Chapitre 115:
Le Roman de Jean-Marc.2. Adolescence
(par
lambertine, ajouté le 06/01/00 22:23)
|
A 12 ans, j’ai quitté l’orphelinat. Pour le pensionnat.
On pourrait penser que c’est la même chose. Et pourtant, non. Etre au pensionnat, c’est dormir à l’école. Tout simplement. Ce n’est pas difficile quand on aime l’école. Ce n’est pas douloureux. Et moi, j’aimais l’école. Je m’y sentais bien. J’avais des livres, des camarades. Une alcôve que je pouvais prendre pour une chambre à moi seul. Le respect de mes professeurs, à défaut de leur affection. J’étais un bon élève. Ca aide, quand on vit à l’école. Une fois par mois, je rentrais chez ma mère. Chez ma mère, pas à la maison. Ce n’était pas ma maison. Je n’y avais pas de souvenirs d’enfance. Je le reprochais à ma mère. Je lui en voulais. De m’avoir abandonné. De m’avoir rejeté. Confié à d’autres . Condamné à une vie sans amour. Froide. Glacée. Je n’arrivais pas à trouver mes marques dans la vie de famille. Je n’en avais pas fait l’apprentissage. Et pourtant j’en rêvais. De rencontrer une femme. D’en avoir des enfants. De leur donné ce que je n’avais pas reçu. De leur donner ce qui m’avait manqué. De l’amour comme un rêve. Je retrouvais la pension avec joie. C’était là, chez moi. Là, au milieu des autres. Là, seul dans mon alcôve.
J’avais choisi très jeune de consacrer ma vie aux livres. Pas d’en écrire, bien sûr. Je n’avais pas le talent nécessaire. Mais de les conserver. De vivre au milieu d’eux. J’entrepris des études de bibliothécaire. Et rencontrai Hélène. Elle était plus brillante que moi. Plus riche aussi, de par sa naissance. Et belle. Pourquoi m’aima-t-elle ? Je me le demande encore. Pourquoi m’épousa-t-elle ? Parce que j’étais chanceux. Du moins je le croyais.
J'allais construire avec elle ma famille rêvée.
|
|
Voir le
chapitre 115 sur 395
|
|
|