Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 219: Chapitre 41.4
(par lambertine, ajouté le 22/06/00 14:18)


Ce déni me fait mal. Ce déni m'agace. Mes jeunes compagnons sont toxicomanes tout autant que je suis alcoolique. Cette dépendance au produit, ce vice, cette maladie, ce mode de vie, peu importe comment ils l'appellent, fait partie d'eux, de nous, même s'il ne nous résume pas tout à fait. Et, paradoxalement, je ressens ce déni, non comme une négation de cette part noire de notre personnalité mais comme une façon involontaire de nous y enfermer. Un alcoolique ne peut pas être autre chose qu'un alcoolique, et rien d'autre. Un toxicomane ne peut être qu'un drogué. Le reste n'a pas d'importance. Qu'il soit architecte, ou bûcheron, qu'il ait été un enfant martyr ou un enfant gâté, qu'il aime la musique, la cuisine, les chiens ou la littérature anglaise, peu importe. Il est un drogué, et rien de plus. Et il se doit de ressembler à un drogué, et à rien d'autre.
parce qu'un drogué est un drogué, et rien d'autre.
Du moins aux yeux du monde.

- Ca c'est bien passé ? La visite de ta mère, je veux dire.
- Pas trop mal.
- Ta tante... c'est bien ta tante, non ?
- Pas vraiment. c'est ma nounou de quand j'étais petite. Mais elle fait partie de la famille, tu as raison.
- Elle n'a pas signé le cahier des visites.
- Tu m'espionnes ? Ce n'est pas très sympa, ça !
- Je suis sorti juste après toi. J'étais avec Maman quand elle a signé le registre. J'ai vu sans faire exprès. Eh, c'est pas grave, hein, je ne dirai rien. Je ne suis pas une balance, tu sais.
- Tu ne comptes pas me faire chanter ?
- Qu'est-ce que je pourrais te demander, ici, que tu ne me donnes déjà ? Je sais que c'est ce qu'ils pensent, "eux", qu'on passe son temps à se faire chanter les uns les autres. Je ne suis pas comme ça, Diane. En tout cas, pas avec les personnes que j'aime bien. Et qui m'aiment bien. Ta maman m'a dit que tu m'aimais bien. C'est vrai, hein ?
- Bien sûr que c'est vrai, petit voyou ! Et, ne t'inquiètes pas, je sais que tu ne me feras pas chanter, et que tu ne diras rien à l'Equipe, pour Françoise. J'ai confiance en toi, tu sais.
- Je sais. J'ai toujours su. N'importe qui te dirait que c'est stupide.
C'est vrai. Tout le monde me le dirait, et tout le monde aurait sans doute raison. En théorie. Il ne faut pas, il ne faut jamais donner sa confiance à un héroïnomane. Et encore moins à un cocuriste du Centre.
Mais j'ai donné la mienne à Célestin.
Advienne que pourra.


Voir le chapitre 219 sur 395



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.