Chapitre 149:
Chapitre 30.5
(par
lambertine, ajouté le 03/03/00 22:32)
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Je sursaute. Raoul me présente des chips, que je refuse. Je n’ai pas faim, même si j’ai peu mangé. Pas faim, juste soif. - Un autre coca, alors ? Pourquoi pas ? Je sais bien que ce n’est pas bon pour moi, mais qu’importe. Mes crainte, mon malaise sont ils bons pour moi, et pour ce projet d’abstinence autour duquel tourne, ou devrait tourner toute ma vie présente ? Non. Et toute ma vie présente ne tourne pas autour de ce projet d’abstinence, pas plus qu’elle ne tournait toute entière autour de la bouteille. J’avais ma famille. Mes enfants si chers. J’avais mes amis. J’avais l’écriture. Et, même si cela peut paraître absurde, j’avais les œuvres mythiques d’un professeur de lettres anglais. Je les ai toujours, comme mes enfants, comme mes amis. Comme mes souvenirs. Comme mon affection pour un enfant perdu, qui essaie désespérément de se retrouver. Un enfant perdu qui n’est pas le mien. Seulement comme le mien. - Ca ne sert à rien de t’inquiéter, Diane. S’il n’a rien fait, il restera. - Je ne m’inquiète pas pour ça. Je m’inquiète pour lui. C’est différent. Je m’inquiète parce que les soupçons injustifiés, les humiliations publiques, les sanctions disproportionnées ne peuvent pas ne pas laisser de traces sur un garçon sensible et meurtri. Même si j’ai confiance en son courage, et en sa volonté. - Tu oublies les exigences de l’Equipe. - Quelles exigences ? - Tu n’es pas dans les mêmes groupes de travail que nous. Catherine… - La Catherine qui prétendait ne rien savoir du rendez-vous médical de Célestin ? Raoul acquiesce en grimaçant. Il ne paraît pas la porter dans son cœur. - Elle veut que nous disions tout. Absolument tout. Et le petit ne raconte pas grand-chose. Moi non plus, d’ailleurs. J’ai mes secrets. Elle peut danser sur sa tête, elle ne connaîtra ni l’état de mon compte en banque, ni la façon qu’a ma femme de faire l’amour. Le petit aussi a ses secrets. Et elle le harcèle plus qu’elle me harcèle, moi. Sans compter qu’elle exige qu’il se rende seul, jeudi, à la Cité Administrative. Seul. Jeudi. C’est donc ça qu’il redoute. C’est donc de ça qu’il a si peur. La Cité Administrative. L’endroit où se croisent tous les dealers de sa ville. Le supermarché de l’héroïne à ciel ouvert. - Mais elle est cinglée. Qu’est-ce qu’elle cherche ? A le faire rechuter ? - A le faire parler.
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