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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 197: Chapitre 38.1
(par lambertine, ajouté le 02/05/00 23:12)


- Tu es quelqu’un de bien, qui devrais avoir bien plus confiance en toi. Tu es sur la bonne voie, du moins je l’espère. La vie ne t’a pas épargnée, Diane. Les hommes ne t’ont pas épargnée. Tu ressembles à ma grande sœur. Elle aussi a souffert, comme toi. Elle non plus n’arrive pas à haïr. Elle le devrait, pourtant. Tu le devrais, toi aussi .Reconnaître que l’on t’a fait du mal, et que ce n’était pas ta faute. Tu nous le dis tout le temps, à moi, et à d’autres. Que nous valons plus que ce que nous croyons. Que nous ne sommes pas des moins que rien. Que nous ne devons pas nous dénigrer sans cesse, et culpabiliser. Tu nous le dis, mais tu fais le contraire. Alors que tu n’es pas nulle, toi non plus. Tu es intelligente, et gentille. Trop gentille. Peut-être devrais tu davantage voir le mal chez les gens. Voir le mal chez moi. Et voir le bien chez toi. Peut-être y arriveras-tu ? Peut-être pourras-tu t’épanouir à nouveau, comme cette petite fleur ?
Je saisis avec délicatesse la fragile pâquerette que me tend Aurélien. Je suis touchée, les larmes aux yeux. Les autres ne disent rien. Moi, je le remercie. De m’avoir choisie comme récipiendaire de son cadeau. De m’avoir dit ce qu’il m’a dit. De m’avoir comparée à cette sœur qu’il aime tant, seule parmi sa fratrie. Cette sœur qui avait donné son amour à un homme qui ne le méritait pas. A un homme qui ne la méritait pas. A un homme qui a fait d’elle une femme sans homme, mère d’enfants sans père. Comme mes enfants sont des enfants sans père. Comme moi-même je suis une femme sans homme. Seule. Fragile. Prête à se faner comme cette fleur des champs. Tentant malgré tout de mettre un peu de vie, un peu de ma vie, dans quelques œuvres sans doute éphémères. Dans quelques œuvres où transparaît peut-être un peu d’espoir. Je ne connais pas les œuvres de la sœur d’Aurélien. Je ne peux que les imaginer à travers les paroles de son frère. De ce petit frère dont la fleur me rend courage, malgré moi, malgré tout. De ce petit frère à qui j’offre en retour, parce que moi aussi, j’ai un « cadeau » à donner, parce que tous les membres du groupe en ont un, un parfait manuel du futur non-fumeur.
- Parce que tu y arriveras. A arrêter la cigarette. A arrêter la beuh. A arrêter toutes les drogues. Parce que tu seras un bon architecte. Et un bon mari, quand le temps sera venu. Parce que tu es un bon ami. Quelqu’un de bien, contres vents et marées. Quelqu’un qui doit apprendre à croire en lui, comme moi je crois en lui.
- Mais toi, fait-il, la gorge nouée, tu crois en tout le monde.
- Non. Pas en tout le monde. Mais en toi, oui.

Je suis sale, et les garçons m’attendent. La rouille a laissé des traces sur mes mains et mes vêtements, et je ne peux sortir en ville sans m’être débarbouillée, et changée. Quelques plaisanteries fusent concernant mes occupations peu féminines. Léon m’avait prévenue, et les résidents ne se privent pas de me le rappeler. Peu m’importe. Un peu de savon, un tee-shirt propre, et me voilà prête. Je rejoins dans le couloir Aurélien et Frédéric, à qui s’est joint Gabriel. Béatrice, qui vient de remplacer Célestin à l’accueil, note nos noms dans le registre des sorties. Nous signons. Nous nous apprêtons à franchir la porte lorsque Josyane surgit derrière nous, et apostrophe Aurélien d’une voix peu amène.
- Les Verts n’ont-ils pas charge de l’accueil, cet après-midi ?
Notre camarade ne peux qu’acquiescer. Il tente, néanmoins, d’expliquer vaille que vaille que Julie lui a donné l’autorisation d’aller choisir le cadeau d’adieu de Lambert. Et que Béatrice a eu la gentillesse de se proposer d’accomplir la tâche, aucun autre Vert possesseur du point 5 n’étant disponible.
- Béatrice n’a pas à « se proposer ». Elle est en plein dans ses sabotages, l’aurais-tu oublié ? Tu ne devrais pas l’inciter ainsi à rendre service à son propre détriment. En tant que coordinateur, tu aurais dû trouver un remplaçant parmi les membres de ton groupe, et tu le sais. Hermann, par exemple.
- Hermann est en démarche, se défend le jeune homme.
- Et Célestin ? Il est en train de glander au salon, à lire je ne sais quelle revue, alors que nous lui avons accordé son point 5. Il ne s’en montre pas digne, bien entendu. Que pouvions-nous espérer d’autre ?


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.