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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 210: Chapitre 40.2
(par lambertine, ajouté le 30/05/00 18:14)


- Tu as dû avoir dur, quand même, de passer ainsi d’une vie aisée et sans souci, où tu avais tout, à une autre où tu n’avais plus rien.
Oui. Oui et non. Craindre le lendemain, voir le mépris dans les yeux des autres, devoir me priver de tout ou de presque tout, non, ce n’était pas facile. Pas facile du tout. Je ne suis pas devenue alcoolique sans raison.
- Mais depuis que je n’ai plus rien, je vois les gens, bien mieux qu’avant. Je vois ce qu’ils sont, plus ce qu’ils représentent. Je n’ai plus beaucoup d’amis, mais ils sont des amis, sur qui je peux compter, à qui je peux parler, et plus des relations de façade. Certains d’entre eux sont riches, d’autres n’ont pas d’argent. Quelle importance ?
- Tu n’aurais pas honte, dehors, d’être notre amie ?
- J’en serais même fière, Célestin.
- Tu exagères.
- Même pas. Tu en vaux la peine. Ben aussi. Sans doute plus que bon nombre de mes amis d’avant.
Et sur ce point, sans aucun doute, j’exagère. Car mes amis d’avant étaient peut-être eux aussi des gens très bien sous leur apparence futile. Les riches ne sont pas mauvais, parce qu’ils sont riches, et ce que l’on appelle bien élevés. Elevés à ne pas se plaindre, à se montrer sous leur meilleur jour, ou ce que l’on qualifie de tel. Socialement. Je ne savais, je ne sais pas grand-chose de ce qu’ils étaient, au fond d’eux-mêmes. Peut-être me ressemblaient-ils plus que je l’imaginais ? Peut-être aurais-je pu partager avec eux sur ma vie, et la leur ?
Peut-être aurais-je pu leur demander de l’aide ?
Je ne savais pas comment demander de l’aide.
Je ne sais pas demander d’aide.
Morwen de Dor-Lomin…
Morwen…
- Regarde !
Il n’y a rien, dehors. Rien qu’une vaste pleine verte au milieu des sapins.
- C’est un aéroport. Ils organisent des baptêmes de l’air. Et des sauts en parachute. J’aimerais bien le faire. Sauter en parachute. Pourquoi pas en point 6 ?
J’aurais bien aimé, moi aussi, lorsque j’avais son âge. Je ne l’ai pas fait. Maintenant, c’est trop tard.

- Mais où est-ce qu’ils restent, ces petits cons ?
Nous sommes sortis du musée, et attendons sur le trottoir. Certains d’entre nous, depuis plus d’une demi-heure. A croire qu’ils ont visité l’exposition au pas de charge. Visiblement, Leonard de Vinci n’intéresse pas tout le monde.
- J’ai soif.
- Moi aussi.
- Mais qu’est-ce qu’ils foutent ?
- Il ne nous restera pas le temps d’aller manger une glace.
- Il faut croire que l’expo les intéresse.
- On n’a pas droit à une glace. Seulement à un verre.
- Comment ça, pas le droit ?
- Le programme précise « consommation », pas « collation ». nous pouvons aller boire un verre. Pas manger de glace ou quoi que ce soit d’autre.
- C’est n’importe quoi.
- C’est le règlement.
- De toutes façons, le car de va plus tarder. On ne pourra rien consommer du tout.
- Le programme dit que l’on doit consommer. Je vais les chercher. Attendez ici.
- Marre de ces sales gosses.
- Ils veulent se cultiver, eux.
- L’architecte, je veux bien. Mais l’autre ? Personne ne me fera avaler qu’un gamin de rue dans son genre peut trouver le moindre intérêt à un artiste du XVIIème siècle.
- XVIème siècle.
- Toi la grosse, ta gueu**.
Je me tais. Profil bas, même s’il m’a vexée. Au même instant, Brigitte sort du musée en compagnie de célestin, suivi d’Aurélien quelques pas derrière eux. Leur sourire fait plaisir à voir, et efface dans ma tête les mots blessants du proxénète.



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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.