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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 218: Chapitre 41.4
(par lambertine, ajouté le 20/06/00 00:24)


Elle ne veut toujours pas comprendre, et c'est normal. Elle est "du dehors". Pas comme nous.
- Tu en as pitié.
Encore la pitié !
- Grand Dieu, non ! De quel droit ? Je te l'ai dit : ils sont comme moi. Un peu plus abîmés, peut-être. Et ils ne demandent pas de pitié, bien au contraire. De l'écoute, de l'amitié, oui. Mais pas de pitié.
"Je ne veux pas de ta pitié".
Je revois Célestin, le jour de notre arrivée, me tendant le foulard que j'avais oublié sur le dossier d'une chaise, refusant, rejetant de tout son être ce sentiment que chacun lui renvoyait à longueur de temps. Même moi, à l'époque.
- J'en ai ressenti, au début. J'avais tort.
ma mère paie, et nous sortons. Il fait soleil. Nous baguenaudons dans les rues de la ville, discutant de tout et de rien. Nous regardons les vitrines. Magasins de vêtements, de chaussures, trop chers pour ma bourse plate. Nous tombons nez à nez avec un groupe de curistes en vadrouille. Ou plutôt, en point 7.2. Je fais les présentations.
- Alors, tu buvais, toi aussi, demande ma mère à Frédéric, d'un air de reproche.
- Oui, avoue le jeune homme, évitant de lui parler des substances illicites.
- Un beau gamin comme toi ! Tu ne vas pas recommencer, j'espère !
Qu'est-ce qui lui prend ? J'ai envie de rentrer dix pieds sous terre.
- Non, madame. Sinon, je ne serais pas ici.
Nous continuons notre chemin, nous installons à une terrasse, commandons chacune une glace. Mes compagnes paraissent troublées par notre rencontre. Frédéric ne "fait" pas alcoolique, encore moins "drogué". Il a l'ait tout à fait normal, comme avait l'air normal l'autre garçon, celui qui assurait l'accueil.
- Aurélien ? Je t'en ai déjà parlé, Maman.
- Ah oui. Il a fait des études, non ? Et il connaît Florentine. C'est bizarre, que ta fille connaisse des drogués.
- Ce n'est pas qu'un drogué, Maman. C'est un jeune architecte, d'excellente famille, et plein de talent. Il peut te parler pendant des heures de maisons passives, et d'urbanisme.
Elle reste incrédule, comme lors de sa première visite, face à Marie-Line. Elle n'arrive pas à réaliser. Ces gens sont normaux. Epouvantablement normaux. Agréables. Bien élevés.
Notre rencontre fortuite avec Célestin et ses parents lui donne le coup de grace. Souriant, l'air épanoui, mon jeune ami n'a jamais autant ressemblé à un petit garçon sge. Il ne relève pas les remarques incongrues de cette vieille dame inconnue et plutôt bizarre, lui répondant au contraire avec beaucoup de gentillesse, et de compréhension.
- En tout cas, elle t'aime bien, ma fille, tu sais !
- Je sais, madame. J'ai beaucoup de chance, qu'elle soit là pour moi.
- Ce n'est pas possible, me dit-elle dès que nous avons tourné le coin de la rue. Tu ne vas pas me faire croire que ce gamin-là s'est drogué. Pas lui. Ce n'est pas possible.
- Oh si, maman. Et pas qu'un peu. Et ça ne l'empêche pas d'être le garçon le plus gentil que j'ai rencontré depuis longtemps.
Ette ne comprends pas. Elle ne comprends plus. Elle tente de nier, encore et encore.
En vain.






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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.