30-12-2025, 03:39
Avant de reprendre ou commenter sans doute de rares points de l'ouvrage de Sosryko et de le louer comme il se doit ...
Argl ...
Je pense que lire cela, ce jour-là, m'a fait défaillir plus que la fièvre :).
Laisser le soin de compter nos syllabes (et pas n'importe lesquelles : celles de Mythopoeia, et pas par n'importe qui : Sosryko) à une machine !
Ô douleur ! Ô Brûlure ! Ô Désespoir et Fin
de toute chose.
:).
Ok. Merci Damien !
Je comprends maintenant. Je me trouve un peu bête.
Mais je ne suis pas sûr de tout suivre.
- synérèse pour « bien » mais ne vient-il pas de deux syllabes bene ?
- quand tu parles de « poètes modernes », ça remonte à quand ? [small](aux Romantiques ?)[/small] Lamartine écrit Dieu avec une synérèse dans [emphase]« Dieu que l’Hébron connait, Dieu que Cédar adore, »[/emphase] (/Dieu/ et non /Di/eu/).
Par échange séparé, un ami commun, à qui j'ai confié mon désespoir, m'a partagé :
Lui ayant donné pour exemple :
[citation][small]79[/small] son vouloir, serait privé de la grâce ; quant au Mal,
[small]80[/small] voici l'unique et sinistre constat : le Mal existe.[/citation]
Et aussi :
[citation][small]86[/small] auquel ils croient et espèrent, sous l'emprise de l'Ombre.
[small]88[/small] leurs petites arches, fragiles et très peu chargées,[/citation]
Bref.
Mon avis, à ce stade, serait de décider nous-mêmes de ce que nous faisons de nos diérèses et de nos synérèses et ne pas laisser la main à Syllaber sur ce point.
Pour les terminaisons féminines (e caduc ou muet), je bats ma coulpe. Mais elles posent problème devant les ponctuations. Devant les ponctuations moyennes à fortes (à partir du point-virgule) j'aurais tendance à les éviter systématiquement. Devant de simples virgules, ce serait souhaitable mais non impératif. Mais je suis bien d'accord pour compter comme Syllaber sur ce point. [small]Encore que : Bertrand semble dire qu'il lui est arrivé de jouer sur l'élision dans ses traductions des poèmes tolkiéniens (avec de bonnes raisons et sous conditions je n'en doute pas) ... parce que la règle doit rester au service du poème et non l'inverse — quoi qu'il en coûte à Syllaber ;).[/small]
sosryko Wrote:J'utilise désormais systématiquement Syllaber.com, qui n'est pas d'accord avec toi, trouvant 16 pieds à [emphase]« dans nos circonvolutions cérébrales, séparément »[/emphase] tandis qu'il trouve 14 pieds à [emphase]« tissée de mythes, aux motifs elfes ; et nulle terre, »[/emphase] -- tout comme à [emphase]« dans les scissures de notre cerveau, séparément »[/emphase] dont je suis heureux qu'il remonte dans ton estime ;-)
Argl ...
Je pense que lire cela, ce jour-là, m'a fait défaillir plus que la fièvre :).
Laisser le soin de compter nos syllabes (et pas n'importe lesquelles : celles de Mythopoeia, et pas par n'importe qui : Sosryko) à une machine !
Ô douleur ! Ô Brûlure ! Ô Désespoir et Fin
de toute chose.
:).
Elendil Wrote:Virgule ou pas, la syllabe finale d'un mot se terminant par un « e » muet suivi d'une marque du pluriel se prononce toujours, sauf en fin de vers. La règle est immuable. Donc « my/thes, / aux », « el/fes ; / et » : trois pieds chacun ; « cé/ré/bra/les, » : quatre pieds.
La règle de la diérèse et de la synérèse est légèrement moins stricte. En versification classique, il convient de se reporter à l'étymologie latine et de vérifier si les deux voyelles qui se suivent appartiennent à des syllabes différentes en latin. Par exemple, « ac/ti/on », trois pieds, car dérivé du lat. actio. Il en va de même pour la quasi-totalité des mots en « -tion(s) ». Par contre, la synérèse s'applique pour « rien » (< rem), « bien » (< bene), tous deux en une syllabe. Les poètes modernes s'affranchissent occasionnellement de la règle, mais généralement pour mettre l'emphase sur le terme dérogeant à la règle, plutôt que pour se faciliter la vie.
