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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 224: Chapitre 42.3
(par lambertine, ajouté le 30/06/00 12:33)


- Pas "à cause" de toi. Et ton fils est vivant.
Il se relève, furieux, et ses yeux lancent des flammes. S'il le pouvait, il me giflerait, ou pire. Et je ne peux pas lui donner tort. Parce que, quelque part, il a raison, et que ça ne l'aide pas de s'entendre dire "ce n'est pas ta faute", quand ça l'est. Patrick n'a pas tué son frère, mais s'il ne l'avait pas laissé sans surveillance, Rainier serait encore en vie. Ou, du moins, ne serait pas mort ce jour-là. Il le sait, mieux que quiconque, et surtout mieux que moi. Malgré tout, et assez stupidement, ma foi, je tente de lui trouver des circonstances atténuantes. Dont la première est qu'il n'était lui-même qu'un enfant à l'époque des faits.
- Et alors ? Ca change quoi ?
- Un enfant n'est pas responsable...
- Dans ton monde, Diane. Dans ton monde à toi, vous pouvez vous payer le luxe de vous voiler la face. Pas dans le mien. Ce jour-là, c'était ma faute. Hier, c'était ma faute, même si je n'ai détourné les yeux qu'une seconde. Qu'une seule seconde. Alors, laisse tomber. Cesse de me raconter des cracks. Je n'ai plus vingt ans, moi. J'ai cessé depuis longtemps de croire au Père Noël. Je n'y ai d'ailleurs jamais cru. Mon fils a failli mourir hier, et s'il va bien aujourd'hui, je l'ai perdu quand même. Et sa petite sœur aussi. Parce que leur mère sera trop heureuse de profiter de cet accident pour me faire sucrer mon droit de visite. Tu piges ? Tu sais ce que c'est, non, un couple qui se hait après s'être trop aimé ?
Je devrais, mais non, je ne sais pas. Je n'ai jamais haï Charles. Je suis incapable de le haïr et, j'en suis presque certaine, il c'est également son cas. Tout serait pourtant plus simple, si la haine était au rendez-vous. Ou, du moins, la rancœur. Mais Dieu ne m'a donné que du chagrin.

- Je ne suis en démarche, mardi. Ne me mets pas de vaisselle à midi.
Aurélien s'escrime sur la feuille des tâches, qu'il doit remettre demain matin. Il n'a rien d'un organisateur, Aurélien, et a bien trop tendance à vouloir contenter chacun des membres de son équipe.
- Mets Pascal, à ma place.
- Pascal a rendez-vous chez Danielle.
- Danielle ?
Célestin fait la grimace. Il n'apprécie pas plus la psychologue que moi, et je reconnais une part de responsabilité non négligeable dans cette détestation.
- Ou Francis. Il n'a rien encore, Francis, mardi. Regarde. En échange, ça ne me dérange pas d'être vaisselle midi mercredi et jeudi. Ou quand tu veux, mais pas mardi.
- Tu devrais être coordo à ma place, soupire le jeune architecte.
- Non merci. Et je ne serai jamais coordo. Je le sais, tu le sais, tout le monde le sait. Mais je pourrais faire la feuille des tâches à ta place.
- C'est interdit.
- Oui. Et alors ?
- Alors, rien, se désole Aurélien. C'est interdit, c'est tout. Bon sang, Célestin ! Depuis le temps que nous sommes enfermés ici, tu n'as toujours pas compris ?
Il paraît fatigué, déçu de l'attitude de mon jeune ami, même si ne voulait transgresser que pour lui venir en aide. Ils s'entendaient comme larrons en foire lorsqu'ils partageaient la même chambre. Mais, à présent, Aurélien semble prendre ses distances, et, surtout, rentrer dans le rang. Est-ce l'effet du rôle de coordinateur, que je ressens aussi chez Frédéric ?
- Fais un effort, reprend-il d'une voix lasse. Cesse de provoquer l'Equipe, pour un oui ou pour un non. Tiens, par exemple, pourquoi pars-tu en démarche mardi ? Tu as groupe professionnel, mardi. Tu n'aurais pas pu choisir un autre jour pour aller chercher tes papiers ? Catherine...
- Catherine n'est qu'une emme*rdeuse, fait le gamin entre ses dents.
- Peut-être. Mais elle dira que tu l'as fait exprès, d'aller à la Cité administrative précisément le jour du groupe professionnel. Pour ne pas devoir lui remettre ta trajectoire.
- C'est pas vrai !
Il s'est levé d'un bond, et semble défier son camarade, les yeux pleins de colère et de chagrin. Sa voix, suraiguë, a fait se retourner les joueurs de cartes attablés à l'autre bout du restaurant.
- C'est pas vrai, répète-t-il plus bas. J'ai rendez-vous avec mon avocat, mardi matin. C'est lui qui a choisi l'heure et la date, pas moi, et Catherine le sait bien. Ou, du moins, elle devrait le savoir. Si c'est comme la dernière fois...





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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.