Chapitre 247:
Chapitre 46.1
(par
lambertine, ajouté le 10/08/00 00:50)
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- L’Equipe interpelle Jacob. Nous nous regardons, interloqués. Jacob ? Le discret et gentil Jacob ? Jacob qui ne fait jamais de vagues, qui accomplit ses tâches à la perfection ? Qu’est-ce que l’Equipe peut bien reprocher à Jacob ? - Depuis que tu es ici, déclare Thomas, tu n’as fait aucun progrès. Et c’est normal : tu n’as fait aucun effort. Tu restes dans ton coin. Tu ne t’ouvres à personne… - C’est pas vrai, murmure Célestin non loin de moi. - Tu es indifférent à tout, et à tous, continue le Patron. Ta seule occupation, c’est de jouer aux Echecs, et toujours avec les mêmes. - C'est-à-dire… tente de se défendre le jeune homme. C'est-à-dire qu’il joue avec qui le veut, mais que rares sont les Résidents qui prennent plaisir à l’affronter devant un échiquier. Il ne demande pas mieux, pourtant, d’enseigner à qui le désire. Je suis payée pour le savoir. Et même Hervé a eu sa chance. - Tais-toi, reprends Thomas. Tu n’as pas droit à la parole. Nous avons longuement réfléchi à ta situation, et à ton attitude, et hésité à te renvoyer sur le champ. Renvoyer sur le champ ? Un murmure parcourt l’assemblée, incrédule. - Nous avons décidé, finalement, de t’accorder une dernière chance. Tu es recentré, Jacob. A partir d’aujourd’hui, tu es interdit de jeu d’Echecs à l’intérieur du Centre. Tu te rendras après la réunion dans le bureau de Danielle qui te donnera le thème du travail que tu me remettras mardi prochain. Retourne à ta place, à présent. La réunion terminée, chacun se précipite vers la sortie. Mis à part Célestin, qui s’approche du directeur, et s’adresse à lui avec une correction inattendue, réservée. - Pourrais-je vous demander une faveur, Monsieur ? - C’est Thomas, et c’est « tu ». Aurais-tu oublié la règle ? - Je… bafouille le jeune garçon avant de se reprendre. Excusez… excuse-moi. Je voudrais te demander si je peux aider Jacob à mieux s’intégrer. Je veux dire, vraiment m’occuper de lui sans qu’on nous accuse d’être en RP. C’est vrai qu’il a difficile, avec les autres, et il sera perdu sans son jeu d’Echecs. Alors, si je peux faire quelque chose… - Parce que tu imagines que toi, tu pourras l’aider ? - Je peux toujours essayer. - Tu vas te casser les dents. - Peut-être, mais je peux essayer quand même. Ce serait trop bête, qu’il se fasse virer comme ça. La réponse du directeur m’étonne, et, pour une fois, dans le bon sens. - D’accord, Célestin. Essaie. Mais pas tout seul. Tu n’en sera pas capable, tout seul. - Merci, Mon… Thomas. Il disparaît dans l’escalier, alors que je rassemble enfin mes affaires sous le regard courroucé du Patron. - Tu nous écoutais, Diane, fait-il, peu amène. Je lui avoue que oui, sans fausse honte. - Et je suis sûr que tu crois qu’il peut réussir. Si j’y crois ? Je veux y croire, de toutes mes forces, de toute mon âme. Et, faisant fi de toute courtoisie, et de tout sens des convenances hiérarchiques, je lui réponds : - Je tiens le pari.
J’ai remis mon discours à Gervaise. J’espère de tout cœur qu’elle le lira comme je l’aurais lu moi-même. En attendant, Aurélien rend hommage à Hermann dans un texte drôle, enjoué et touchant, d’une spontanéité apparente qui a nécessité des heures de travail. Le vieil homme écoute, religieusement, en retenant ses larmes. Celles-ci se mettent à couler lorsque Pascal lui remet sa carte, puis éclate en sanglots lorsqu’il reçoit son premier cadeau des mains de Célestin.
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