Chapitre 199:
Chapitre 38.3
(par
lambertine, ajouté le 06/05/00 14:07)
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Aurélien hésite un court instant. L'accueil. Il devrait assurer l'accueil au lieu de se la couler douce en ville. - Arrête avec ça, le gourmande Gabriel. Béatrice était-elle volontaire pour cette tâche, oui ou non ? - Oui, répond le jeune homme. Mais... - Y a pas de "mais" qui tienne. Je commence à la connaître. Elle aime bien l'accueil : ça lui permet de bavarder avec les visiteurs des autres résidents. Et puis, zut. J'ai envie d'une glace, et je parie que toi aussi. Sois un peu égoïste, à l'occasion. Etre égoïste... c'est précisément ce que l'équipe voudrait apprendre à Béatrice. Etre égoïste, plutôt que "bonne poire", comme s'il n'y avait pas de nuances entre les deux. Comme si le monde était en noir et blanc. Le monde est gris pour certains, colorés pour d'autres, mais le noir et le blanc y sont aussi rares que le mal intégral et le bien absolu. - Mais Celestin... - Laisse Célestin pour ce qu'il est. Sa mère est avec lui, non ? Et il t'a dit lui-même de filer. - Il m'en veut déjà... - Visiblement, pas pour ça. Allez, Aurélien, viens. Sauf si tu préfères rester planté au milieu de la Grand Place, plutôt que de profiter d'une terrasse sympa, d'un thé parfumé, et d'une montagne de glace. De guerre lasse, le garçon accepte. Nous voici bientôt attablés, tous les quatre, sous un grand parasol orange. Par tous les dieux, je ne suis jamais tant sortie que depuis que je suis en désintox. Ca va finir pas me coûter cher, et me laisser quelques kilos de plus sur les hanches, si je ne fais pas attention. Je me contente donc, prudemment, de commander un café noir. Mes compagnons, eux, s'en donnent à coeur joie : Dame Blanche, gaufre aux fruits, crèpe mikado... Jeunes, minces, et de bonnes familles, ils peuvent se le permettre, aussi bien physiquement que financièrement. J'en suis contente pour eux. Quant à moi, je suis habituée aux régimes depuis l'âge de dix ans, et je fais semblant de n'avoir envie de rien. Un bon repas nous attendra au retour. Un bon repas, et peut-être une engueulade pour Aurélien. Peut-être ? Non. Certainement. Il n'a pas accompli correctement sa tâche de coordinateur, en acceptant l'aide de Béatrice. Il aurait dû négocier avec n'importe qui, sauf avec elle. je suppose d'ailleurs qu'elle s'est déjà fait taper sur les doigts. Je suppose bien, même si c'est elle qui nous accueille à notre retour. Scrupuleusement, elle note notre heure d'arrivée, et informe Aurélien qu'il est attendu dans le bureau de Camille. Tout le monde, évidemment, sait pourquoi. - Ils ont menacé de me retirer mon point 5 en cas de récidive, nous affirme-t-elle ensuite. Mais ils ont été obligés de me laisser m'occuper de l'accueil. Ils n'avaient personne d'autre sous la main. Ils ont quand même dû reconnaître que le gamin ne mentait pas, et qu'il avait bien entretien familial. Un entretien qui me semble d'ailleurs durer bien longtemps. Beaucoup plus longtemps que l'heure habituelle, c'est vrai. Murielle finit cependant par réapparaître au salon. - La psy l'a gardé, me dit-elle, en acceptant une tasse de café. Elle voulait lui parler seule à seul. Qu'est-ce qu'elle a encore à lui reprocher ? Je n'en sais rien. Je n'en sais rien non plus. Murielle a les yeux rougis. Visiblement, l'entretien ne s'est pas très bien passé. Maladroitement, j'essaie de la rassurer. - Sans doute rien de grave. Des broutilles, comme d'habitude, ici. |
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