Chapitre 207:
Chapitre 39.5
(par
lambertine, ajouté le 24/05/00 23:51)
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- Ils te font confiance. Oui . Peut-être. Parfois. Certains d’entre eux. Un tout petit peu confiance. Et c’est déjà beaucoup. Et c’est déjà énorme. - Je leur fais confiance. Et j’ai confiance en eux. - Tu seras déçue. Un jour ou l’autre. Et dans pas longtemps. - Non. Triste, peut-être. Triste, certainement. Mais déçue, certainement pas. - Même si l’un d’entre eux rechute ? - Est-on déçu quand un cardiaque fait un infarctus ? Non. Je te l’ai dit : triste, oui. Et pas qu’un peu. A cause des conséquences. Dehors, pas ici. J’ai peur pour ces garçons, Julie, même si j’ai confiance en eux. J’ai peur pour moi aussi. Je ne suis pas meilleure. Je ne suis pas plus forte. Je ne vaux pas mieux qu’eux. Je n’ai pas plus de chances de réussir. Peut-être moins. Parce que j’y crois moins qu’eux… que certains d’entre eux. C’est moi, la cause perdue. C’est moi la cause la plus perdue de toutes, parce que je ne crois plus, que je n’ai plus confiance. En moi, mais l’ai-je jamais eue, en moi ? Et en ceux qui doivent s’occuper de moi, de m’aider, de nous aider. Dont Julie. Et cela, je n’ose pas le dire à Julie. Pas en face. Pas maintenant. Parce qu’une autre part de moi veut encore espérer. - Ce n’est pas notre avis. Tu risques de te perdre, c’est tout. - En faisant confiance aux gamins ? - En t’y attachant, surtout. A certains d’entre eux, en particulier. - Je n’ai pas pu m’en empêcher. C’est trop tard, maintenant. C’est fait. - C’est dommage. Je ne te veux pas de mal, tu sais. J’essaie juste de te prévenir. De t’empêcher de trop souffrir. Il y a des toxicomanes qu’on ne peut pas aider. Eloigne-t-en, tant que tu le peux. Occupe-toi de toi. - Je m’occupe de moi. Et je me demande comment tu peux parler ainsi. Si vous pensez être incapables d’aider Célestin, pourquoi ne le lui dites vous pas ? Ou à ses parents ? Il y a peut-être d’autres solutions, non ? D’autres méthodes que la vôtre ? - Célestin ? Qu’est-ce qui te fais penser que je parle de lui ? - Ce n’est pas le cas ? - Si, mais… Diane, il n’y a pas d’autre solution. Alors, nous essayons. Malgré tout. - En le brisant ? - Pour mieux le reconstruire, ensuite. Pour le changer. Il n’y a pas moyen de faire autrement. - Et si vous n’avez pas le temps de le reconstruire ? S’il s’effondre avant ? Elle esquisse un geste, Fataliste. - C’est ce qui arrivera probablement, Diane. Plus que probablement. - A moi aussi, je suppose ? - Non. Toi, tu as toutes tes chances. Si tu n’essaies pas de nous contrer. Je monte dans ma chambre, enfiler ma tenue de sport. Je les observe par la fenêtre. Ils jouent au ballon, riant comme des enfants sous le soleil radieux. Ils semblent heureux, insouciants. Peut-être le sont-ils en cet instant ? Peut-être pas… Je sens les larmes me monter aux yeux. J’ai envie de croire. J’ai besoin d’y croire. Pour eux, comme pour moi. Plus que pour moi. J’ai besoin de croire. |
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