Chapitre 187:
Chapitre 37.3
(par
lambertine, ajouté le 14/04/00 00:22)
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- Viens. Célestin prend son copain par les épaules, me fait signe de les suivre et nous emmène dans le jardin arrière, près de la piste de pétanque, où nous nous asseyons sur la bordure en béton. - Il n'aurait pas dû, et moi non plus. C'était sympa. On s'est bien marrés, au bowling. On a essayé d'initier Dominique. Essayé, seulement, parce qu'elle n'est pas plus douée que toi. Mais après, à l'Engrenage, j'ai failli péter les plombs. - Et moi, je n'ai pas failli, avoue Ben. Je l'ai fait. J'avais tellement envie, tellement besoin de came, que je me suis enfermé dans les toilettes pour pleurer comme un gosse. C'est con, hein ? Peut-être. Sans doute. Trop tôt. C'était trop tôt. Ben avait l'habitude de consommer en boîte de nuit, et ses souvenirs ont sur lui un effet particulièrement violent. - Les autres m'ont ramené au Centre. J'ai fichu leur soirée en l'air, et depuis, je me sens patraque. Comme si je venais d'arrêter. Comme si je devais tout recommencer à zéro. - Tu n'as pas gâché notre soirée, le rassure Célestin. Les autres ont bien compris ce qui se passait, et sont ressortis après t'avoir ramené. Quant à moi, j'étais soulagé. Dix minutes de plus, et je suivais l'exemple de Mohammed et les autres, et je commandais une Vodka Red Bull. Je ne suis pas sûr que quiconque aurait pu m'en empêcher. Finalement, tu m'as sauvé la mise, Ben. Je le gourmande un peu, pour la forme. Lorsque je l'avais quitté, Samedi matin, il était loin d'être en grande forme, et avait une furieuse envie de s'abrutir en consommant. Sortir à l'Engrenage n'était pas vraiment une bonne idée. - Je voulais faire plaisir à Lambert, et je ne voulais pas laisser Ben sortir sans moi. Je croyais pouvoir le protéger. Présomptueux, hein ? Je n'arrive même pas à me protéger moi-même. C'est Jacob qui s'en est chargé. Je tente de les rassurer. Ce n'était pas le bon moment, ou le bon endroit, pour expérimenter une première sortie nocturne. - On a cru, fait Ben, penaud. On avait passé une super journée. On s'était marrés comme des fous. Il pouffe de rire. En un instant, son malaise semble s'être envolé. Il demande à Célestin son téléphone portable, que celui-ci lui tend, obligeamment. - Cachez ça ! dis-je brusquement. Vous allez vous faire punir. Et ils vont confisquer le téléphone. - Personne ne nous voit, répond Ben en haussant les épaules. Attends. Il pianote sur les touches de l'appareil, et fait défiler les photos devant mes yeux. Je les écarquille, et j'éclate de rire. - Ils t'ont laissé faire ? Les yeux bruns de Célestin s'illuminent. Espiègles. Enfantins, comme ils peuvent l'être dans les bons moments. - C'est l'éduc' qui m'avait demandé de me charger de la chaise roulante. Béatrice n'en voulait pas. Elle n'en a plus besoin. Tu imagines, elle va au cours de Salsa, et ils la traitent comme une infirme. Et quand j'en ai eu marre de pousser la chaise, je me suis assis dedans. - Et il n'a plus osé en sortir. - Ben non. Forcément. Des tas de gens étaient gentils avec moi. je n'ai pas voulu leur dire "coucou, je me suis fichu de vous". ce n'aurait pas été sympa.
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