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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 170: Le Roman de Béatrice. 2. Retour au pays
(par lambertine, ajouté le 26/03/00 18:02)


1960.
Que connait-on de la vie à dix ans ? Que connait-on de la politique ?
J'ai pris le bateau à Léopoldville, en compagnie de maman et de mon petit frère. Nous avons quitté le Congo. Je ne savais pas que c'était pour toujours. Je ne savais pas ce que voulait dire "indépendance". Ni pour les Congolais, ni pour moi.
Nous avons habité pendant quelques mois chez mes grands-parents. Ensuite, Papa nous a rejoints. je n'ai pas eu très difficile à m'adapter à la Belgique. Un peu plus à ma nouvelle école. Mais on s'habitue viet, à dix ans. Bien plus vite qu'à quarante. Maman n'avait jamais travaillé, jamais fait le ménage, jamais tenu de maison. Elle avait mené, depuis son mariage, la vie d'une coloniale; Avec domestiques, et tout le toutim. En Belgique, pas de boy pour nettoyer, pas de chauffeur pour conduire la voiture, pas de cuisinière pour préparer les repas, pas de nounou pour élever ses enfants. Elle était débordée. Elle était perdue. Elle l'était d'autant plus qu'à Coquilhatville, l'épouse du Commissaire de police était une personnalité en vue. A Namur, la femme d'un policier était madame-tout-le-monde.
La femme d'un policier, pas celle d'un commissaire. Les aléas de l'administration firent que le staut colonial de papa ne le suivit pas en Belgique, et qu'il se retrouva simple inspecteur. Il se battit, puis cessa de se battre, aigri. Maman, elle, continuait à noyer son mal-être dans l'alcool. Toujours en cachette.
Moi et mon frère, nous grandissions. Je devenais jeune fille. Je commençais à sortir. Un soir, dans un café, je rencontrai Marcel. Je lui plus, il me plut. Fiançailles. Mariage. Pour moi, tout allait pour le mieux.
Jusqu'à ce que papa se suicide avec son arme de service. Sans un mot, sans une lettre, sans rien.
Il ne se passe pas de jour sans que je pense à lui.
Il ne se passe pas de jour sans que je pense à "ça".

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.