23-12-2025, 06:13
sosryko Wrote:v.119 [emphase]« Je n’évoluerai pas avec tes singes progressistes »[/emphase] : évoluer plutôt que marcher, cela m'a semblé évident ;-)
Pourquoi pas mais cela n'a rien d'évident et cela surtraduit (tout comme moi avec sapiens). Je pense qu'il est utile de conserver l'idée de marcher avec, d'être enrôlé ...
Quote:v.120 [emphase]« ceux qui sont debouts et ceux qui sont sapients. »[/emphase] : le texte original étant allusif, je préfère conserver sapient plutôt que d'expliciter en sapiens. Non seulement parce que le terme existe en français, mais parce qu'il suggère une intelligence qui est liée à la sagesse. La tournure est ironique. La suite suggère que le progrès finit par tourner en rond et que celui qui est debout s'incline en réalité devant la Couronne de Fer de la nécessité. Donc l'homme est prétentieux et aveugle en s'autodéfinissant [emphase]« erect and sapient »[/emphase].
Quelle erreur de ma part qui avais cru lire dans l'original sapiens au lieu de sapient !
En revanche, pas d'accord pour debout : celui qui est dressé non seulement est debout mais encore renvoie à erectus, ce qui me paraît plus que voulu.
C'est le seul endroit où je serais catégorique
.En outre, dressé compte autant de pieds que debout (arf).
Quote:v.125 [emphase]« ta voie poussiéreuse et égale »[/emphase] : égale (plutôt que plat ou unie) pour anticiper le vers suivant où ceci = ceci et cela = cela (mort de l'activité symbolique du langage).
Oui, c'est mieux !
Quote:v.128 [emphase]« le petit créateur et son art n’ont rien en commun. »[/emphase] : pour moi, ce [emphase]« maker »[/emphase] renvoie évidemment au [emphase]« legend-markers »[/emphase] précédents. Traduire par [emphase]« artisans »[/emphase] ou [emphase]« bâtisseurs »[/emphase] ici ou précédemment est possible, mais ce serait passer à côté du fait que ce paragraphe contient la mention de Dieu, qui est évidemment, pour Tolkien, [emphase]« the Maker of all things »[/emphase]. (cf. Esaïe 44,24 (Douay-Rheims) : [emphase]« Thus saith the Lord thy redeemer, and thy maker, from the womb: I am the Lord, that make all things, that alone stretch out the heavens, that establish the earth, and there is none with me. »[/emphase]).
Je ne crois pas, en tout cas, qu'on puisse accepter la traduction que tu proposes de ce vers, Yyr ([emphase]« celui d'un monde immuable sans aucune part / laissée au petit artisan et à son art. »[/emphase]), car :
- le texte ne dit pas que le [emphase]« monde immuable »[/emphase] ne laisse pas de place au [emphase]« petit artisan »[/emphase] ou à son art, mais que ce [emphase]« petit artisan »[/emphase] n'a aucune part avec sa propre œuvre !
- il me semble bien que le texte original veut souligner combien une vision matérialiste du monde, par sa puissance de désymbolisation, rend l'homme incapable de se comprendre en tant que sub-créateur : devenu technicien de langage, capable de distinguer précisément [emphase]« ceci »[/emphase] et précisément [emphase]« cela »[/emphase], il décrit chaque partie du monde de manière univoque, sans comprendre que le pouvoir qu'il a de créer des formes douées de raison et des mondes autonomes par son imagination l'invite à envisager qu'il est lui-même créature et participant d'une création qui porte la trace d'un Créateur.
On retrouve évidemment la pensée du vers [emphase]« We make still by the law in which we're made. »[/emphase]
Quelle bourde cette fois de ma part !
Et, en outre, tu as bien entendu raison de revenir au (sub)créateur.
Quote:v.119/127 Je ne pense pas enfin qu'il faille passer du tutoiement au vouvoiement ([emphase]« tes singes »[/emphase] > [emphase]« votre monde »[/emphase]) : ne pas oublier que Philomythus s'adresse à Misomythus.
Je ne suis pas convaincu car l'extension me paraît pertinente aussi, mais l'équivoque de l'anglais ne peut être rendue en français.
Je ne suis pas opposé pour autant.
Quote:v.129-130 Conserver le présent.
Pas nécessairement convaincu non plus mais pas opposé
.Quote:[small]HS : pour le couplage philosophie/médecine qu'aurait posé Aristote, je crains que ce soit une erreur d'attribution que Jean Lombard a participé à propager dans ses livres (2004, 2015) en encore en ligne en 2016 (sans jamais donner de référence...). Il est en effet étonnant, après une petite recherche en ligne, de voir un hélléniste attribuer à Aristote une description d'Hippocrate qui est en réalité une citation de ce même Hippocrate, issue d'un de ses écrits : De la bienséance, §5.[/small]
[small]Oh ! Oh ! Merci !!!
Je devrai à l'occasion faire suivre à celui qui m'a induit en erreur (et qui insiste pour revenir aux sources ! nul n'est parfait
).[/small]J'ajoute pour ma part les préférences suivantes :
- v.116 : [emphase]« roi lointain »[/emphase] plutôt que [emphase]« lointain roi »[/emphase]
- v.118 : [emphase]« d'un seigneur qu'on ne voit pas »[/emphase] plutôt que [emphase]« d'un seigneur que nul ne voit »[/emphase] (préférence ténue)
- v.130 : [emphase]« et n'abandonne certes pas mon petit sceptre d'or »[/emphase] plutôt que [emphase]« ni n'abandonne mon petit sceptre doré à terre »[/emphase]
[séparation]
Je ferais donc évoluer ainsi certains vers :
[citation]quand bien même insuffisant et vil, est loyalement
marqué de l’effigie indistincte d'un roi lointain,
qui tissent de gigantesques gonfanons flamboyants
d’emblèmes héraldiques d'un seigneur qu'on ne voit pas.
Je ne marcherai pas avec tes singes progressistes,
tant dressés que sapients, eux devant qui s'ouvre béant
le précipice ténébreux où mène leur progrès
Je ne plie toujours pas devant la Couronne de Fer,
et n'abandonne certes pas mon petit sceptre d'or.[/citation]
[séparation]
Ce que tu proposes reste sans doute au-dessus de ce que j'avais fait.
J'ai quand même une critique à la versification : qui va repasser sur les 10 strophes précédentes ?

[small]Et on a perdu la citadelle
.[/small]

