Chapitre 14:
Rencontre des bardes
(par
Gregory Dyke, ajouté le 24/10/05 10:43)
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Le Vieux se trouvait devant l'embarras du choix. Il s'efforçait toujours de conter une histoire dont la simplicité conviendrait à son jeune public - dont l'heure du coucher approchait à grands pas - mais aimait profiter de l'occasion pour contribuer à sa manière à leur education - comme il l'avait fait pour leurs parents auparavant. A cette occasion, chacune des histoires sur les rencontres subséquentes des convives de l'Emilieuvala pourraient servir à leur montrer l'endurance et la beauté des liens tissés à cette occasion. Il remplit une nouvelle fois sa pipe, prépara ses paroles et lança le clin d'oeil duquel il indiquait toujours au parterre d'enfants que, malgré les apparences, il n'allait pas les manger. Chacun s'avança pour mieux entendre et le Vieux débuta son récit.
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L'histoire nous raconte qu'après l'Emilieuvala, les convives rentrèrent fort tristes chez eux; et certains étaient venus de loin - leur desarroi en fut d'autant plus terrible. On raconte aussi qu'en ces temps, un groupe de ménestrels tournait dans le pays, chantant et jouant, faisant danser et rire les foules, ne réclamant que victuailles, boisson et lit pour dormir. Maintenant, la rumeur courait que ces bardes approchaient la ville des Lyons où habitaient un certain nombre de gens dont vous vous souvenez peut-être.
Lalaith de Vendée, Emilie des Iles et Tirno l'Helvète avaient tous trois élu domicile temporaire dans cette cité pleine de maîtres à penser dont ils voulaient devenir les disciples. Mais voilà que ces trois découvrirent qu'à proximité habitaient la sylvaine Laegalad (oui, celle dont on dit que c'était une fée!) et cette dame Kendra à qui notre conte de ce soir à déjà fait la part belle - et non sans raison. Il était donc tout naturel qu'ils se rassemblent pour preter oreille et oeil à ces bardes. Nul ne saura jamais exactement ce qui se passa ce soir là. Mais ce qui est sû, je vais vous le conter.
Les quatre dames se rejoignirent en début d'après midi afin de profiter au mieux du court temps que durerait cette rencontre. Aussi, dit-on, cela leur permettait de se préparer collectivement à la présence parmi elles de Tirno (dont la légende dit qu'il était à la fois Helvète et Breton - mais peut on faire confiance à ces légendes?). Celui-ci avait fait voyage dans sa contrée montagneuse et passa la journée à revenir avec grande précipitation vers la cité des Lyons. A-t-il jamais été donné à un homme l'occasion de passer une soirée en plus belle compagnie que celle de ces faeriques dames? Vous comprenez maintenant sa hâte! Et son désarroi lorsque, à son arrivée au dernier relai avant les portes de la ville, on lui dit que les chevaux buvaient tous à la rivière de la Grève et qu'il devrait donc parcourir les dernières lieues à pied. Brave Tirno allongea donc la jambe - il se doutait bien que son absence était mal vue et ne serait tolérée que si elle ne gênait point le repas copieux des dames - et rejoignit rapidement la cité, tout en simulant un mouvement équestre parfait.
Maintenant, lorsque le groupe fut finalement au complet, ils se rendirent compte que l'heure avait bien avancé et s'approchait rapidement de celle à laquelle les ménestrels allaient commencer leur prestation. Imaginez que notre troupe, habituée à prendre un nombre conséquent de petits déjeuners, aurait bien voulu découvrir la gastronomie des Lyons. Mais hélas, la soirée avait décidé de se dérouler autrement. Ils passèrent tant de temps à hésiter devant divers mets délicieux qu'ils n'eurent que le temps de casser une rapide croute et manger une gaufre au chocolat avant de rejoindre le lieu du concert. Tirno s'assura que les dames étaient toutes présentables (les gaufres au chocolat tachent en effet passablement les dents) et entra avec les quatre belles dans la salle des fêtes. La rumeur de l'arrivée de ces fameux bardes avait dû faire le tour de la ville. On raconte qu'il ne restait que peu de places lorsque nos cinq arrivèrent et que la salle fut ensuite rapidement pleine.
Les ménestrels étaient fort différents et il était inhabituel de voir tant de peuples réunis au même endroit. Sur scène on trouvait un des moriquendi, un nain, une barbare, une mage, deux humains et, à la surprise de tous! un troll. Le public était encore plus varié: on y trouvait de surcroît des orcs, la compagne de robin des bois et un grand nombre d'une peuplade étrange dont l'appréciation de la prestation des bardes était de ne point bouger. Cela ne manqua de surprendre nos amis, qui eux dansèrent farandole après farandole, battant fortement des mains (a tel point que cela semblait presque réveiller la peuplade endormie). Ils crièrent aussi. On raconte que les cris "baston", "chaussette", "banane" et "LoriENNE" retentirent dans la salle. On dit aussi que la fée Laegalad, envoutée par la présence de deux bons joueurs de son instrument de prédilection, ajouta des rhythmes si complexes que nombre d'orcs n'eurent plus l'intellect pour comprendre... Elle se moquait bien de leurs plaintes. En effet, elle avait été fort dépitée auparavant dans la journée - elle voulait acheter une belle flute à l'un des menestrels, mais celui-ci ne vendait que des flutes parfaites et cela prenait au luthier de longs mois de fabrication. Et maintenant, rien ne pouvait l'entraver dans son désir de surmonter cette tristesse. |
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