Chapitre 259:
Chapitre 48.3
(par
lambertine, ajouté le 08/09/00 00:33)
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La jeune éducatrice paraît aussi furieuse que désemparée. Elle commence par se fâcher. Ordonne ensuite aux « baigneurs », dégoulinants et frigorifiés de rejoindre les autres au plus vite. - Ils attendent à 500 mètres d’ici, au bord d’une route. J’ai appelé Marie-Pierre. Elle viendra vous récupérer. Mais qu’est-ce qui vous a pris, bon sang ! Jean-Marc la regarde, extatique. Célestin, les yeux baissés et grelottant, ne pipe mot. - Toi, dépêche-toi de remettre tes chaussures, et file ! Non, mais, de quoi je me mêle ! Et s’il te plaît, Diane, ne prends pas encore son parti. Je ne dis rien, à quoi bon, mais je n’en pense pas moins. Je regarde le gamin filer sans demander son reste, et le bibliothécaire le suivre, toujours aussi exalté. Nous prenons, à notre tour, le chemin du retour. Je n’ai aucune envie de parler. Le folie de Jean-Marc a brisé ma bonne humeur. Mais Julie ne l’entend pas de cette oreille. - Ca va ? me demande-t-elle, pour entamer la conversation. - Non. Je ne vois pas l’intérêt de mentir. Je suis triste, inquiète et mal à l’aise. Je ne suis pas particulièrement proche de Jean-Marc, mais voir quelqu’un perdre la raison me trouble au plus profond de moi-même, et me fait peur, aussi. Pour moi. Pour mes proches. Pour mes compagnons de galère. Si le sevrage a mené l’un d’entre nous à la démence, pourquoi pas les autres ? Pourquoi pas moi ? - Qu’est-ce que tu penses de Jean-Marc ? Pourquoi me le demande-t-elle ? Je ne suis qu’une résidente. Une résidente comme les autres. Une résidente qui a la réputation d’être une commère qui se mêle trop des affaires des autres. - Je pense qu’il devrait voir un psychiatre. - Tu en es certaine ? - Je ne suis pas médecin, ni psychologue. Mais vu ce qui s’est passé aujourd’hui… je ne savais pas quoi faire, Julie. Personne ne savait quoi faire. J’espère de tout cœur qu’il ne s’agit que d’une crise sans conséquences, mais… Mais j’en doute. Enormément.
Retour au Centre. Enfin. J’ai mal au pieds, et je n’aspire qu’à une seule chose : ôter enfin ces maudites bottes en caoutchouc. Je ne prends pas la peine de passer par le salon avant de me rendre dans ma chambre. J’en profite pour passer, outre de légères sandales, une jupe et un tee-shirt propre. Par la fenêtre, je vois Jean-Marc, vêtu de frais, se promener dans le jardin, caressant les roses de Léon. Il me donne envie de pleurer, alors qu’il a l’air plus heureux que jamais. Je m’en détourne. Mieux vaut ne pas regarder. Ne pas m’occuper des autres. Surtout, ne pas m’occuper des autres. Ils ne me sont rien. Rien du tout. Rien. Je croise Dominique dans le couloir. Elle paraît aux anges. Elle s’est liée d’amitié avec Ludovic pendant la promenade, et le charme du musicien lui a visiblement fait de l’effet. Je la laisse devant la salle de douches, redescends, m’assieds dans un fauteuil rouges, le tricot entre les mains. Béatrice pose devant moi une tasse de chocolat fumant. - Qu’est-ce qui s’est passé ? s’inquiète-t-elle. Je lui résume sommairement les évènements de l’après-midi, m’étonnant que personne ne l’ait mis au courant. - Quelqu’un les a déposés devant le Centre, soupire-t-elle. - Marie-Pierre, paraît-il. - Richard a envoyé le gamin prendre un bain chaud. Il paraissait frigorifié, le pauvre chou. Il n’est pas redescendu, depuis. Jean-Marc, lui, a l’air complètement à la masse.
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