Chapitre 231:
Chapitre 43.4
(par
lambertine, ajouté le 08/07/00 07:53)
|
- Diane ? - … - Diane, qu’est-ce que tu as ? - … - Ils te cherchent. - … - Diane, qu’est-ce que tu as ? Je sens des mains d’homme sur mon corps. Des mains… Je le repousse de toutes mes forces. Il me saisit par les épaules et me secoue comme un prunier. - Qu’est-ce que tu as, bon Dieu ? Diane ! C’est moi ! Célestin ? Célestin ! - C’est moi. Qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce qu’on t’a fait ? Rien. Rien du tout. C’était il y a longtemps. Il y a… Il m’attire contre lui, et je m’effondre. Je pleure. Encore. Et encore. De plus belle. Il ne dit plus rien. Il me protège. Maladroitement. Comme il peut. Comme le ferait Frédéric. Comme l’a souvent fait Aurélien. - Ca va aller. Ne t’en fais pas. Comme mon enfant. Mes sanglots se calment petit à petit. Ma honte grandit au même rythme. Je ne voulais pas qu’il me voie. D’autant que Ben n’est pas loin, même si, par discrétion, il n’a rien regardé. - Qu’est-ce qu’elle t’a fait, Diane ? Je ne veux pas lui dire. - Qu’est-ce qu’elle t’a dit, pour te faire mal à ce point ? Je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas répéter les mots de Soazig. - Rien. Il sait très bien que ce n’est pas vrai. - Rien du tout. Ce n’est pas grave. Juste… un souvenir. - C’est grave. Mais c’est… Si tu le sens. Je cherche un mouchoir pour sécher mes larmes. Je n’en trouve pas. Je m’essuie les yeux d’un revers de main. - Tiens. Mouche-toi. Il me tend un paquet de kleenex. Je le prends, en esquissant un sourire idiot. - Merci. Comment as-tu su où j’étais ? - C’est moi qui t’ai montré l’endroit, non ? - On me cherche ? Il hésite. Ben prend le relais. - Les éducs. Enfin, Brigitte. Les éducs. J’ai menacé Soazig, et, ce matin, Eric de la main. Je commence à avoir peur de l’exclusion. Je hais cet endroit, mais j’ai peur de l’exclusion. Paradoxe du Centre ! - Je viens. - T’en fais pas. Ca va aller. On sera juste derrière la porte. Je les embrasse tous les deux. - Je sais.
- Qu’as-tu dit à propos de Gervaise ? Gervaise ? - Pardon ? Gervaise ? - Nous avons reçu une plainte à ton sujet. Qu’as-tu dit à propos de Gervaise ? Je m’attendais à tout, sauf à ça. Ainsi donc, ce n’est pas Soazig qui a porté plainte contre moi. - Rien. - Ne mens pas. - Je ne mens pas. Brigitte regarde Camille d’un air navré. L’éducateur en chef prend la parole. - Tu es sur le point d’être exclue, Diane. La balle est dans ton camp. Raconte-nous ce que tu as dit à Célestin au sujet de Gervaise. Mais je n’ai pas parlé de Gervaise avec Célestin ! pourquoi l’aurais-je fait ? Elle me laisse indifférente, Gervaise et, pour autant que je sache, Célestin aussi. Nous… Oh, bon sang ! - Il s’inquiétait pour Hervé. Il craignait qu’il se fasse renvoyer. J’ai seulement voulu le rassurer, pour qu’il cesse de s’en rendre malade. - Tu lui as dit, textuellement : « On a beaucoup, beaucoup parlé de Gervaise ». Je lui ai dit… C’est ridicule ! je hausse les épaules. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas pour « çà »… - Peut-être. Oui. Je ne sais plus. Et même… C’et vrai, après tout. On a beaucoup parlé de Gervaise. - Tu es jalouse. Ce n’est même pas une question. C’est une affirmation. Je ne suis plus au pensionnat, mais à la maternelle. - De Gervaise ? Sûrement pas. Elle n’est qu’une cocuriste. Une femme qui souffre de la même affection, du même vice que moi, mais qui me laisse indifférente. Que je connais à peine, finalement. - Tais toi. Tu n’as pas le droit à la parole. Tu est jalouse de Gervaise. Tu t’es plainte d’elle à un autre Résident. Tu as enfreint les règles de confidentialité en révélant le contenu d’une réunion. Tu es sur une mauvaise pente, Diane. Ton cas est dramatique. Je ne sais pas si tu as ta place parmi nous. Tu passe trop de temps à t’occuper des autres, à les critiquer, à les déblatérer. Tu ne vis que de ragots et de scandales. Tu peux sortir. - Mais, je… - Tais-toi. - Qui… - Encore un mot, et c’est l’exclusion. Tu peux sortir, j’ai dit. Je suis abasourdie. Je ne comprends plus rien. - Alors ? me demandent mes jeunes camarades, dès que je suis sortie du bureau de Camille. Tu ne t’en vas pas, hein ? - Il paraît que je passe mon temps à colporter des ragots, et à déblatérer Gervaise. - ????? - Gervaise ? - C’est du n’importe quoi. Allez, viens. L’apéro des nouveaux va commencer.
- Célestin ? - Michelle ? Pour une surprise !je ne m'attendais pas à te voir ici. Comment ça va ? - Je n'en sais rien. Elle a l'air hagard et la voix pâteuse. Elle me rappelle un peu Laura. En plus distingué. En beaucoup plus distingué. |
|
Voir le
chapitre 231 sur 395
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|