Chapitre 142:
Chapitre 29.5
(par
lambertine, ajouté le 27/02/00 00:28)
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Frédéric parle d’une voix monocorde. Tout ne s’est pas aussi bien passé pour lui que pour son camarade. - J’ai passé la soirée chez mon frère. J’ai longtemps joué avec la petite, puis nous avons regardé la télévision. Mon frère a bu une boisson au cannabis, qu’il avait ramenée de Suisse. Ca m’a mis mal à l’aise. Je le lui ai dit, et il a rigolé. Puis, j’ai été dormir chez Maman. J’ai fait la grasse matinée. J’ai été acheter du pain, et un gâteau pendant que Maman préparait le dîner. Elle a voulu mettre les petits plats dans les grands parce que j’étais là. Elle a débouché du champagne, sans penser à mal. J’ai du quitter la pièce. Je suis allé jouer sur l’ordinateur, jusqu’à ce qu’ils aient terminé de prendre l’apéritif. Il continue à raconter : courses en ville, cinéma, retour au Centre le dimanche matin. - Que pensez-vous de ce week-end ? demande l’éducatrice, dès que le jeune homme a terminé son récit. - Une boisson au cannabis ? Ca existe ? - Il est dingue, ton frère. Et ta mère n’est pas très intelligente non plus. - Elle aurait dû penser… Frédéric veut interrompre, visiblement pour prendre la défense de sa mère. L’éducatrice l’en empêche. Il n’a pas droit à la parole, pour l’instant. - Ce n’est pas normal, enchaîne Gervaise, que ta famille réagisse comme ça, sans le moindre respect pour toi et pour ta cure. Ils devraient se rendre compte à quel point c’est dur de rester abstinent, de dire non, et ne pas te tenter. - Mais il sera tenté un jour ou l’autre. On sera tous tentés un jour ou l’autre. - Ce n’est pas le problème, Célestin. - Un peu quand même. Il a été tenté, et il a dit « non ». Et c’est bien, me semble-t-il. - Je crois qu’il a raison, renchérit Béatrice. Il m’arrive à moi aussi… - Toi, fait l’éducatrice, tu bois par procuration en servant le vin à ton mari. Frédéric, il n’est pas question que, lors de ton prochain week-end, tes proches te mettent à nouveau en situation de malaise. Il n’est pas question que tu les laisse servir de l’alcool, ou tout autre produit, devant toi. Tu vas t’engager à demander à ta famille de ne plus boire en ta présence. Tu dois apprendre à te faire respecter des tiens. Si tu n’y arrive pas, tu rechuteras. Bon. Célestin, à toi. Tu as parlé de ton week-end à d’autres résidents ? - Un peu, reconnaît-il, sans enthousiasme particulier. - Bien. Pouvez-vous me dire ce que vous savez du week-end de notre jeune compagnon ? Chacun y va de son ais. Peu d’informations, en fait. Mais une belle unanimité pour dire que la sortie du jeune garçon s’est bien passée, sans plus. - Et toi, Diane, que peux-tu en dire ? - Moi ? Je pourrais répondre que je ne m’attendais pas à être interrogée, mais ce serait un mensonge.
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