Dans le cas de « circonvolution », cependant, on pourrait éventuellement admettre une synérèse, car le terme est forgé par analogie sur le lat. circumvolutus avec un dérivé analogique en « -ion » apparemment attesté uniquement à partir du XIIIe siècle (mais la logique voudrait que la diérèse se soit appliquée à cette époque, si ma compréhension de la phonologie de l'ancien français est correcte).
Ok. Merci Damien !
Je comprends maintenant. Je me trouve un peu bête.
Mais je ne suis pas sûr de tout suivre.
- synérèse pour « bien » mais ne vient-il pas de deux syllabes bene ?
- quand tu parles de « poètes modernes », ça remonte à quand ? [small](aux Romantiques ?)[/small] Lamartine écrit Dieu avec une synérèse dans [emphase]« Dieu que l’Hébron connait, Dieu que Cédar adore, »[/emphase] (/Dieu/ et non /Di/eu/).
Par échange séparé, un ami commun, à qui j'ai confié mon désespoir, m'a partagé :
Moraldandil m Wrote:Ton problème de prosodie est plus complexe qu'il n'en a l'air. Ça dépend de la force de la ponctuation. Devant un point, c'est toi qui a raison, le e caduc s'élide. Devant une virgule, c'est Jean-Philippe qui a raison, traditionnellement le e caduc se prononce. Et en raison de cette difficulté même... il est traditionnellement proscrit à la césure ! sauf si l'élision est forcée par le fait que le mot suivant commence par une voyelle.
Après, la question est de savoir si vous voulez suivre plus ou moins strictement les règles classiques. Il m'est arrivé de jouer sur l'élision de manière non classique en traduisant des poèmes de JRRT en vers français... mais je ne le ferais pas devant virgule, qui est trop faible, ou quand il y a continuité syntaxique, car cette élision provoque une rupture franche. Quand je veux la forcer, je remplace la virgule par un tiret ou un point-virgule, plus fort (encore faut-il que le contexte s'y prête).
Lui ayant donné pour exemple :
[citation][small]79[/small] son vouloir, serait privé de la grâce ; quant au Mal,
[small]80[/small] voici l'unique et sinistre constat : le Mal existe.[/citation]
Quote:"Son vouloir, serait privé de la grâce ; quant au mal" : problème de terminaison féminine à la césure, à éviter comme elle crée une incertitude sur la prononciation du e muet. Peut se corriger aisément en : [emphase]« son vouloir, serait privé de la grâce : et quant au mal »[/emphase] — le "et" levant l'incertitude en forçant l'élision.
"Voici l'unique et sinistre constat : le mal existe" est un très beau vers, avec deux césures et un rythme 4/6/4. Le e d'unique s'élide naturellement devant voyelle ; celui de sinistre se prononce ; celui d'existe s'élide en fin de vers.
Et aussi :
[citation][small]86[/small] auquel ils croient et espèrent, sous l'emprise de l'Ombre.
[small]88[/small] leurs petites arches, fragiles et très peu chargées,[/citation]
Quote:[Ces] exemples seraient à revoir plus profondément pour éviter les terminaisons féminines à la césure.
Bref.
Mon avis, à ce stade, serait de décider nous-mêmes de ce que nous faisons de nos diérèses et de nos synérèses et ne pas laisser la main à Syllaber sur ce point.
Pour les terminaisons féminines (e caduc ou muet), je bats ma coulpe. Mais elles posent problème devant les ponctuations. Devant les ponctuations moyennes à fortes (à partir du point-virgule) j'aurais tendance à les éviter systématiquement. Devant de simples virgules, ce serait souhaitable mais non impératif. Mais je suis bien d'accord pour compter comme Syllaber sur ce point. [small]Encore que : Bertrand semble dire qu'il lui est arrivé de jouer sur l'élision dans ses traductions des poèmes tolkiéniens (avec de bonnes raisons et sous conditions je n'en doute pas) ... parce que la règle doit rester au service du poème et non l'inverse — quoi qu'il en coûte à Syllaber ;).[/small]

