Chapitre 126:
Le Roman de Jean-Marc. 4. Chute libre
(par
lambertine, ajouté le 24/01/00 15:59)
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J’ai quitté l’hôpital en décembre. Les fêtes auraient dû être propices à ma réconciliation avec Hélène. Le Jour de l’An n’est-il pas idéal pour prendre de bonnes résolutions ? Travailler moins. Être plus présent auprès de ma famille. Ne plus chercher l’oubli dans l’alcool. Si j’avais été le héros d’un conte, ou d’une série américaine, tout aurait été bien qui finissait bien.
Mais dans la vie réelle, les fêtes ne font qu’exacerber les conflits, et les résolutions du Jour de l’An éclatent telles des bulles de Champagne dès que les cotillons sont balayés. Hélène ne voulait plus de moi pour époux. Point final. Alors, plutôt que d’arrêter de boire, j’augmentai ma consommation d’alcool de façon vertigineuse. A quoi bon fournir des efforts ? Je vivais seul, désormais, dans un petit appartement. J’avais laissé à mon épouse le chien, la maison, et la garde d’enfants qui ne voulaient plus de moi.
Comme un alcoolique fait un mauvais collègue, il ne fallut pas longtemps à mon patron pour se trouver un nouveau bras droit. Et pour m’indiquer, une substantielle prime de licenciement à la clé, la porte de sortie. Seul. Je me retrouvais seul. Non pas, comme quand j’étais enfant, seul au milieu des autres. Mais vraiment seul. Avec quelques livres. S’il peut combler l’intelligence, Céline ne réchauffe pas les pieds. Ni le cœur.
Rechercher du travail ? Je n’en éprouvais pas le goût. J’avais de l’argent. Ma bouteille. Mes quatre murs. Mes illusions perdues. Ma famille idéale ne voulait plus de moi. Parce que je ne valais plus rien. Ou parce que l’idéal n’existe pas.
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