Chapitre 204:
Chapitre 39.2
(par
lambertine, ajouté le 15/05/00 12:18)
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- Rien. Viens. On s’en va. Ca vaut mieux que d’écouter ces méchancetés. Ils partent, et je reste là, honteuse, furieuse. Plus contre moi-même que contre les rieurs. Plus contre moi-même que contre Eric. J’ai envie de rejoindre les garçons, mais même ça, je n’ose le faire. Je ne pourrais pas les regarder en face. Je me contente de rejoindre le salon, et de prendre mon tricot. - Eric 1, Diane 0. - Pardon ? Patrick n’a pas levé les yeux de la revue automobile qu’il feuillette avec un intérêt limité, en ricanant. - Tu as perdu, fait-il, acerbe. Il a gagné. Il les a mis dans sa poche. Tous, ou presque. Il sait s’y prendre, le mec. Ou, devrais-je dire, le mac. - Comment… ? - Mon milieu, mon monde. Mon père était mac, avant de se faire suriner par les Albanais. Tu n’es pas de taille face à lui, Diane. Personne ici ne l’est. Alors, fais gaffe. Fais gaffe ? A quoi ? Je n’ai rien dit, rien fait. J’ai laissé dire, laissé faire. Je me demande encore comment. Je me demande encore pourquoi. Tout comme je me demande comment des Résidents qui, il y a quelques jours encore, ne s’en seraient jamais pris à Hervé, ont pu avoir cette attitude d’écoliers tourmenteurs. - Il raconte, il en jette, il fait rire. Il attire la sympathie… Je monte brusquement sur mes ergots. - Pas la mienne, en tout cas ! - Pas la tienne, et pas la mienne non plus. Mais celle de tous les autres, ou presque. Il les fait voyager. Il ne leur fait pas peur. Ils ont tort de ne pas avoir peur. - Célestin l’a traité de truand… Il relève la tête, me fixe intensément. Visiblement inquiet. - Devant lui ? Visiblement très, très inquiet. - Non. Devant moi. Je pensais qu’il affabulait. Qu’ils s’imaginait des choses… - Qu’il ferme sa g*eule. Qu’il se taise, nom de Dieu. L’autre n’en fera qu’une bouchée, de ton protégé. Il est dangereux, Diane. Très dangereux, même s’il n’en a pas l’air. Pourquoi me dit-il ça à moi ? Nous ne sommes pas proches. Pas du tout. Je le trouve même profondément antipathique. Prétentieux, machiste, souvent odieux. - Parce que tu as des couilles, et que je n’ai pas envie de le voir te faire du mal. Je veux dire, vraiment du mal. Ce qui ne manquera pas d’arriver si tu l’affrontes. Et à cause des gamins. - Des gamins ? - Les gamins, oui. Tu les aimes beaucoup, et ils te le rendent bien. Ils sont en danger, Diane, auprès d’un type comme lui. - Célestin s’en méfie. - Célestin a vingt ans, ou un petit peu plus. C’est un gosse, face à un monstre. Un gosse qui vient de défier le monstre. Dis-lui de faire gaffe, je t’en prie. Dis-le lui ! Un gosse, face à un monstre ? J’avais plus l’impression d’un affrontement de cour d’école. Pas même un affrontement ? Célestin n’avait même pas adressé la parole à Eric. - Il lui a ravi son jouet. L’autre ne le lui pardonnera pas. Le gamin sera le premier sur sa liste. Et ne me demande pas sur quelle liste. Tu n’imagines même pas ce qu’il a l’intention d’en faire. Il se tait. Se renferme dans son mutisme habituel. J’ai froid.
- Équipe interpelle Raoul. Le facteur n’a pas l’air étonné. C’est même avec assurance qu’il s’installe sur la chaise des accusés, face à Thomas. Bras croisés, regard fier, il provoque.
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