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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 256: Le Roman de Nicolas. 2. Adolescence
(par lambertine, ajouté le 04/09/00 14:48)


Je fréquentais la mêmes écoles que les enfants des maîtres. Très chic, et catholique. Je ne croyais pas en Dieu, en y entrant, et ils n’ont pas réussi à me convertir. Plutôt le contraire, même. Je trouvais les profs hypocrites, mesquins. Quant à mes condisciples… Ils avaient tout, mes condisciples, enfants du meilleur monde. Me méprisaient-ils ? Je ne crois pas. Pas vraiment. Leurs parents, par contre… N’étaient-ils pas adeptes d’une religion qui proclamait l’égalité entre les hommes ? Alors, pourquoi n’étais-je pas, pour eux, l’égal de leurs enfants ? Pourquoi mes parents n’étaient-ils pas, à leurs yeux, leurs égaux ? Parce que nous n’avions pas d’argent ?
S’il ne s’agissait que de ça…
J’ai décidé d’en gagner, de l’argent !
La plupart de ces jeunes gens friqués étaient amateurs de produits interdits : cannabis, comme tout le monde, mais aussi cocaïne, extasy, et métamphétamine. Ils en prenaient, mais se les procurer était dangereux, parce qu’illégal. Ils en prenaient, mais n’avaient aucune envie de se retrouver entre les mains des flics. Même pour quelques heures.
Ils en prenaient, mais ils avaient peur. Peur de la police. Peur de leurs parents. Peur de perdre leur réputation.
Peur de faire eux-mêmes le chemin de Maastricht.
Moi, je n’avais pas peur. Alors je le faisais, à leur place. Je n’étais pas vraiment dealer, au début : je prenais l’argent, et j’allais sur place chercher la marchandise. Je recevais, comme compensation, quelques doses pour moi-même, et la satisfaction de braver l’interdit. Petit à petit, j’ai pris goût au produit, au danger, et j’ai entrevu la possibilité de me faire de l’argent facile. J’ai volé quelques sous à ma mère, et je me suis lancé dans le commerce.
J’ai pu adopter le mode de vie de mes camarades. Je portais de beaux vêtements. Je sortais en boîte. J’avais ma propre moto. Je n’étais pas vilain garçon. Je plaisais aux filles.
J’ai plu à une fille.
Nous sommes sortis ensemble. Je n’avais plus besoin de dealer : elle payait tout. Mais j’aimais ça, dealer, pour le risque autant que pour l’argent. Pour l’ambiance des dancings, et l’importance qu’y prend celui qui détient la marchandise. C’était moi, et ça me plaisait. Et ma copine aimait ça. Moins mes parents.
Alors, je suis parti.


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.