Chapitre 155:
Chapitre 31.5
(par
lambertine, ajouté le 08/03/00 14:36)
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- Tonton ! Tonton ! Je suis si contente de te voir, Tonton ! Il la serre dans ses bras, la fait tournoyer, l’embrasse, et l’embrasse encore. - Mon petit ange, murmure-t-il, mon petit ange. Je suis si content, moi aussi. J’avais si peur que tu ne viennes pas. - Pourquoi je serais pas venue ? Je t’aime, tu sais. - Moi aussi, je t’aime, mon petit ange. - Pourquoi tu pleures, alors ? Il lui sourit à travers ses larmes, la prends par la main, l’emmène dans le jardin. - Parce que tu es là. Parce que ça me rend heureux. Viens. Je vais te montrer où je vis. Murielle vient s’asseoir à côté de nous. Un peu gênée, elle nous présente ses excuses pour l’impolitesse de sa petite-fille, qui n’a salué personne. - Elle avait plus important à faire, que de dire bonjour à des dames inconnues, la rassure immédiatement Béatrice. C’est beau de la voir avec ton fils. C’est touchant. Elle pousse un profond soupir. Paraît plus inquiète que gênée, à présent. - Dolorès compte beaucoup pour lui. Si quelqu’un peut lui donner la force d’arrêter la drogue, c’est bien elle. Puis, passant du coq à l’âne. - Qu’est-ce qui s’est passé, lundi soir ? Béatrice et moi nous regardons, mal à l’aise. Célestin nous a expressément demandé de ne rien dire à sa mère. De ne pas l’inquiéter. Mais elle est déjà inquiète. Elle sait déjà qu’il est arrivé quelque chose d’anormal. - S’il vous plaît. Je ne suis pas idiote, et je connais bien Célestin. Je sais ce qu’il a dû vous demander. Mais je commence à connaître les horaires du Centre. J’ai téléphoné à 20 heures 30, lundi soir. Tu m’as dit qu’il ne pouvait pas me répondre, parce qu’il était monté dans sa chambre. Mais c’est interdit avant 21 heures 30. Sauf en cas de maladie. Béatrice hésite. Pas longtemps. Elle est une mère, avant tout, bien plus proche de Murielle que de son fils malgré les circonstances. Elle dit ce qu’elle croit devoir dire. Elle agit comme elle aimerait que l’on agisse avec elle, si elle était dehors et sa fille, enfermée ici. - Il avait la migraine, mais n’était pas dans sa chambre. Il était au salon, sous surveillance. Parce qu’il était soupçonné de rechute, et de fraude. Ça s’est calmé, maintenant. Je suppose qu’ils ont la preuve que ce n’était pas le cas. - Évidemment, que ce n’était pas le cas ! Elle s’insurge, se redresse, se rassied, fait un effort surhumain pour rentrer en elle-même. Pour se calmer. Surtout cacher sa colère, cacher son angoisse. Surtout ne pas montrer à son fils qu’elle pourrait se défier de lui. Ne pas montrer qu’elle craint pour lui. Qu’elle craint à en mourir. Pour ne pas lui faire peur. Pour le protéger. Encore. - Vous y avez cru, vous, qu’il avait rechuté ? Vous avez cru qu’il était coupable ? - J’ai douté, avoue ma compagne. Diane, non. Pas une seule seconde. Je n’ai pas douté, non. Je n’avais aucune raison de douter. Parce qu’il n’avait aucune raison de me mentir. Parce qu’il comprenait que, s’il m’avait avoué une rechute, cela n’aurait nullement changé mon regard sur lui. Peut-être parce que, plus que les autres ici, je suis consciente des faiblesses de mon jeune ami, de ses défauts, et de ses fautes. Peut-être parce que je l’accepte tel qu’il est, tout autant que tel qu’il pourrait être, et qu’il le sait. - Merci, me dit-elle en me serrant les mains. Merci. - Je n’ai aucun mérite. Lui, si. Il en bave, Murielle. Il en bave tous les jours. Mais il tient le coup. A sa place, j’aurais claqué la porte depuis longtemps. Pas lui. Pas Célestin. Lui, il se bat, il s’accroche. Pour toi. Et pour elle. Je lui montre dans le jardin Célestin jouant au ballon avec sa nièce. Hervé s’est joint à eux. Une joie enfantine illumine leurs visages. Un rayon de soleil dans la morosité du Centre. - Pas pour lui ? - Pas encore. Mais ça viendra, Murielle. Ça viendra.
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