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Mythopoeia
Ben, ben, nouvelle années, nouvelles propositions Smile

§1-2 / version 3

[séparation]

§1 / version 4 :
[colonne][gauche=Mythopoeia, §1][small]1[/small] You look at trees and label them just so,
[small]2[/small] (for trees are ‘trees’, and growing is ‘to grow’);
[small]3[/small] you walk the earth and tread with solemn pace
[small]4[/small] one of the many minor globes of Space:
[small]5[/small] a satr's a star, some matter in a ball
[small]6[/small] compelled to courses mathematical
[small]7[/small] amid the regimented, cold, Inane,
[small]8[/small] where destined atoms are each moment slain.[/gauche][droite=Mythopoeia, §1]Tu regardes les arbres et les nommes juste ainsi,
(car les arbres sont “arbres” et ce qui pousse est “pousser”);
Tu arpentes la terre et foules d’un pas solennel
l’un de ces globes mineurs et sans nombre de l’Espace
Une étoile est une étoile, ou simple matière en boule
assujettie à servir des orbes mathématiques
dans le Vide le plus froid et déterminé qui soit,
où à chaque instant, face au destin, tombent les atomes.[/droite][/colonne]

[séparation]

v.6 Parce que [emphase]« courses »[/emphase] est employé plus loin, avec la même signication. Donc traduire de la même manière.

[séparation]

§2 / version 4 :
[colonne][gauche=Mythopoeia, §2][small]9[/small] At bidding of a Will, to which we bend
[small]10[/small] (and must), but only dimly apprehend,
[small]11[/small] great processes march on, as Time unrolls
[small]12[/small] from dark beginnings to uncertain goals;
[small]13[/small] and as on page o'erwritten without clue,
[small]14[/small] with script and limning packed of various hue,
[small]15[/small] an endless multitude of forms appear,
[small]16[/small] some grim, some frail, some beautiful, some queer,
[small]17[/small] each alien, except as kin from one
[small]18[/small] remote Origo, gnat, man, stone, and sun.
[small]19[/small] God made the petreous* rocks, the arboreal trees,
[small]20[/small] tellurian earth, and stellar stars, and these
[small]21[/small] homuncular men, who walk upon the ground
[small]22[/small] with nerves that tingle touched by light and sound.
[small]23[/small] The movements of the sea, the wind in boughs,
[small]24[/small] green grass, the large slow oddity of cows,
[small]25[/small] thunder and lightning, birds that wheel and cry,
[small]26[/small] slime crawling up from mud to live and die,
[small]27[/small] these each are duly registered and print
[small]28[/small] the brain's contortions with a separate dint.[/gauche][droite=Mythopoeia, §2]Au commandement d’un Vouloir, auquel nous nous plions
(comme il se doit), mais qui nous apparaît confusément,
opèrent de grands processus, et le temps se déroule
depuis d'obscurs commencements pour des fins incertaines.
Comme sur un folio, palimpseste énigmatique,
des teintes variées masquent lettres et dessins,
advient une multitude inépuisable de formes
sombres ou frêles parfois, sinon belles ou bizarres,
chacune étrangère aux autres bien qu'ayant pour parente
une lointaine Origo : homme et taon, pierre et soleil.
Dieu créa les rochers pétréens*, les arbres sylvestres,
la terre tellurienne, et les étoiles stellées,
et ceux qui marchent sur le sol : hommes homonculaires
aux nerfs qui, touchés par la lumière et les sons, frissonnent.
Les mouvements de la mer, ou le vent dans les rameaux,
l'herbe verte, ou la lourde et lente étrangeté des vaches,
le tonnerre et l’éclair, le cri des oiseaux qui tournoient,
la fange visqueuse qui sort de la boue, vit et meurt :
chacun de ces objets est dûment inscrit et gravé,
d'un repère distinct, dans les scissures du cerveau.
[/droite][/colonne]

[séparation]

§3-4 / Version 2

[séparation]

§3 / Version 3 :

[colonne][gauche=Mythopoeia, §3][small]29[/small] <i> Yet trees are not 'trees', until so named and seen —
</i>[small]30[/small] <i> and never were so named, till those had been
</i>[small]31[/small] <i> who speech's involuted breath unfurled,
</i>[small]32[/small] <i> faint echo and dim picture of the world,
</i>[small]33[/small] <i> but neither record nor a photograph,
</i>[small]34[/small] <i> being divination, judgement, and a laugh,
</i>[small]35[/small] <i> response of those that felt astir within
</i>[small]36[/small] <i> by deep monition movements that were kin
</i>[small]37[/small] <i> to life and death of trees, of beasts, of stars:
</i>[small]38[/small] <i> free captives undermining shadowy bars,
</i>[small]39[/small] <i> digging the foreknown from experience
</i>[small]40[/small] <i> and panning the vein of spirit out of sense.
</i>[small]41[/small] <i> Great powers they slowly brought out of themselves,
</i>[small]42[/small] <i> and looking backward they beheld the elves
</i>[small]43[/small] <i> that wrought on cunning forges in the mind,
</i>[small]44[/small] <i> and light and dark on secret looms entwined.</i>[/gauche][droite=Mythopoeia, §3]Mais l’arbre n’est pas « arbre » avant d’être nommé et vu,
et il ne fut ainsi nommé qu’une fois advenus
ceux qui déroulent le souffle spiralé du langage,
faible écho, image en grisaille de ce qu'est le monde,
mais non pas simple enregistrement ou photographie :
plutôt divination, jugement ou rire encor,
réponse de ceux qui sentirent leur cœur agité
par autant d'élans profonds, impérieux, que provoquent
la vie et la mort des arbres, des bêtes, des étoiles…
— ces libres prisonniers qui attaquaient d’obscurs barreaux,
qui creusaient le prévisible avec leur expérience
et orpaillaient par la raison la veine de l’esprit.
Ils tirèrent lentement d'eux-mêmes de grands pouvoirs,
et regardant derrière eux, ils contemplèrent les elfes
qui œuvraient aux forges astucieuses de l’esprit,
entrelaçant ombre et clarté sur des métiers cachés.[/droite][/colonne]
[séparation]

