Chapitre 118:
Chapitre 25.3
(par
lambertine, ajouté le 10/01/00 15:44)
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Je les laisse se chamailler en paix. Je suis poisseuse, mes cheveux sont sales, et j’ai besoin de me laver. J’ai envie d’un bain. Pas d’une douche. Je n’aime pas les douches. Je préfère me prélasser dans l’eau tiède, couverte de mousse. Feignante. Hédoniste. Les cheveux répandus sous l’eau. Mais il n’y a qu’une seule baignoire. Je dois me dépêcher pour la prendre la première. Égoïstement. Et pourquoi pas ? « Ils » me reprochent bien de trop m’occuper des autres. Alors, tant pis. Ou plutôt tant mieux. J’occupe la salle de bains, et je me laisse aller. Détendue. Les doigts de pieds en éventail. L’avantage d’être petite étant de pouvoir m’allonger dans la baignoire. Hobbit rules ! Je m’enveloppe dans un peignoir moelleux. Je me fais un turban d’une serviette éponge. Je regagne ma chambre où je m’enfouis sous la couette. Bénis soient mes ronflements des premiers jours. Et bénis soient les éducs qui ne m’ont pas donné de nouvelle compagne de chambre. Égoïste ? Oui. J’admets. J’avoue. Je me sens bien. Je me laisse couler dans le sommeil. Je m’endors. Je… - Diane ! Je m’éveille en sursaut. Jette un coup d’œil à mon réveil. Dix-huit heures. Déjà ! Je me lève en vitesse, saute dans un pantalon, enfile un tee-shirt mauve. Je descends à la suite de Dominique. Nous sommes l’équipe Cuisine et je suis « de pain ». Et officiellement en retard pour accomplir ma tâche : couper les pains, et les porter à table. Ce qui ne prend que quelques minutes. Et n’est pas très difficile, quand on trouve l’interrupteur de la machine. Le problème étant que je ne trouve pas l’interrupteur en question. J’ai beau tourner et retourner autour de l’appareil, inspecter les murs du local, rien n’y fait. Pas d’interrupteur. Et ni Dominique, ni Agnès ne peuvent me renseigner. En désespoir de cause, j’attrape ben au passage. Qui, goguenard, appuie négligemment sur un bouton recouvert de caoutchouc. - Merci ! lui dis-je, me traitant d’imbécile. - Pas de quoi. Qu’est-ce qu’on mange ? J’ai faim… - Plateau de fromage – salade – restes de charcuterie d’hier soir. Il préférerait un plat plus élaboré, mais se contentera de ce qu’il y a. - Si le pain est bon, bien entendu ! Il n’était pas terrible, ce week-end. Jean-Jacques n’est vraiment pas doué pour la boulange : son pain est si dur qu’on pourrait casser des cailloux avec. Je stressais déjà, un peu. A présent je stresse, beaucoup. Même si mon pain me semble bon. Ben chipe une tranche fraîchement coupée, et disparaît dans le salon. Je dépose mon œuvre sur les tables, aide ensuite Marie-Line et Gervaise à faire le service. Je prends place, enfin, auprès des gamins, d’Agnès et de Béatrice. - Tu as été boulangère ? m’interroge Ben, qui n’a plus l’air de se moquer de moi. - Non. Pourquoi ? Je me méfie. Qu’est-ce qu’il a mon pain ? - Il est trop bon, ton pain ! fait Jacob la bouche pleine. T’es sûre que tu n’en as jamais fait, avant ? - Peut-être dans une autre vie. Il est vraiment si bon que ça ? - Si tu ne goûtes pas, tu n’en saura rien. Je goûte donc. Et, sans fausse modestie, je dois reconnaître que les garçons ont raison. Mon pain, mon premier pain, se révèle excellent. Et moi, on ne peut plus fière !
Ce que je ne suis plus, une demi-heure plus tard, lorsque Marie-Line vient m’appeler à comparaître dans l’aquarium. - Tu es restée dans ta chambre, après ta douche, me reproche l’éducatrice. Je ne nie pas. A quoi bon, d’ailleurs. Le sport m’a fatiguée, je me suis endormie. - C’est interdit. Après le sport, vous avez le droit de vous laver. Pas de paresser dans vos chambres. Le temps salon n’est pas du temps libre. Tu seras sanctionnée. A ton avis, que mérites-tu ? Ce que je mérite ? Pour avoir somnolé pendant l’après-midi ? - Un examen d’urine ?
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