Chapitre 248:
Chapitre 46.2
(par
lambertine, ajouté le 13/08/00 23:34)
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Les mains du vieil allemand se mettent à déchiqueter l'emballage sans même le regarder. Les petits lambeaux de papier tombent petit à petit sur le sol gris du salon. Un objet argenté se met à briller entre ses doigts. Il referme son poing dessus, le serre très fort, en attirant le gamin contre sa poitrine. - C'est de la part de tout le monde, murmure celui-ci, à la fois ému et un peu gêné. - Tu es gentil, Tino, répond Hermann à travers ses larmes. Mais je suis pas idiot. Merci, petit. Il embrasse à nouveau célestin, puis Renaud, lorsque celui-ci lui offre son dernier cadeau : un cadre humoristique représentant Gaston Lagaffe endormi sur son bureau, qui fait rire la plupart des résidents. moi, je n'ai pas envie de rire. J'ai le cœur serré devant l'émotion trop violente, et la lucidité du vieux monsieur fragile. Trop, pour prêter réellement attention à la façon dont Gervaise lit le texte que j'ai écrit pour Marie-Line. Je remarque à peine qu'elle écorche les mots, et que mes plaisanteries tombent à plat. Tant pis. J'offre le foulard, Agnès le livre, et Dominique le bracelet. Là aussi, larmes et embrassades sont au rendez-vous. Normal, pour une fête de fin de cure. Pour un au-revoir qui est sans doute un adieu. La fin d'une étape, d'une tranche de vie.
Bien des résidents pleurent, cet après-midi. Mais ce n'est pas l'émotion qui fait couler les larmes d'Hervé. C'est la douleur. Le jeune innocent avait déjà mal aux dents lors de son week-end de sortie. Il a maintenant la joue plus enflée qu'un ballon, et rouge d'infection. Il a déjà essayé, sans succès, d'obtenir un antidouleur de l'éducatrice de service. Peine perdue. Brigitte n'est pas dune adepte des médicaments, et les calmants ont mauvaise presse au Centre. Il insiste à nouveau, pourtant, et Virginie tente de l'aider. En vain. - Je distribue les médicaments après le souper, comme chaque jour. Tu auras ton Dafalgan à ce moment-là. - Mais j'ai mal ! tente-t-il de plaider. - Tu as rendez-vous demain chez le dentiste. D'ici-là, mord sur ta chique. Et fais honneur aux résidents qui ont terminé leur cure. - Tu es méchante, répond-il en tapant du pied. J'ai mal, tu comprends pas ? Ça te fait plaisir, que j'ai mal ! Il traverse le salon à grands pas, puis le restaurant en courant vers l'escalier qui mène aux chambres des hommes. Virginie, désemparée, essaie de convaincre l'éducatrice du bien-fondé de la demande de son protégé, alors que Célestin, à son tour, prend la direction des dortoirs.
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