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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 215: Chapitre 41.1
(par lambertine, ajouté le 11/06/00 09:24)


Village, au fond de la vallée...

Le Centre n'est pas établi dans un village, mais dans une petite ville. Qui se trouve bel et bien au fond de la vallée. Et les cloches sonnent. Les cloches de Pâques. Elles ont déposé des œufs dans nos assiettes. Des œufs en chocolat. Je ne mangerai pas les miens : autant de calories en moins. Ben en fera un meilleur usage. Et j'aime voir briller ses yeux. Pour quelques chocolats. Pour rien du tout.
Les cloches sonnent. Les catholiques partent pour le messe. Je ne les accompagne pas. Je devrais : c'est Pâques, et je crois en Dieu. Mais à quoi bon assister à la Messe si c'est pour ne pas prier ? Pour parader ? Pour écouter un Évangile que je connais par cœur depuis des années ? Pourquoi devrais-je être hypocrite avec Dieu ? Il paraît qu'il lit dans les âmes. Il le saurait donc tout de suite, que je ne suis pas sincère. Pour le peu qu'il s'intéresse à moi. Pourquoi Dieu s'intéresserait-il à moi ? Je ne suis rien, ni personne, juste un être humain comme les autres, parmi des millions, parmi des milliards. Pourquoi aurais-je l'arrogance de croire qu'il va jeter les yeux sur moi, précisément sur moi, parmi tous ces humains ? Parce que j'irais le prier dans une église de province ?
Je suis une mauvaise chrétienne. Si je crois en Dieu, je n'espère pas en lui.
Hermann espère en Dieu. Hermann est un bon chrétien. Un bon catholique. Il n'a manqué aucun office depuis son arrivée au Centre. Il prie tous les jours. Il partage sa Foi avec ses cocuristes, dès qu'il en a l'occasion. Ce qui n'arrive pas souvent. La religion n'est pas seulement un sujet de conversation interdit, mais un sujet impopulaire.
Hermann est un curiste impopulaire.
- Tu as mis des sous dans la cagnotte, toi ?
- Pour Marie-Line. Pas pour Hermann.
- Et toi ?
- Pareil.
Personne n'a envie de donner pour Hermann. Personne, ou presque. Lui, rentre de la Messe. Sa dernière messe avant son départ. Il est triste. Il n'a aucune envie de quitter le Centre. Il a peur de retrouver sa vie extérieure, la solitude de sa retraite dorée. De sa retraite tout court. A quoi bon vivre encore, quand on est seul, et inutile ? Ici, il est entouré, même si les gens qui l'entourent ne l'aiment pas. C'est toujours mieux que rien. C'est toujours ça.
- Chacun en ce bas monde lutte pour ce qui lui manque. Et souvent, ça ne sert à rien.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Rien. Hermann a tout ce qu'un homme peut désirer. Des enfants bien comme il faut, de l'argent à ne savoir qu'en faire. Même la Foi. Tout, sauf la jeunesse. Et elle ne reviendra pas, sa jeunesse, quoi qu'il fasse, et ce travail qu'il aimait tant non plus. C'est triste.


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.