Yyr Wrote:<i>Que mon seigneur ne se fâche pas. Parlerai-je encore</i>
[...]
comme il a été discuté plus haut, n'étant pas dans le cas d'un alexandrin, le milieu du vers n'est pas non plus une contrainte ;
Discuter ne veut pas dire approuver. Si rien n'est contrainte majeure (et rien n'est contrainte majeure si on ne prend pas en compte le milieu du vers, qui est la véritable césure que même les romantiques respectent), inutiles de respecter certaines contraintes mineures... D'où, même si je ne l'ai pas précisé, la majorité des modifications précédentes... Au point où nous en sommes, tout devient question de goût et/ou de choix personnels qui sont difficiles à concilier.
Yyr Wrote:§1
- v. 4 et v. 6 : Je préférais la version précédente, certes moins proche de la vo mot-à-mot mais plus fluide ... même si je suis d'accord qu'idéalement avoir la même traduction en v. 6 et v. 124 serait un plus
- pour le v. 6, un compromis pourrait-il être (?) : [...]
[emphase]« Orbe »[/emphase] s'impose pour moi (il ne s'agit pas d'une idéalité mais d'une nécessité du propos, donc de la traduction).
- [emphase]« assujettie, enchaînée, aux orbes mathématiques »[/emphase] : je préfère éviter le plus possible la traduction d'un terme (ici [emphase]« compelled »[/emphase]) par deux termes indépendants.
- [emphase]« assujettie aux seules orbes mathématiques »[/emphase] : 13 syllabes seulement
- [emphase]« aux orbes liées et serrées par les mathématiques »[/emphase] : même remarque qu'au premier de ces trois compromis + contrainte en 8/6.
Je reste pour l'instant sur ma proposition en 7/7 (cohérente avec la majorité des rythmes de ce paragraphe), mais je ne suis pas contre un équivalent.
Par exemple, que penses-tu de ces autres possibilités (en 6/8 mais avec la césure qui ne tombe pas au milieu d'un mot) : [citation]Une étoile est une étoile, / ou simple matière en boule
[emphase]contrainte à demeurer / sur / des orbes mathématiques,[/emphase]
dans le Vide absolu, le plus déterminé et froid,[/citation]
Ou encore : [citation][emphase]contrainte à circuler / sur / des orbes mathématiques,[/emphase][/citation]
Yyr Wrote:§ 4
- v. 45 : je préférais la version précédente ; je crains que « Nulle étoile il ne voit » passe mal (par ailleurs, pas de contresens selon moi pour répondre à ta question) ;
- v. 46 : une alternative, que j'aurais peut-être tendance à préférer :
créées d’argent vivant, qui éclatent soudainement
- v45 ([emphase]« Nulle étoile il ne voit qui ne voit d'abord les étoiles »[/emphase]) : d'accord avec toi, mais la trad. précédente ([emphase]« Il ne voit pas d'étoiles / qui ne les voit tout d’abord »[/emphase]) est fautive.
Autre proposition, en intégrant ta salution pour v.46 qui a aussi ma préférence (c'est chanson ancienne qui a été chantée dans le passé, c'est aujourd'hui, sous les yeux de celui qui les contemple, que les étoiles peuvent apparaître ainsi) :
[citation][emphase]Les étoiles que nul ne voit, sauf à les voir d'abord [ou : sauf à d'abord les voir (?)]
créées d’argent vivant, qui éclatent soudainement[/emphase][/citation]
Yyr Wrote:§ 5
- v. 55 : Je ne vois pas le contresens initial ni la différence de sens avec cette nouvelle proposition (?). Dans tous les cas, l'ajout du « encor » est bienvenu ! Je suis moins convaincu par la suite sans doute parce que je préférais « séparé » à « éloigné ». Une alternative pourrait être (renouant avec ta version précédente) :
[emphase]dont il se souvient encor. Depuis longtemps séparé,[/emphase]
- v. 58 : Ok pour les lambeaux à la place des guenilles, oui ; en revanche j'aurais tendance à continuer de parler d'« une seigneurie passée » plutôt que « perdue » car la sémantique plus stricte de la perte est déjà convoquée au v. 56.
- v. 65 : oui tu as raison ; de mon côté légère préférence mais très subjective pour « toutes les fissures » plutôt que « tous les interstices », plus facile à prononcer (et comme un écho / jeu de mot fortuit avec les scissures du cerveau)
- v. 66 : bien mieux !
