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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 128: Chapitre 27.2
(par lambertine, ajouté le 31/01/00 00:09)


- Diane ! Tu n’oublies pas notre entretien, j’espère ?
Non. Bien sur que non. Je n’aime pas Danielle. Mais Danielle est mas psy, et je ne suis pas mentalement malade au point de ne pas savoir que je le suis, et que j’ai besoin d’aide. Et qu’elle est censée être là pour m’aider. Et que, comme les entretiens qu’elle m’accorde sont rares, je ne les oublie pas. Je me change, et vais la rejoindre dans son bureau. Elle écrit, me fait signe de m’asseoir, sans un mot. J’attends. Je m’impatiente, mais ne dis rien. Elle finit par me jeter un regard par-dessus ses lunettes. Elle sourit. Est-ce ironique ou pas ? Je n’en sais rien. Elle continue à écrire. Je suis de plus en plus nerveuse. Je voudrais me lever et quitter la pièce. Je n’en fais rien, et continue à me taire.
- Tu es en colère ?
- Non.
En colère ? Non. A cran, certainement. J’ai l’impression d’être prise pour une imbécile.
- Tu n’as pas obéi aux consignes, au groupe corporel.
- Non.
Elle attend mes explications. Normal. J’ai conscience de ne pas m’être comportée de façon « convenable ». De façon « normale » pour une curiste. A moi de lui dire pourquoi, de donner les raisons qui m’ont fait abandonner l’exercice. J’ai du mal à m’exprimer clairement.
- Je ne pouvais pas, c’est tout.
- Dis-moi pourquoi.
- Il n’y a pas de « pourquoi ». « Parce que ». Voilà.
- « Parce que » ! Tu n’as plus cinq ans, Diane. Tu as dix fois cinq ans. Et tu sais très bien que je ne me contenterai pas d’une réponse de cour de récréation. D’un « parce que ». Alors, j’écoute.
- Je ne suis pas ici pour faire du mal aux autres mais pour me soigner, moi.
- Tu ne devais faire de mal à personne.
Mais si ! Bin Dieu, si ! Et elle le sait très bien. Elle sait très bien que je ressentais le malaise d’Aurélien dans mon corps, dans mes tripes. Que je ne pouvais pas y participer. Que j’en frissonne encore.
- Tu es très proche d’Aurélien, n’est-ce pas ?
Ma méfiance se réveille. Je me mets mentalement aux aguets. Sur la défensive.
- Je l’aime bien. C’est un gentil garçon.
- Tu le trouves séduisant ?
Séduisant ? Je ne me suis jamais posée la question en ces termes. Il est mignon. Intelligent. Bien élevé. Joli garçon, oui, pour qui aime le look romantique et les cheveux bouclés. Mais j’ai près de vingt ans de plus que lui !
- Je pourrais. Je pourrais si j’étais ma fille. Mais je ne suis pas ma fille. Je suis une femme mûre, et lui n’est qu’un jeune homme.
- N’empêche. Il t’attire.
S’il m’attire ? Non. En revanche, Danielle m’agace.
- Il t’attire, et il n’est pas le seul. Tu passes beaucoup de temps avec les jeunes gens.
Oui. Bien sûr. C’est vrai. Je passe beaucoup de temps avec eux. Je passe même le plus clair de mon temps avec eux. Je les aime bien. Leur compagnie me fait du bien. Comme celle de mes enfants, et de leurs amis. De mes amis.
- Lequel d’entre eux trouves-tu le plus sensuel ?
- Pardon ?
Je suis assise. Heureusement. Je serais tombée par terre, sinon. Et Danielle répète sa question.
- Tu m’as très bien comprise. Lequel des garçons t’attire le plus, sexuellement ?
- Vous êtes dingue. Qu’est-ce que vous…
- Tu.
- Tu… vous… peu importe. Je ne suis pas attirée sexuellement par ces gamins.
Je ne suis pas attirée sexuellement par ces gamins, parce qu’ils sont des gamins. Parce qu’ils pourraient être mes gamins. Parce que, de ce fait, je ne peux même pas m’imaginer…
- Des gamins ? Ce sont des hommes. De jeunes hommes, très beaux, pour certains d’entre eux…
- Très beaux, oui. Je ne suis pas aveugle. Et je suis une femme. Mais tu es psy. Et tu devrais comprendre … Je me sens bien avec eux précisément parce qu’ils ne m’attirent pas, sexuellement.
- Même Célestin ?
- Même Célestin. Oui. Il devrait ?
Je fais un effort qui me paraît surhumain pour ne pas la gifler.
- Tu n’as pas envie de coucher avec Célestin.
- Non !
Non. Je ne pourrais pas.
Je l’aime beaucoup trop pour ça.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.