Chapitre 251:
Chapitre 46.5
(par
lambertine, ajouté le 20/08/00 23:30)
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- Bien sûr que si. - Non. Je ne me fais pas d’illusions. Je suis resté le même, et ils le savent. Ils ne sont pas très optimistes, en ce qui me concerne. C’est normal. Je ne suis pas plus sociable à l’extérieur que je le suis ici. J’ai l’art d’agacer tout le monde. - Pas tout le monde. - Presque tout le monde, si tu préfères. - Moi aussi, j’agace tout le monde. Tu viens de le dire. - Pas pour les mêmes raisons. - Peu importent les raisons. Je suis aux yeux du monde une prétentieuse méprisante, doublée d’une soixante-huitarde attardée. Une pète-sec rebelle à l’autorité. Une concierge qui se mêle de ce qui ne la regarde pas. Toi… - … un catho-facho qui croit tout savoir. J’ai des oreilles pour entendre, Diane. J’ai entendu. - Dehors, ce sera différent. Bien des Résidents ne sont pas de ton monde, ici… - Et ? Ce ne sont pas les plus éloignés de moi que je rebute le plus. La preuve… Il me montre à nouveau le porte-clés d’argent. - Ce ne sont pas les autres, le problème. C’est moi. J’ai essayé, ici, de devenir meilleur. Je n’ai pas réussi. Réussirai-je, une fois sorti, à avoir de bons contacts avec les autres, et à rester sobre ? Je n’en ai pas l’impression. Non, vraiment pas. Ici, au moins, j’étais à l’abri. Et je n’étais pas seul, malgré tout. Dehors… Il vide son verre de jus de pomme d’un traît, comme s’il s’agissait de vodka. Puis il me salue, très poliment, avant de regagner sa chambre. Des gens ont terminé leur cure, comme je ne terminerai peut-être pas la mienne. Ils sortiront demain, par la grande porte. Pour Marie-Line, je n’éprouve pas de véritable crainte. Pour Hermann, par contre. Hélas, contrairement à ce que prétend Aurélien, je ne crois pas en tout le monde.
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