Chapitre 152:
Chapirtre 31.2
(par
lambertine, ajouté le 05/03/00 12:17)
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- Ils le verront bien tout à l’heure, que tu n’as rien fait de mal. Mais là n’est pas vraiment la question, et nous le savons tous. - Elle m’a gardé au salon jusqu’à deux heures du matin. Jusqu’à ce que ce soit « assez vert » à son goût. Ca n’avait plus aucun sens. Je ne sais pas ce qu’ils cherchent. A me faire craquer ? Mais pourquoi ? Ils gagneront quoi, si je rechute, ou si je m’en vais ? Il gagnera quoi, Thomas ? Sa vois change, lorsqu’il prononce le nom du Patron. Il relève la tête, serre les poings. Un éclat dur, mauvais, fait briller ses yeux bruns. - Je ne lui ferai pas ce plaisir. Je tiendrai le coup. Je tiendrai, rien que pour les faire enrager. - C’est peut-être ce qu’il cherche, fais-je timidement, me souvenant de ma conversation de la veille avec Raoul. A jouer sur ton orgueil. Quelle autre raison pourrait-il bien avoir de pousser le gamin à bout ? J’ai du mal à imaginer qu’un psychologue de formation, qui a consacré sa vie et sa carrière à aider les toxicomanes à sortir de leur dépendance puisse volontairement pousser l’un d’eux à l’abandon, à la rechute. Voire à la mort. Et malgré tout, je ne comprends pas. Je ne comprends pas les brimades. Je ne comprends pas pourquoi refuser un médicament à un patient qui souffre. - S’il te plaît, Diane. S’il te plaît. Leurs raisons d’agir ainsi ? Ils me veulent dehors. Ils me considèrent comme un parasite. Tu as entendu Brigitte, hier soir. Et ce qu’elle a dit n’était rien, à côté de ce que Thomas… que ce que Thomas… Sa voix se brise. Il voudrait parler encore, mais reste muet, incapable de dire un mot de plus. Jacob le prend dans ses bras. Je m’éloigne un peu, avec Ben. Ben qui semble presqu’aussi perdu que son camarade. Désemparé. - Qu’est-ce que je peux faire ? Je voudrais bien l’aider, mais qu’est-ce que je peux faire ? Pourquoi est-ce qu’ils le traitent ainsi ? J’avoue que je l’ignore. J’avoue que je ne suis pas dans les secrets de l’Equipe. Que je ne suis pas psy. Que je suis juste comme eux, comme lui. Juste un peu plus vieille. Beaucoup plus vieille. - Tu es comme notre Maman, ici. - Une drôle de Maman, alors. - Une qui est là quand on a besoin d’elle. Ils ont de la chance, tes enfants. De la chance ? Il est gentil, le petit, mais il se trompe. Ils n’ont pas de chance. C’est moi qui en ai, d’avoir des enfants comme eux.
- On ne peut pas préparer de gâteaux d’anniversaire. Jacob aura droit aux tartes du Jeudi, comme tout le monde. Si on commence à faire des exceptions, on n’en sortira plus. Ce ne serait pas communautaire. Maria a raison. Ce ne serait pas communautaire. Nous sommes censés être tous égaux, ici. Tous pareils. Pourquoi Jacob aurait-il droit à un gâteau, et les autres non ? - Pourquoi chacun n’aurait-il pas droit à un gâteau, le jour de son anniversaire ? - Parce que c’est comme ça ! se fâche-t-elle, irritée. Parce que c’est le règlement. Tu comprends, Diane, le règlement. Tu n’es plus une enfant. Tu devrais comprendre. Et si tu ne veux pas comprendre, tu dois apprendre à plier. Plier ? Apprendre à plier ? J’ai toujours su plier. J’ai toujours plié. Pour des tas de raisons, meilleures les unes que les autres. Pour ces mêmes raisons qui m’ont conduite ici, dépressive et alcoolique. L’intendante ne se rend pas compte qu’elle vient de me donner un argument pour transgresser le règlement. Pour le contourner, du moins.
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