Chapitre 253:
Chapitre 47.1
(par
lambertine, ajouté le 29/08/00 11:22)
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Communautaire au grand grenier. Pas un communautaire extraordinaire, de ceux synonymes de renvois et d'entorses graves au règlement. Non. Juste un communautaire ordinaire, une de ces réunions où nous réfléchissons à notre vie en groupe, et aux manquements de chacun dans notre vie en groupe. Le thème d'aujourd'hui : le respect. Nous sommes invités à prendre un stylo et une feuille de papier... Je n'ai pas prévu de stylo, ni de feuille de papier. - Ah... là...là... Tu n'as pas changé depuis le jour de notre arrivée, Diane. Tiens. Je prends. Une feuille blanche, et un bic vert. - Vert ? - Tu préfères rouge ? C'est toujours mieux que pas de bic du tout... Quelqu'un frappe à la porte, entre, nous rejoint dans le grand cercle. Hervé, de retour de sa visite chez le dentiste, et visiblement à moitié dans les vapes. - J'étais chez... - On sait. Ca ne te dispense pas d'arriver à l'heure. Je répète donc les consignes pour le retardataire : vous vous souvenez d'une situation où l'un d'entre vous a manqué de respect à l'un des autres résidents et où vous n'avez pas eu le courage d'intervenir. Vous l'inscrivez, et vous venez me remettre votre réponse. Je n'ai pas de mal à me rappeler l'attitude moqueuse et méprisante d'Éric à l'égard d'Hervé. Encore moins, de ma propre honte à n'êtres pas intervenue. C'est moi-même, autant que le proxénète, que je tiens à dénoncer. - Célestin... dis... j'ai pas de papier. J'ai pas de bic non plus. - Décidément... Vous êtes tous aussi tête en l'air !J'emporterai tout un magasin, la prochaine fois. Mais, pour le coup, je n'ai vraiment plus qu'un bic rouge. - Merci. Qu'est ce que je dois écrire ? - Je ne sais pas moi. Raconte une histoire qui s'est passée ici, et où quelqu'un a été méchant. Et tais-toi, s'il te plaît. On va encore se faire punir, sinon, et je n'y tiens pas vraiment. - Mais, je... Il se tait, pourtant, et reste, les yeux dans le vague, à suçoter son bic rouge, pendant que tous les autres, ou presque, se mettent à écrire avec application, puis se dirigent vers Julie et Claire, à qui ils remettent leurs "travaux". Travaux qui sont lu à voix haute, par les éducatrices. - Frédéric a violemment critiqué la religion catholique et traité les croyants de "débiles". Qu'as-tu à dire pour ta défense, Frédéric ? - Rien. Je ne crois pas en Dieu, c'est tout. - Tu sais que les discussions religieuses sont interdites par le règlement. - Damien a fait le singe et perturbé la gym des hommes. - Éric a traîté Diane de grosse vache. - Dominique a traîté Michelle de "feignasse". Michelle n'accomplit pas ses tâches. Elle se comporte comme une feignasse. ... et le reste, à l'avenant. Tracas et mesquineries inhérentes à la vie en communauté sont soigneusement inscrites sur une grande feuille affichée au tableau. Hervé n'a toujours pas remis son travail. Aurélien non plus. - Aurélien ? - Je n'ai rien à dire. Rien qui n'ait été dit. Ou des bêtises sans intérêts. - Aurélien. Veux-tu bien suivre les consignes s'il te plaît. - Mais je n'ai rien à dire. - J'attends. Je t'attends aussi, Hervé. - Je fais quoi, moi ? demande à voix basse le jeune innocent. Célestin lui prend son papier, y griffonne quelques mots, le plie en quatre, et lui dit de le donner à Claire, tandis qu'Aurélien reste muet. - J'attends toujours. - Pardon, Célestin, fait-il à voix très basse. - Qu'est-ce que j'ai encore fait ? marmonne le gamin entre ses dents. - Pardon mais je ne vois rien d'autre. Célestin a dépassé tout le monde, hier soir dans la file des médicaments. Et ne s'est pas excusé. - Tu as une explication à ça ? demande Julie. - J'étais de vaisselle. Les résidents de corvée vaisselle passent toujours avant tout le monde, aux médicaments. - La vaisselle n'est pas une corvée. Et "tout le monde le fait" n'est pas une excuse. Tu vas t'engager à respecter l'ordre d'arrivée dans les files d'attente. - Si ça vous amuse... - Ca ne m'amuse pas, et n'aggrave pas ton cas. Voyons maintenant ce qu'a écrit Hervé. Claire, s'il te plaît... La jeune fille commence à lire... - Brigitte m'a manqué de respect en ne... ... et s'arrête. - C'est toi qui as écrit ça, Hervé ? L'innocent ne sait que répondre. - Tu n'as pas suivi les consignes. Tu devais dénoncer l'un d'entre vous et non affabuler sur un membre de l'Équipe. Alors c'est toi... - Vous savez bien que non. Célestin s'est levé, et, très pâle et très calme, toise les deux femmes de toute sa taille.
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