- v. 69 : une syllabe de trop, ce qui se corrige aisément en :
[emphase] (bien employé ou non). Le droit n’a pas dépéri.[/emphase] [ou Ce droit mais la vo a l'article défini ?]
- v.55 : Pour le contresens, tu as raison, il n'y en avait pas et j'en ai introduit un ! On prend donc l'alternative

- v.58 : OK pour [emphase]« passée »[/emphase].
- v. 65 OK : [emphase]« pour toutes les fissures »[/emphase]
- v.69 : Je n'ai pas de mon côté de syllabe de trop (synérèse de bien nous rappelle Damien ! cf. ce document)
+ OK pour réintroduire l'article défini : [emphase]« (bien employé ou non). Or le droit n’a pas dépéri. »[/emphase]
Yyr Wrote:- v. 86 : j'aurais tendance à te proposer :
[emphase]en lequel ils croient et espèrent sous le poids de l'Ombre[/emphase]
Je garde 84 tel qu'il est ; OK pour 86
Yyr Wrote:§ 8
- v. 88 : je préférais avant (pas taper, pas taper) ; et si la virgule gêne, elle n'est pas indispensable :
leurs petites arches fragiles et très peu chargées
virgule ou pas, la césure est bien là (6/8).
Autre proposition :
Heureux les hommes de la race de Noé qui font
des arches qu’ils chargent peu, si exiguës et fragiles,
Yyr Wrote:- v. 89 : pourquoi ne pas simplifier ainsi :
et naviguent à contre-vent en vue d'une chimère
Parce que je trouve cette proposition plus difficile à lire en français que la mienne, et que le and caractérise bien un but : build and steer, faire dans le but de naviguer
Yyr Wrote:- v. 90 : reste difficile ; à noter une alternative (non décisive) :
[emphase]« la rumeur saisie par la foi d'un havre pour refuge »[/emphase]
J'aime en soi, mais cela reste difficile comme tu dis ; ne faudrait-il pas, tout simplement, traduire encore plus littéralement ? cela pourrait donner (en remplaçant « rumeur » par « murmure / ce qui est murmuré ») :
[citation]
le murmure d'un refuge deviné par la foi
le murmure d'un refuge pressenti par la foi
le murmure d'un refuge appréhendé par la foi
un refuge murmuré, appréhendé par la foi
un refuge murmuré, pressenti par la foi
un havre dont la rumeur est pressentie par la foi
un refuge dont le murmure est saisi par la foi
un havre pour abri dont la foi saisit le murmure
un havre pour abri dont la foi saisit la rumeur
[/citation]
... comment n'y avais-je pas pensé avant ? Merci à toi, Yyr, de m'avoir conduit à ça, car il y a là probablement une solution. Il faudrait si possible conserver « foi » en fin de strophe.
Alors, on pourrait obtenir une version 3 qui, par ailleurs, intègrerait une de tes propositions précédentes que j'avais oubliées :
§8 / Version 3:
[colonne][gauche=Mythopoeia, §8][small]87[/small] <i> Blessed are the men of Noah's race that build
</i>[small]88[/small] <i> their little arks, though frail and poorly filled,
</i>[small]89[/small] <i> and steer through winds contrary towards a wraith,
</i>[small]90[/small] <i> a rumour of a harbour guessed by faith.</i>[/gauche][droite=Mythopoeia, §8]Heureux les hommes de la race de Noé qui lancent
leurs petites arches si peu chargées et si fragiles,
pour naviguer à contre-vent en vue d'une chimère,
un refuge dont le murmure est saisi par la foi.[/droite][/colonne]
Yyr Wrote:- et donc de terminer ainsi le poème sur Dieu lui-même — le seul Vrai qui finalise le tout.
Le dernier vers termine bien sur Dieu lui-même. Ce n'est pas le v.134.
L'argument « le e de la terminaison de « reflétée » ne nous fait aucunement contrainte car il ne pose aucune ambiguïté : il ne peut jamais être prononcé ; » s'il pouvait être confirmé, pourrait me convaincre. Mais je ne crois pas (je n'en sais rien!) que la définition d'une finale féminine dépende ou non du fait que le "e" de la terminaison ne se prononce jamais...
Yyr Wrote:Question en passant pour le v. 58 :
and keeps the rags of lordship one he owned,
Oui, c'est une typo (qui se trouve dans FAT) : il faut lire "once" ;-)
S.