§4 / Version 3 :
[colonne][gauche=Mythopoeia, §4][small]45[/small] <i> He sees no stars who does not see them first
</i>[small]46[/small] <i> of living silver made that sudden burst
</i>[small]47[/small] <i> to flame like flowers beneath an ancient song,
</i>[small]48[/small] <i> whose very echo after-music long
</i>[small]49[/small] <i> has since pursued. There is no firmament,
</i>[small]50[/small] <i> only a void, unless a jewelled tent
</i>[small]51[/small] <i> myth-woven and elf-patterned; and no earth,
</i>[small]52[/small] <i> unless the mother's womb whence all have birth.</i>[/gauche][droite=Mythopoeia, §4]Nulle étoile il ne voit qui ne voit d'abord les étoiles
créées d'argent vivant, celles qui soudain éclatèrent
pour briller telles des fleurs sous l’effet d’un ancien chant
dont le simple et long écho qui succède à la musique
perdure jusqu’à ce jour. Il n’y a nul firmament,
mais un vide uniquement, sans une tente perlée
aux motifs elfes de mythes tissés; et nulle terre,
sans le ventre maternel qui donne naissance à tous.[/droite][/colonne]
[séparation]

v.45-46
Faut-il corriger ce qui serait un contresens & alors comprendre plutôt l'original comme voulant dire [emphase]« He sees no stars who does not see them first made that sudden burst of living silver »[/emphase], auquel cas il faudrait traduire
[citation]de celles qui soudain éclatèrent en argent vivant[/citation]

[séparation]

§5 / Version 1

§5 / Version 2 :
[colonne][gauche=Mythopoeia, §5][small]53[/small] <i> The heart of man is not compound of lies,
</i>[small]54[/small] <i> but draws some wisdom from the only Wise,
</i>[small]55[/small] <i> and still recalls him. Though now long estranged,
</i>[small]56[/small] <i> man is not wholly lost nor wholly changed.
</i>[small]57[/small] <i> Dis-graced he may be, yet is not dethroned,
</i>[small]58[/small] <i> and keeps the rags of lordship one he owned,
</i>[small]59[/small] <i> his world-dominion by creative act:
</i>[small]60[/small] <i> not his to worship the great Artefact.
</i>[small]61[/small] <i> man, sub-creator, the refracted light
</i>[small]62[/small] <i> through whom is splintered from a single White
</i>[small]63[/small] <i> to many hues, and endlessly combined
</i>[small]64[/small] <i> in living shapes that move from mind to mind.
</i>[small]65[/small] <i> Though all the crannies of the world we filled
</i>[small]66[/small] <i> with elves and goblins, though we dared to build
</i>[small]67[/small] <i> gods and their houses out of dark and light,
</i>[small]68[/small] <i> and sow the seed of dragons, 'twas our right
</i>[small]69[/small] <i> (used or misused). The right has not decayed.
</i>[small]70[/small] <i> We make still by the law in which we’re made.</i>[/gauche][droite=Mythopoeia, §5]Le cœur de l'homme n'est pas un composé de mensonges,
mais sa sagesse provient du seul et unique Sage
dont il se souvient encor. Désormais fort éloigné,
l'homme n'est pas entièrement perdu ni transformé.
En dis-grâce il paraît, il n’est pourtant pas détrôné,
et conserve les lambeaux d’une seigneurie perdue ;
par l’acte créateur, il devait dominer le monde :
il ne lui revient pas d'adorer le grand Artefact,
l’homme est le sub-créateur, à travers qui la lumière
est réfractée et fragmentée depuis le Blanc unique
en de multiples couleurs qui se combinent sans cesse
en formes vivantes qui passent d'un esprit à l'autre.
Si nous avons comblé tous les insterstices du monde
d'elfes et de gobelins, si nous avons érigé
des dieux et des temples de lumière et d’obscurité
ou semé les graines des dragons, c'était notre droit
(bien employé ou non). Or ce droit n’a pas dépéri.
Tels nous sommes créés, nous créons : dans une loi une.[/droite][/colonne]
[séparation]
v.55 Correction d'un contresens.

v.65 Tolkien ne fait pas ici référence à [emphase]« ses »[/emphase] elfes et gobelins dans leur stature finale, mais aux êtres liliputiens du folklore. Il ne faut pas traduire crannies par crevasse mais par quelques chose de plus petit : « fente », [emphase]« fissures »[/emphase], « lézarde »... D'où [emphase]« interstices »[/emphase]. Ceci, correspond à ce droit qui, selon Tolkien, a dans ce cas souvent été employé à mauvaise escient.


S.

PS :
[Image: 1767238976_newyear.jpg]
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