Chapitre 228:
Chapitre 43.1
(par
lambertine, ajouté le 06/07/00 00:24)
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- Ca va ? Célestin fait "non" d'un signe de tête. Il est affalé, couché plutôt qu'assis, dans un des fauteuils rouges, les pieds sur un tabouret, les mains cachant son visage. Je m'assieds à ses côtés, et j'attends. - J'ai la migraine, et Hervé a mal aux dents. Il est rentré en week-end, et n'a même pas été chez le dentiste, prétextant qu'il avait rendez vous ici, à la clinique, vendredi. A la place, il a fumé trois joints, et vidé toute une bouteille de Liqueur des Moines, qu'il a trouvé dans la cave de sa grand-mère. De la Liqueur des Moines ! ma grand-mère en achetait, autrefois, à un marchand de vin français. Je me souviens de sa saveur douce, et piquante à la fois. - Ca doit titrer au moins 40°, ce truc-là ! - J'en sais rien, mais il était complètement bourré, et il ne comprend pas ce qu'il a fait de mal. Sa grand-mère ne sait plus quoi faire. Je lui ai promis d'aider son petit-fils, mais j'ai eu beau discuter avec lui, autant parler à un mur. - Et c'est pour ça que tu te mets dans des états pareils ? Il a écarté les mains de son visage. Il est livide, les yeux rougis. Je lui effleure la joue de la main. - Tu brûles de fièvre. Tu... Il ne m'écoute pas, perdu dans ses tracas. - Hervé n'est pas un méchant garçon, tu sais. Il est juste différent. Différent, oui. Très différent. - Il était tout à fait normal, quand il était enfant. Avant l'accident, qui a coûté la vie à ses parents. Il était même plutôt intelligent, paraît-il. Mais il a perdu un oeil, et la moitié de sa tête. Ce n'est pas sa faute, s'il ne comprend pas ce qu'on lui demande. Il pousse un profond soupir, et referme les yeux, visiblement découragé. - Qu'est-ce que je peux faire, Diane ? - Je ne sais pas. Mais je crois que d'abord... je me penche vers lui, et lui embrasse doucement le front, comme je le faisais autrefois avec mes enfants malades. - Qu'est-ce que tu fais ? sursaute-t-il, surpris. Tu vas avoir des ennuis. - Je m'en fiche, d'avoir des ennuis. J'ai toujours vérifié de cette façon la température de mes enfants. Tu as au moins 39. Tu devrais demander l'autorisation de monter dans ta chambre, et te mettre au lit. Ils t'ont donné tes médicaments, au moins ? Il m'adresse un regard enfantin, désarmant. - Oui. T'inquiète pas. Mais je ne peux pas aller dormir. On a debriefing des week-end. Et j'ai promis... Tu sais comment Hervé peut s'énerver, quand il est contrarié. Et là, je sais qu'il va l'être. Contrarié, c'est fort probable. Peut-être même renvoyé, même si sa rechute a été "annoncée". Pas par lui, mais par sa grand-mère. je tente malgré tout de rassurer mon compagnon, et de la raisonner par la même occasion. - Ce n'est pas dit, Célestin. Quand Gervaise a rechuté, c'est tout juste si elle n'a pas été félicitée, souviens-toi. Et si tu fais un malaise pendant la réunion, tu ne l'aideras pas, bien au contraire. Il risque de paniquer. Allez, va te reposer. - Mais... Il tente de s'opposer, renonce très rapidement. - Pourquoi tu t'inquiètes comme ça, Diane ? Ca m'arrive souvent, tu sais. - Je sais. Ce n'est pas pour autant que j'aime te voir malade. Va dormir. A peine a-t-il disparu derrière la porte du restaurant, qu'une voix goguenarde s'élève derrière moi. - Rien de tel qu'un bon petit rail pour se remettre d'aplomb. Il devrait y penser, le gosse, quand il sera en ville demain. je me retourne vivement, la main levée vers Eric qui me toise, sourire aux lèvres. Je ne sais pas ce qui me retiens, mais je la laisse retomber, lentement.
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