple de Hume que je vais chagriner en disant cela ;).[/small]
Mais Tolkien va plus loin encore : notre sensibilité comprend l'imagination, donc notre sensibilité en acte convoque inévitablement notre imagination [small](à différents degrés selon les uns et les autres, c'est entendu)[/small], et notre imagination ne peut pas ne pas fonctionner humainement c'est-à-dire, comparativement avec l'animal, adossée à notre raison : l'homme, nécessairement [small](à différents degrés toujours : n'est pas Hugo ou Tolkien qui veut !)[/small], est poète, il œuvre avec son imagination : c'est la fantaisie.
[small]Et j'ai oublié ce par quoi je voulais terminer mais ce n'est pas bien grave.
[édit:] Ah si ça y est. Cela me fait penser à la conférence de Diego Klautau aux Bernardins au printemps dernier.
Le titre de sa conférence était : « The Middle-earth of J.R.R. Tolkien as a land of Fairies between the world of senses and the world of Ideas : an approach to Beauty ».
Diego développe cette spécificité tolkienienne où la fantaisie a, dans la connaissance (au moins la connaissance du beau), ce rôle intermédiaire entre le monde des sens et celui des idées.[/small]

